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Blog: lefaso.net

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Date :: 30/08/2014 06:25:55 (Mettre à jour)

Nabil | 29/08 20:16


Pour leur vie à deux qui date déjà de plusieurs années, Antoine Battiono, journaliste sportif aux Editions Le Pays, et sa tendre moitié, Marie-Noëlle, sont désormais quitte devant le Seigneur. Les deux tourtereaux ont en effet officialisé le 16 août dernier à Bobo-Dioulasso, leurs liens de couple à l'église Notre Dame de Tassalette. C'était en présence d'une forte mobilisation des témoins, des parents, des amis et connaissances des mariés.


Pour ce mariage religieux d'Antoine et de Mare-Noëlle Battiono à Sya, ils étaient nombreux, les Ouagalais, en particulier les journalistes à faire le déplacement pour assister à l'heureux événement. Il y avait entre autres, Alexis Konkobo, président de l'Association des Journalistes Sportifs du Burkina (AJSB) ; Richard Yaméogo et Modeste Ouédraogo de la RTB ; Justin Daboné et Kader Traoré de L'Observateur Paalga ; Ibrahim Bayili de L'Express du Faso ; bref la plupart des organes de presse, y compris naturellement Le Pays, étaient représentés. Que ce soit à l'église, à Tounouma Filles où le vin d'honneur a été servi ou encore au domicile familial au Quartier Yégré, la mobilisation est restée très forte.


L'on notait également une forte présence des membres de la communauté ivoirienne, la mariée étant originaire de la Côte d'Ivoire. Le marié reste aussi lié à ce pays par sa mère et pour y avoir passé une partie de sa vie. Un mariage qui traduit en fait tous les liens de fraternité entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso. Et c'est même un duo de prêtre ivoiro-burkinabè, Paul Dago N'Djemehissa et Geoffroy, qui a officié le cérémonial de mariage. Lefaso.net souhaite heureux ménage au couple Battiono !

Grégoire B. Bazié

Lefaso.net




Lefaso.net | 29/08 20:15


Les récentes manifestations de revendications que nous avons eu le privilège de vivre lors de non récent séjour au pays nous confortent dans l'idée que l'histoire se répète et font penser à ce que quelqu'un disait en 2005, lorsqu'il donnait son point de vue dans les médias sur la candidature de Blaise Compaoré à l'élection présidentielle de cette année-là : à savoir qu'à certaines époques de l'histoire du Burkina, nous devons faire attention, et ne pas nous tromper sur l'essentiel.


Aujourd'hui, l'éloignement n'altère pas la perception que nous avons de l'actualité du pays, tant à travers les technologies de l'information et de la communication, nous suivons avec beaucoup d'intérêt les débats qui ont cours sur l'avenir politique, notamment l'avènement du Sénat, l'article 37 de la Constitution, l'élection présidentielle de 2015, avec son corollaire qui est la question de la candidature du président Compaoré.

Le sujet qui fâche est bien celui de la candidature du président Blaise Compaoré qui, pour certains ne pose pas de problème, pendant que pour d'autres, du fait qu'il leur barre la voix du « naam », cela ne devrait pas faire partie du débat, alors même qu'il y a des burkinabè pour qui cette espèce de bras de fer est simplement une bagarre « des gens d'en haut ». Enfin, une catégorie qui n'est ni pour, ni contre Blaise Compaoré, soutient que du point de vue constitutionnel, et dans un environnement démocratique, rien n'empêche l'actuel locataire de la Présidence du Faso de se présenter en 2015, s'il le souhaite, et si l'article 37 est modifié.

Personnellement beaucoup parmi nous ont du mal à comprendre les différents points de vue exprimés dans le cadre des débats qui ont actuellement cours, et nous pensons que les intellectuels de notre pays qui s'y investissent pleinement doivent se poser en éclaireurs, voire la locomotive de notre peuple ; un rôle qu'ils n'assurent, malheureusement, pas aujourd'hui, eu égard à ce qu'ils font pour plutôt induire le peuple en erreur.

Notre élite intellectuelle, à travers ses discours savants, est en réalité faite de marchands d'illusions à travers leurs méthodes qui brillent par leurs contradictions, quand on sait qu'ils disent aujourd'hui le contraire de ce qu'ils affirmaient hier, et dont voici quelques exemples :

Au lendemain du 25 novembre 1980, il y a des gens dans notre pays qui ont salué le coup d'Etat du Comité militaire de redressement pour le progrès national (CMRPN), et ils ont ensuite changé de fusil d'épaule, quelque temps après, pour combattre l'équipe du Colonel Saye Zerbo aux lance-flammes. C'était la même chose avec le Conseil du salut du peuple du médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo. Pour mémoire, après avoir salué l'avènement de la révolution démocratique et populaire (RDP), le 4 août 1983, certains de ces intellectuels se sont vite rangés dans le camp des farouches opposants à la RDP. On nous disait, il n'y a pas si longtemps, que l'article 37 était anti-démocratique : maintenant les même affirment sans sourciller, que modifier ce même article sera anti démocratique. C'est à n'y rein comprendre Les incongruités de nos intellectuels sont nombreuses, à l'instar du front populaire du premier et du deuxième septennat de Blaise Compaoré. Mais restons lucides !

Il est bien facile de comprendre ces revirements qui s'opèrent au gré de la rupture avec les systèmes auxquels appartenait une bonne partie de notre élite. Ils n'ont en effet pas d'autre choix que de tourner le dos au système une fois que leurs intérêts sont menacés, en allant « de l'autre côté ».

Les choses sont bien claires aujourd'hui. Avec Blaise Compaoré, les paroles creuses n'ont pas droit de cité. On a affaire à du concret, et cela s'illustre aussi bien au niveau local, dans la sous-région Afrique et même dans le monde. Cette manière de conduire les choses a amené des Burkinabè des Etats Unis à créer une structure qui envisage d'appuyer notre pays dans sa culture démocratique. Cet important chantier qui est la contribution concrète au débat politique actuel nous amène à demander au Président Compaoré d'appliquer, dans l'intérêt de notre peuple, les règles du jeu démocratique quand on sait les efforts louables qu'il a faits dans ce sens et qui se traduisent aujourd'hui par plus de libertés, l'essor des partis politiques qui ont ainsi accès aux médias publics, la libre participation des populations à ce qui engage leur avenir et tout autre choses.

Cette ouverture démocratique nous a donné des atouts socio-économiques importants tels que la liberté d'aller et de venir, la recherche de partenariats et financements pour des projets qui sont des résultats de l'action du président Compaoré salués par tous. Et la contribution évoquée plus haut de la diaspora burkinabè va aussi consister à demander aux partis politiques de notre pays de trouver un consensus et de soutenir le candidat à l'élection présidentielle et de respecter le verdict des urnes. Mais avant cela, elle soutient le président Blaise Compaoré dans son action jusqu'à la fin de son mandat en cours et, s'il est candidat en 2015, nous continuerons de la soutenir afin qu'il parachève l'œuvre de réconciliation nationale qu'il a engagée, pour plus de justice sociale, et la démocratie qu'il a apportées. C'est pourquoi notre comité soutient le référendum si les parties ne parviennent pas au consensus.

Nous savons ce chantier difficile et parsemé d'embûches, et il est important de faire preuve de lucidité et de l'y accompagner. C'est au bout de cet engagement qu'il réussira, et les citoyens que nous sommes ont toutes les raisons d'espérer, tout comme c'est aussi notre droit de demander à nos compatriotes, où qu'ils soient, d'adhérer au consensus politique en allant à cet exercice démocratique qu'est le référendum, pour qu'avant 2015, nous aidions Blaise Compaoré dans l'accomplissement de sa noble tâche. Cet autre exercice passe par une mobilisation des Burkinabè qui, loin d'être comme ces intellectuels qui, nous le voyons maintenant, ne songent qu'à leurs situations personnelles, sont d'abord soucieux de l'avenir de notre vaillante nation.

Selon la célèbre formule d'Abraham Lincoln (16e président des États-Unis de 1860 à 1865), la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple »

New York le 29 août 2014

Le Caucus des citoyens Burkinabè de l'Amérique pour la nation.

Contact : 917-423-1440
Email : caucusbf@outlook.com




Lefaso.net | 29/08 19:24 | 1 lectures


Deux remarques, qui sont à peine des digressions, au sujet de la situation politique actuelle au Burkina. Premièrement, il n'y a pas lieu, à l'heure où j'écris, de s'alarmer outre mesure, et de pousser des cris comme si c'était la fin du monde, au sujet de cette situation (Ebola est bien plus préoccupant). Car il n'y a toujours pas de référendum d'annoncé par quelqu'un.


Nous tous qui sommes contre ce référendum avons bien conscience que nos protestations et mobilisations sont littéralement un procès d'intentions (d'intentions bien trop personnelles) que nous faisons au président Compaoré, en guise de dissuasion et de mise en garde, et pour empêcher qu'il ne passe de ses intentions aux actes. La pression ne repose donc pas sur nous, mais sur les partisans du référendum, au sens où ils peuvent être déçus dans leurs attentes, alors que nous ne pourrons que poursuivre la résistance que nous opposons aujourd'hui, sans surprise, si ledit référendum venait à nous être jeté à la figure.

Houphouët-Boigny, à la proclamation des indépendances africaines qui mettaient alors fin à la communauté franco-africaine à laquelle pourtant les africains colonisés avaient acquiescé et adhéré par un oui au référendum de 1958, et qu''il eût souhaité voir se maintenir (sa Françafrique ne sera que la substitution de la communauté franco-africaine), Houphouët donc pleurait déçu : "j'ai attendu la fiancée sur le parvis de l'église, un bouquet à la main, la fiancée n'est pas venue, les fleurs se sont fanées", cette fiancée peu regardante étant la communauté franco-africaine... En langage moins poétique et romantique, c'est ce qu'on appelle être cocu. Les partisans du référendum, et le camp présidentiel en général, qui nous annoncent depuis plusieurs mois maintenant, et à chacune de leurs sorties, que ce référendum est imminent, pour "les jours prochains" (on nous l'a asséné depuis avril ou mai), pourraient, pourquoi pas, être déçus et être les grands cocus du projet référendaire. Car ils ne font que les soupirants, les coureurs d'un référendum qu'ils n'ont pas, ils l'oublient trop souvent, pouvoir de décider.

Nous devons alors anticiper et devancer le retournement possible, sous forme de critiques et de haines, de l'argumentaire des partisans du référendum, au cas où le président ne l'annoncerait pas (ce qui reste possible, si lui et ses hommes ouvrent enfin les yeux sur une protestation de plus en plus massive) : "vous voyez, on vous l'avait dit, notre président est un vrai grand homme qui veut la paix au Burkina, et il le prouve ; ce sont plutôt l'opposition politique et tous les opposants au référendum qui voulaient et veulent mettre le pays à feu et à sang". Oui, pour les fanatiques du référendum et de la révision du 37, un renoncement au référendum et à la modification de la constitution (le Burkina ne s'en plaindrait pas pourtant, nous autres encore moins), servira encore d'argument en faveur et à la déification/glorification du président, alors même qu'ils sont en train de le prier et supplier, genoux à terre et mains jointes (liées aussi ?) d'annoncer ce référendum qui ne vient pas, et que les opposants, par leur procès des intentions du président et leur résistance, pourraient bien contribuer à enterrer.

Deuxièmement, les premiers responsables de l'opposition politique (Monsieur Zéphirin DIABRÉ en tête) et des organisations qui sont contre le référendum et la modification du 37 devraient donc commencer à s'adresser solennellement aux compatriotes militants du CDP, pour les inviter à nous rejoindre dans le combat pour une alternance où ils ont somme toute plus à gagner qu'à perdre, s'ils regardent loin, plutôt que d'attendre encore quelque victoire : leur cause est perdue d'avance, et même si ce référendum venait à être annoncé, il n'y a plus de victoire à attendre à bout de course et de souffle, en fin de règne. Le seul dialogue de concorde à proposer et concéder à ce jour (tout autre dialogue ne servirait que la logique même du référendum !) consiste à leur parler directement et solennellement : il n'y a rien de lâche à ce qu'ils lâchent maintenant le président Compaoré pour qu'il lâche enfin le pouvoir. Qu'ils restent au CDP, pour modifier et réviser ce parti, et le reconstruire après/sans Blaise (puisque de révisionnite ils sont atteints), plutôt que la Constitution, ou qu'ils créent d'autres partis au besoin pour animer la démocratie en marche, et pour que la seule confrontation politique reste l'élection de 2015, mais qu'ils renoncent à mener un combat d'arrière-garde.

1. L'ARRIÈRE-GARDE ET LA GARDE-ARRIÈRE

Revenons donc à notre sujet principal (sans en avoir même été très éloigné) : l'arrière-garde de la démocratie en Afrique, par quoi j'entends ce mouvement modificationniste de constitutions qui forme l'axe insolite Burkina-Congo(s)-Burundi.

Des déclarations du président burkinabè en marge du sommet USA-Afrique, celle sur les "hommes forts" a davantage été commentée que celle sur les différences des histoires et des cultures auxquelles on devrait alors adapter la démocratie. J'ai essayé de soulever les questions et problèmes auxquels une telle conception de la démocratie, nationale-démocratique, ne pourra jamais répondre sinon par des problèmes : quelle tradition ou quelle culture, au Burkina Faso précisément, contraint et oblige de garder le pouvoir jusqu'à la mort une fois qu'on le détient ? Les tradition et culture mossi de Monsieur Blaise Compaoré lui-même ?? Voyez, rien qu'à oser même poser cette dernière question, les problèmes où quiconque s'enfoncerait à coup sûr, en Afrique, à suivre cette pente mortellement glissante. Peut-être est-ce très précisément la frayeur et la dangerosité de la pente qui expliquent que les réactions et commentaires sur cette déclaration présidentielle aient été aussi rares : de ce qui fait peur à nous tous, il ne faut pas en parler. Abandonnons et quittons donc cette pente que le président burkinabè pourrait avoir ouverte comme une boîte de pandore, malgré lui.

Sur les hommes forts en Afrique, je dois ici faire remarquer combien le président américain Barack Obama est loin d'être l'instigateur et à l'origine de ce débat qui est daté, qui a une histoire et un lieu, et qui a vu le jour et s'est imposé à la fin des années 80. Tout le monde sait bien sûr qu'il a existé en Afrique des hommes dits forts, et qu'ils n'ont laissé derrière eux que le déluge sinon, du moins le chaos. Mais ce que l'on sait et rappelle moins, ce sont et le contexte et l'espace géo-politique dans lesquels ce débat s'est imposé comme une urgence. Cet espace géo-politique est franco-africain. Et ce débat sur les hommes dits forts, que le président Obama n'a donc pas inventé ni inauguré, a vu le jour dans le contexte précis des faillites économiques des États africains alors, des désastres économiques qui demandaient une nécessaire mise en rapport entre la démocratie et le développement économique de l'Afrique.

Pour que le lecteur ait bien sous les yeux ce contexte du débat, ainsi que l'histoire (au sens également de fable et de mythe) des hommes dits forts en Afrique, je vais longuement citer le Camerounais Alexandre BIYIDI-AWALA alias Mongo BETI, dans son livre "La France contre l'Afrique" (1993, éd. La Découverte). Voici :

"Il y eut d'abord, certes, les événements de l'Europe de l'Est, qui mirent en évidence que, sans démocratie, il ne saurait y avoir de développement, vérité que, pour leur part, quitte à se faire traiter d'illuminés, les Africains n'avaient cessé de proclamer. Mais il y a eu surtout, concomitamment aux événements de l'Est, la révélation fracassante en France de la faillite économique et financière de l'Afrique, en particulier de l'Afrique francophone, si chère pourtant aux hôtes successifs de l'Elysée. En cherchant les raisons de ce fiasco, les publications spécialisées d'abord, comme Dynasteurs, mensuel de L'Expansion, puis les grands magazines français comme L'Express et Le Point, publièrent une floraison d'études dont les auteurs associaient, pour la première fois en France, la débâcle de l'Afrique aux systèmes politiques qui avaient gouverné le continent jusque-là, et qui avaient une matrice commune, l'autocratisme de personnages dits 'hommes forts'.

Il y avait l'homme fort du Zaïre, que tout le monde connaissait en France et en Europe où il avait été longtemps admiré comme le tombeur, pour ne pas dire l'exécuteur de Patrice Lumumba, jusqu'à ce que l'on découvre que ses biens placés à l'extérieur du Zaïre équivalaient, en argent, à toute la dette de son pays. Il y avait l'homme fort du Togo, le général Eyadema, qui n'avait encore défrayé la chronique en France que pour ses parties de chasse en compagnie de Jean-Christophe Mitterrand. Il y avait eu, jusqu'en 1982, l'homme fort du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, oublié aujourd'hui, et d'ailleurs disparu. Il est établi aujourd'hui que c'était un horrible petit Néron, qui gouverna le pays pendant vingt-cinq longues années d'une main de fer et sans partage. Il y avait l'homme fort du Gabon, Omar Bongo ; il y avait l'homme fort de Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, sorte de bouffon qui se prenait pour un marxiste, comme son homologue l'homme fort du Bénin, Matthieu Kérékou ; il y avait l'homme fort de Côte-d'Ivoire, Houphouët-Boigny, qui s'était fait construire dans son village une cathédrale plus vaste que Saint-Pierre de Rome, tandis que des enfants mouraient dans l'hôpital voisin faute de médicaments. Hommes forts, certes, mais gestionnaires débiles, dont les Etats étaient en pleine déroute économique et financière, au point que la France devait se résigner à payer leurs fonctionnaires chaque mois" (pages 183-184).

Depuis le moment où le regretté BETI écrivait donc ces lignes jusqu'à aujourd'hui, la quasi-totalité de ces hommes dits forts a disparu, par/devant la mort seule qui pouvait les vaincre, sauf le président congolais Sassou Nguesso, qui n'exclut pas de modifier la Constitution pour continuer à régner ; et le président Compaoré était déjà à la tête du Burkina depuis six ans ; il mérite aujourd'hui largement sa place dans cette liste, ainsi que le successeur du Camerounais Ahidjo, Paul Biya. Remarquez que, d'une part, le spectre de ces hommes est varié, ils ne sont pas tous forcément et également sanguinaires, Houphouët n'était pas Mobutu ni Ahidjo ou Kérékou ; que, d'autre part, ils sont ou étaient tous francophones, sans exception.

Affinons le terme d'arrière-garde : 1/ Ce sont ces chefs d'Etat africains qui, aujourd'hui, du Burkina au Burundi, en passant par les deux Congo, ramènent, dans leurs intentions pour l'instant, la démocratie en arrière, à l'époque de ces "personnages" (notez : ceux qui jouent un rôle) dépeints par l'écrivain Camerounais, dans l'immersion/émergence /débâcle d'alors, alors que le front avant du combat démocratique parle émergence et alternances aujourd'hui. 2/ L'arrière-garde c'est AUSSI, dans ce mouvement de recul et de pas en arrière, ce ou ceux qui le soutiennent et le supportent de l'extérieur, par derrière, comme pour en assurer, protéger les arrières.

Il y a donc deux choses à distinguer sans séparer : l'arrière-garde africaine, qui lutte à contre-feu et contre-courant, mais aussi la GARDE-ARRIÈRE extérieure à l'Afrique, la plus connue et familière de cette garde-arrière de l'arrière-garde étant pour nous francophones, et sans francophobie, la fameuse "Françafrique".

A coup sûr, le président Obama et son administration ne pouvaient donc pas ignorer ce contexte et cet espace géo-politique d'un débat qu'il n'a fait que reprendre et relancer. Et il l'a repris et relancé, sur le sol africain, dans un pays anglophone (le Ghana) : peut-être aussi (sans doute même) pour mettre le doigt, mais sans mot dire, mine de rien, sur cette garde-arrière française qu'il entend concurrencer (cf.sommet USA-Afrique, le premier du nom, n'est-ce pas ?). La stratégie de Monsieur Obama pourrait bien être, ou avoir été : taquiner, épingler et égratigner en douceur, et en prétendant de l'Afrique des ressources naturelles, et pour avancer ses pions, la Françafrique comme espace stratégique et géo-politique, pré-carré hautement HOMMES-FORTIGÈNE, c'est-à-dire générateur, producteur et consommateur/usager d'hommes forts !).

2. LES ANACHRONISMES

Anachronisme : rapprochement et confusion de deux époques totalement différentes et déphasées ; mais aussi de deux logiques et attitudes contradictoires, paradoxales. L'arrière-garde africaine de la démocratie baigne dans trois anachronismes que voici

1/ La croissance économique contre la démocratie. (C.Miampo, voici qui va vous intéresser !). À partir du diagnostic qui établissait alors une corrélation entre hommes forts et faillites économiques et financières de l'Afrique, le meilleur traitement avait été la démocratie, à la faveur de l'effondrement des dictatures dites communistes de l'Europe de l'Est, l'URSS la première. C'était l'objectif de la fameuse conférence France-Afrique de la Baule (1990), sous François Mitterrand. Or aujourd'hui l'Afrique est le seul continent où s'enregistrent non seulement de la croissance, mais des taux de croissance paraît-il jamais vus. C'est pourtant le même moment économiquement favorable que nos nouveaux hommes forts du Burkina, des Congo et du Burundi choisissent pour modifier les constitutions de leurs pays pour peut-être mourir au pouvoir (pouvoir à mort plutôt qu'à vie) comme leurs prédécesseurs (sauf le congolais Sassou qui en faisait déjà partie) dont parlait Mongo Beti. Autrement dit, l'équation des années 90 qui était : démocratie = développement, redevient ou est en passe de se transformer, avec la modificationnite actuelle, en : croissance économique = hommes forts.

Il faut certes relativiser cette euphorie autour de la croissance qui fait pousser des ailes à nos présidents, et leur donne des (mauvaises) idées qui les font regarder plus en arrière qu'en avant (imaginez un véhicule qui avance économiquement, pendant que son "chauffard" regarde non-démocratiquement en arrière !). L'économiste Togolais Yves Ekoué Amaïzo ne voulait donc pas simplement jouer au rabat-joie, mais mettait en garde, après USA-Afrique, en ces termes : "Le taux de croissance -entre 5 et 6%- ne vaut rien car il s'agit d'un chiffre d'évolution, de mouvements essentiellement liés à des bons prix de matières premières. Il faut aussi le comparer à l'inflation qui est très élevée dans certains pays, mais surtout avec le déficit budgétaire". Et le comparer aussi avec l'ampleur des misères persistantes et tout aussi croissantes des populations africaines.

N'empêche, nos dirigeants africains modificationnistes (ou pas), dopés et peut-être aveuglés par ces taux de croissance que le monde entier semble aujourd'hui envier à l'Afrique, se mettent à voir le monde et les plus grandes puissances à leurs pieds. Et si l'on en croit l'auteur français d' "Africafrance", Antoine Glaser, les rapports entre les puissances occidentales, du moins la France, et les anciennes colonies africaines, se seraient inversés, au point que "parler aujourd'hui de la Françafrique relève d'un anachronisme". C'est d'Africafrance qu'il s'agirait désormais, car ce sont les dirigeants Africains qui mènent la danse, ils "se font prier, car ils savent que [les occidentaux et les français notamment] dépendent d'eux sur le plan diplomatique ou pour l'obtention de contrats". Désormais donc, selon Glaser, c'est "pauvre France, riche Afrique"...

Mais à mon avis (allons très vite, l'espace manque ici pour un débat : Passeck, oui j'entends bien, cela s'imposera de soi, merci !...), l'Africafrance ne fera pas mieux que la Françafrique pour rétablir l'équation démocratie = développement ; au contraire, on le voit, elle ne peut que refabriquer, recultiver, le sol ou le terreau étant propice, homme-fortigénie oblige, des dictateurs nationaux-démocrates dits hommes forts. L'Africafrance risque d'être la nouvelle illusion homme-fortigène. Les citoyens Africains ne gagneront rien, en termes de retombées de la croissance, et pas plus en Africafrance qu'en Françafrique.

Et si même l'Africafrance était encore la figure métamorphosée de la Françafrique, sa ruse acrobatique ? En effet, j'ai aussi sous les yeux de tout autres constats de deux journalistes tout aussi français : 1/ Christophe Boltanski : "Sortir du prisme colonial, s'ouvrir au reste de l'Afrique, s'appuyer sur des Etats démocratiques, tenir à distance les dictateurs. Tels étaient les objectifs initiaux de François Hollande. Deux ans plus tard, la France a repris pied dans son pré carré et langue avec ses dirigeants les plus sulfureux. Idriss Déby en tête". 2/ Sarah Halifa-Legrand : "Que ce soit à Niamey, Ndjamena ou Ouagadougou, elle [la France] se mure dans son silence. Rien sur Idriss Déby qui réprime ses opposants. Rien sur Blaise Compaoré qui souhaite modifier la Constitution pour rester au pouvoir"... Où est donc, du coup, l'Africafrance qui aurait renversé la Françafrique ?? Par conséquent, ce n'est pas de tenir tête aux démocraties occidentales qui est le plus important et le plus pertinent, lorsqu'elles nous donnent des conseils ou des leçons de démocratie en un sens, mais de leur résister plutôt lorsque ces mêmes démocraties elles-mêmes, par la main complice de nos dirigeants Africains, nous obtruent et interdisent l'accès à la démocratie, nous privent de démocratie, et nous considèrent comme les éternels indigènes indignes de cette même démocratie dont elles se prévalent.

2/ Un semblant de lutte de libération. Le deuxième anachronisme du modificationnisme constitutionnel consiste, pour nos présidents et leurs partis, à littéralement s'en prendre à des Constitutions que eux-mêmes et leurs peuples ont ratifiées, comme si elles leur avaient été imposées de l'extérieur et de force, par quelque puissance dominatrice étrangère. En à peine 5 ou 10 ans, le temps d'un ou deux mandats, ces Constitutions deviennent, prétendent-ils, inadaptées ; et comme par hasard, inadaptées quant à la seule durée du mandat présidentiel. Mais tant qu'à modifier franchement ces Constitutions, comme toute Constitution est appelée à l'être, pourquoi nos modificationnistes ne révisent jamais les articles sur les mandats pour les rendre définitivement...non révisables ? Pourquoi Blaise Compaoré et le CDP ne battront-ils jamais explicitement campagne pour rendre l'article 37 non révisable ?

Le paradoxe consiste alors dans cette posture étrange de clamer haut et fort sa souveraineté à la face du monde, mais de se montrer en même temps non autonomes. L'autonomie véritable consistant, selon le philosophe Kant, à toujours se disposer à respecter les règles que l'on se donne à soi-même (auto-nomos). L'autonomie seule rend effective et concrète l'indépendance de nos Etats, elle est la preuve que nous assumons notre indépendance. Le modificationnisme des seuls mandats (après tout il y a des pays, comme le Togo, dont les Constitutions ne limitent pas les mandats, la démocratie pouvant alors consister à les modifier pour les limiter ; mais quand on a choisi de limiter les mandats, les modifier ne peut qu'être une régression démocratique), le modificationnisme des seuls mandats renie sa propre souveraineté comme liberté et autonomie. Car tout se passe aujourd'hui, sur l'axe ouaga-Kinshasa-Brazzaville-Bujumbura, comme s'il fallait entamer une lutte finale pour nous débarrasser et nous libérer de vieilles Constitutions coloniales et impérialistes ! Les incantations sur la souveraineté ne nous parlent en réalité, mais sans le (sa)voir, que d'indépendance, jamais d'autonomie : l'indépendance consiste à se libérer d'une tutelle et d'une domination étrangères ; l'autonomie à être capable de se donner et fixer des règles que l'on respecte soi-même, sans contrainte extérieure.

3/ Des référendum (referenda) aux airs de...1958. Le 28 septembre 1958 en effet, la France du général De Gaulle invitait ses colonies africaines à un référendum pour répondre si oui ou non elles voulaient rester sous la domination coloniale française. Aujourd'hui l'arrière-garde modificationniste de nos présidents demandent à leurs peuples de leur répondre par oui ou non s'ils veulent de même continuer, et malgré les limitations déjà consenties des mandats, à vivre sous leur règne. Or, en vérité, les populations africaines aujourd'hui, face à l'insistance même de leurs dirigeants, n'ont guère plus de choix que les colonies françaises (les mêmes peuples à des périodes différentes) sous protection et domination. Dans les deux cas, on utilise une procédure apparemment et innocemment libre et démocratique (le vote référendaire) pour renforcer et les négations mêmes de la démocratie (règnes et pouvoirs à mort, contre des Constitutions qui les interdisent) et de la liberté (colonisation).

Ce ne sont donc pas les peuples africains qui ne sont pas comme les autres, ce sont nos présidents d'arrière-garde qui se trompent d'époque et sortent du temps, s'en disjointent (disjonctent ?), pour sans cesse ramener les Africains là d'où ils sont partis depuis les indépendances. Aussi devons-nous également sans cesse ni fatigue toujours faire résonner et leur opposer le cri inverse du refus catégorique de retourner en arrière :
"Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ; que les pulsations de l'humanité s'arrêtent aux portes de la négrerie ; que nous sommes un fumier ambulant hideusement prometteur de cannes tendres et de coton soyeux et l'on nous marquait au fer rouge et nous dormions dans nos excréments [...]" (A. Césaire, "Cahier d'un retour au pays natal").

Le vrai retour au pays natal est le changement par excellence. Retourner au pays natal, en termes de démocratie, n'est pas retourner en arrière. Dans le retour même, et dès le premier pas de ce retour, le pays natal est devant nous, exactement comme l'Humanité d'aujourd'hui devant l'ancêtre Lucy, pas en arrière. Car retourner en arrière, c'est continuer d'une certaine façon de dormir dans nos excréments, au sein même de nos palais luxueux, et continuer autrement, avec nos richesses et nos avoirs, voire nos biens souvent mal acquis, d'être du fumier ambulant qui nourrit et enrichit un sol hommes-fortigène mais démocraticide : fumier-matières premières, fumier-comptes parallèles offshore... Au mépris de la démocratie et des besoins des citoyens Africains, y compris leur sécurité : à quoi servent des hommes dits forts mais qui ont besoin de forces étrangères pour protéger leurs populations et eux-mêmes ? Où est donc leur force, quand leurs propres armées s'enfuient devant des poignées de terroristes sanguinaires, alors même qu'une part importante de leurs budgets est consacrée à des achats d'armes ?

Debrsèoyir Kwesi Christophe DABIRE
di.kombo@yahoo.fr




Lefaso.net | 29/08 17:56


Plus de 6 millions de ventes réalisées. Environ 40 tonnes de commandes enregistrées. De nombreux contacts d'affaires tissés. Tels sont les retombées pour la délégation burkinabè à la « Taipei international healthcare and medical cosmetology expo 2014 », considérée comme l'une des plus importantes expositions consacrées à la cosmétique et aux soins de beauté. Composée d'une quinzaine de burkinabè dont 9 acteurs de la filière karité, la délégation burkinabè a travaillé à être à la hauteur de l'invitation faite par la République de Chine (Taiwan).


L'agence pour la promotion des exportations (Apex) et la Chambre de commerce et d'Industrie du Burkina (Cci-Bf) ont, avec les agents du Centre de promotion des échanges commerciaux et d'investissement (Cpeci), conduit la délégation burkinabè constituée en grande partie d'entrepreneurs évoluant dans la production, la transformation et la commercialisation du beurre de karité. C'est ce produit que l'on a décidé de promouvoir lors de cet évènement majeur à Taipei du 24 au 27 juillet 2014. Le pays des hommes intègres a fait rayonnante figure dans la grande salle d'exposition du Taipei Nangang Exhibition Center. De nombreux visiteurs sont passés par le stand Burkina décoré en couleur or, bien attractif. Les moyens mis pour la promotion du « label Burkina » ont été de taille : de nombreux dérouleurs, dépliants et affiches géantes ont été confectionnés.

La promotion ne peut se faire sans la communication. Conscients de cela, l'Ambassadeur du Burkina Faso à Taiwan, Céline Yoda et ses collaborateurs, appuyés par l'équipe de Mme Mignot Lee Wen-Yu, du Cpeci et de la représentation diplomatique taïwanaise au Burkina n'ont ménagé aucun effort pour faire bénéficier aux participants burkinabè d'une bonne campagne de communication qui a ciblé les espaces de grande affluence, métro et aéroports compris. Le soutien de l'Ambassade de Taiwan au Burkina a été très déterminant. Elle a pris en charge toutes les charges inhérentes à la participation des acteurs et à l'organisation pratique sur place, en plus de la logistique et de la communication.


Tout cela a permis de drainer une foule d'intéressés au stand burkinabè. L'affluence estimée, au bas mot à environ 100 visites/ jour témoigne que les produits sont bien appréciés. Les acteurs ont pendant quatre jours profité de cette aubaine pour présenter leurs articles, nouer des partenariats lors des rencontres business. Pour l'ensemble des acteurs, il faut compter autour de 20 rencontres d'affaires, sans compter les apartés informels. C'est une réussite totale, de l'avis des participants burkinabè.

En plus du beurre de karité, les acteurs et leurs encadreurs de l'Apex et de la Chambre de commerce ont identifié des opportunités pour d'autres produits et découvert un nouveau marché pour le sésame aussi bien apprécié à Taiwan que le beurre de karité. « Il y a eu deux commandes importantes d'un volume de 40 tonnes de beurre de karité. Pour une première participation, c'est un acquis de taille. D'autres commandes sont en attente de confirmation » confie Hassane Diallo, le directeur de la promotion commerciale à l'Apex.

Tous les acteurs travaillent maintenant à renforcer les résultats engrangés, l'objectif étant de garder le contact pour le suivi, afin d'obtenir des parts de marché sur le territoire taïwanais fort d'environ 23 millions de consommateurs, et au-delà, investir le marché asiatique, friand de produits cosmétiques. Les échanges qu'ils ont eus avec Mike Hung, patron de Mike Hung Products et surtout président de l'Association des petites et moyennes entreprises (qui regroupe plus 130.000 entreprises) sont encourageants. Il a promis que sa structure travaillerait main dans la main avec les acteurs burkinabè pour donner au Burkina une fenêtre sur le monde asiatique. Des contacts se poursuivent pour qu'il soit le point focal, en plus de l'ambassade burkinabè, auprès de ses pairs. Une opportunité à saisir, au regard de l'expérience réussie à Bio Taiwan 2014 où les produits made in Burkina n'ont pas suffit.

La preuve, les quelques échantillons présentés ont tous eu des preneurs, souvent sur insistances des visiteurs. « On évalue les ventes réalisées à plus de 6 millions de FCFA. Tout cela témoigne de l'engouement des taïwanais auprès des produits burkinabè », précise l'agent de l'Apex.

Cependant, il faut savoir capitaliser, corriger ce qui n'a pas marché et rentabiliser davantage la participation pour les éditions à venir. Aux nombre des difficultés, l'on retient l'arrivée tardive des produits à exposer, la qualité des emballages, le petit nombre de participants.

« Nous avons affaire à des petites et moyennes entreprises qui se débrouillent, s'il n'y a pas un appui de la part de l'Etat, c'est difficile pour ces entreprises de voyager et de participer aux foires internationales », plaident les encadreurs institutionnels.

En attendant la prochaine expo Bio Taiwan prévue 23 au 26 juillet 2015, des formations seront données aux profits des entrepreneurs burkinabè, de concert avec leurs inter-professions. Comment rentabiliser sa participation à une foire ? Comment s'y préparer ? Quels sont les techniques d'animation de stand ? Comment exploiter les résultats après foire ? Ce sont entre entre autres les modules à enseigner par l'Apex et ses structures partenaires.

Les entreprises à la Bio Taiwan Expo 2014
- Groupe Velegda
- Afd/Buayaba
- Sph
- Sucotrop
- Asvt-Dollebou
- Acmi Service Sarl
- Karikis International
- Golden Seed Burkina Faso
- Belwet Industrie

Centre de Promotion des Echanges Commerciaux et d'Investissement (CPECI)/Coopération Taiwanaise




Nabil | 29/08 14:22


Les deux principaux mouvements politico-militaires de l'Azawad (Nord Mali) ont conclu un accord en vue de la reprise, le 1er septembre 2014, des négociations inter-maliennes à Alger. Ils y sont parvenus ce jeudi à Ouagadougou après quatre jours de discussions ponctuées par une déclaration finale paraphée par Alghabass Ag Intalla et par Ahmed Ould Sidi Mohamed.


C'est sur le contenu de l'accord conclu ce jeudi 28 août 2014 à Ouagadougou que les principaux mouvements politico-militaires de l'Azawad (Nord Mali) vont baser leurs revendications face au gouvernement du Mali lors de la reprise le 1er septembre prochain à Alger des négociations inter-maliennes. Pour les mouvements politico-militaires de l'Azawad que sont le MNLA, le HCUA, le MAA et la CMFPR2 ; c'est Alghabass Ag Intalla qui a paraphé l'accord. Le professeur Ahmed Ould Sidi Mohamed pour sa part a signé pour le compte des mouvements politico-militaires de l'Azawad signataires de la plateforme d'Alger du 14 juin, à savoir le MAA, le CMFPR et la CPA. Les signataires du présent accord se félicitent l'un et l'autre du compromis obtenu. « C'était difficile au départ d'avoir une entente, il y avait beaucoup de divergences mais nous sommes tous contents du résultat auquel nous sommes parvenus ce soir », se réjouit Alghabass Ag Intalla. « C'est un grand travail de l'histoire contemporaine de notre peuple que nous venons d'abattre », renchérira le Pr Ahmed Ould Sidi Mohamed.


Points de l'Accord



La déclaration lue par le doyen Alla Ag El Mehdi du MNLA a permis à l'assistance à la clôture dont de nombreux journalistes de prendre connaissance des différents points contenus dans l'accord.

Cette déclaration mentionne entre autres :

« La rencontre s'est déroulée dans une atmosphère de Franchise et de large ouverture d'esprit. A l'issue des débats, les Parties ont reconnu :
- La légitimité de la lutte que mène le peuple de l'Azawad/Nord Mali depuis plus de 50 ans pour jouir d'un statut spécifique conforme à ses réalités géographiques, sécuritaires, sociales et culturelles ;
- Que cette lutte n'a jamais abouti à une solution juste, globale et définitive ;

Aussi les Parties sont convenues :
- de lutter par tous les moyens pour que l'Azawad/Nord Mali soit enfin régi par un statut juridique conforme à ses spécificités dans l'intérêt supérieur de toutes ses composantes.
- de l'arrêt des hostilités et toute forme de violence entre tous les fils de l'Azawad/Nord Mali et s'engagent à favoriser un climat de paix et à le consolider.
- de définir ultérieurement et dans les meilleurs délais, des commissions ad-hoc qui travailleront à la concrétisation de l'unité et de la stabilité de l'Azawad/ Nord Mali ».


Accord obtenu dans des conditions laborieuses



Le présent accord n'a pas du tout été facile à obtenir tant les divergences ont jalonné les discussions. Pourtant tout semblait bien parti pour un accord rapide. En témoignent ces propos à l'ouverture de Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun, chargé aux relations extérieures de la Coalition pour le Peuple de l'Azawad : « Je suis très optimiste.

Aujourd'hui, avant même de se retrouver dans la salle il y a déjà des points de vue qui convergent ». Et dans la foulée la clôture fut annoncée pour le 27 août 2014 à Joly Hôtel. Dès 16 h, des journalistes avaient déjà pris d'assaut les lieux. Pour eux l'attente sera longue, très longue même. Ils feront le pied de grue jusqu'à 22 h sans qu'aucun accord ne se profile à l'horizon. Finalement, c'est le porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher, très optimiste lui aussi à l'ouverture, qui sortira plus tard pour reconnaître à demi-mot l'impossibilité d'un accord entre les mouvements de l'Azawad en cette soirée du mercredi 27 août : « Nous ne sommes pas en mesure de clôturer ce soir. Mais, nous avons beaucoup avancé. Nous sommes aux derniers aménagements qui posent des difficultés par moments. Nous allons profiter de cette soirée pour discuter à l'interne au sein de chaque mouvement et ensuite se retrouver en coordination pour procéder à la déclaration finale demain matin ».Y a-t-il un consensus qui se dégage à travers les débats ? Réponse du porte-parole : « Le consensus sera confirmé quand sera signée cette déclaration finale. Pour le moment on a reporté cette déclaration parce qu'il y a des éléments sur lesquels on n'est pas complètement tombé d'accord mais on va mettre à profit la soirée pour arriver à quelque chose de consensuel ». Mais, quels sont les éléments sur lesquels il n'y a pas accord ? « Pour le moment on n'aimerait pas communiquer beaucoup là-dessus. Demain, certainement, soit on arrive à une déclaration signée de tout le monde soit, si les blocages continuent, nous allons porter à la connaissance de l'opinion publique les difficultés rencontrées », tempera Mossa Ag Attaher, qui annonce la clôture pour 9 h. A cette heure, les journalistes sont encore là. Ils vont passer toute la journée sur place puisque de clôture il n'y en aura pas de sitôt. Jusqu'à 15 h, les protagonistes continuaient toujours à se tirailler autour du texte de la déclaration finale dans le hall de l'Hôtel. Finalement, c'est aux environs de 16 h que le consensus s'est dégagé et la cérémonie a pu se tenir. Certains membres des mouvements politico-militaires ne cachaient pas leur lassitude face à la tournure des événements. « On est fatigué, on monte, on descend, ça ne finit pas. Pourvu que ça finisse avant 16 h », fulmine l'un d'entre eux. Quelle galère !


L'introuvable unanimité


Le présent accord aura l'avantage de permettre aux principaux mouvements touaregs de parler d'une même voix face au gouvernement du Mali. Mais, l'unanimité sera difficile, voire impossible à trouver au sein des acteurs politiques du Nord Mali. En effet, à moins d'une semaine de la reprise des pourparlers d'Alger, un nouveau groupe armé, le Mouvement populaire pour le salut de l'Azawad » (MPSA) a été créé le 26 août dernier, compliquant encore la tâche aux médiateurs puisque les membres revendiquent l'indépendance de l'Azawad et souhaitent participer au deuxième round des négociations à Alger. Face à cette nouvelle donne, les acteurs du présent accord se veulent rassurants, arguant que le plus important, c'est d'œuvrer pour le bien-être du peuple de l'Azawad, surtout que l'accord qui se fonde sur l'accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013 n'est pas exclusif.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

Encadré

La déclaration finale







GBB

Lefaso.net




Lefaso.net | 29/08 14:08


Face à la montée d'adrénaline autour de la mise en place du Sénat, de la tenue d'un référendum sur la révision de la Constitution, de la naissance du Front républicain ou de l'affaire NEBIE, le président du Groupe parlementaire, Bédouma Alain YODA donne sa lecture de la situation à travers cet entretien qu'il a bien voulu nous accorder.

Comment appréciez-vous la première session ordinaire parlementaire de l'année 2014 qui s'est achevée ?


Bédouma Alain YODA (B.A.Y) : La première session parlementaire a été très intense en examen et en adoption de lois très importantes telles que la loi de Règlement du Budget gestion 2012, diverses lois de protections des enfants, une loi d'orientation sur le développement durable au Burkina Faso, des lois créant des tribunaux de grande instance, une loi portant sur l´interdiction de l'importation et de production de sachets non biodégradables, et plusieurs autorisations de ratifications pour ne citer que celles là.

De plus, le Gouvernement a été interpellé sur des questions d'actualité ainsi que sur des questions orales avec ou sans débats sans compter les questions écrites. Bien entendu, le Groupe Parlementaire CDP a joué parfaitement sa partition dans tout ce travail parlementaire.

Un des faits marquants de la présente législature est l'adoption de la loi sur l'institution du Sénat, le 21 mai 2013. Mais le constat est que le Sénat n'est pas mis en place. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?

B.A.Y : Comme vous le savez, malgré le fait que le Sénat soit introduit dans la Constitution en 2012 par l'Assemblée nationale de la précédente législature, certains continuent de prétendre que cette disposition constitutionnelle ne doit pas être mise en œuvre, alors qu'ils demandent, par ailleurs, que l'on respecte ladite Constitution. C'est pourquoi après avoir requis une évaluation de la mise en œuvre des propositions consensuelles issues des assises du CCRP, le Président du Faso a non seulement entériné les nouvelles propositions de réaménagement du Comité de Suivi sur un nouveau format de ce Sénat , mais l'Assemblée nationale de la présente législature a procédé au vote de la proposition de loi issue de ce nouveau consensus. Mais comme les adeptes du NON perpétuel continuaient à récuser cette disposition constitutionnelle, le Président du Faso a, de nouveau, demandé de continuer les concertations afin de parvenir à un consensus éventuel entre les partis républicains qui respectent la volonté du peuple à travers ses représentants.

C'est ainsi qu'aussi bien, le CDP, parti majoritaire, que cinquante autres partis et formations politiques de la majorité comme de l'opposition ont fait des offres de concertation à ceux-là qui disent parler au nom du peuple pour trouver des formules permettant de mettre en œuvre cette Institution constitutionnelle. Nous notons que jusqu'à présent cette offre tarde à trouver preneur du côté de l'opposition ayant fait allégeance au CFOP (NDLR : Chef de file de l'opposition).

Il est certain qu'il y a un temps pour les négociations et un temps pour les décisions. Dans tous les cas, le Président du Faso, garant du respect de la Constitution a affirmé que cette disposition constitutionnelle sera mise en œuvre et, en tant que parti respectant notre Loi fondamentale, le CDP sera partie prenante de l'opérationnalisation de cette Institution constitutionnelle avec les formations politiques qui le souhaitent.

N'est-ce pas aussi un échec pour votre groupe parlementaire qui avait pris à bras-le-corps cette loi ?

B.A.Y : Non, au contraire c'est un succès d'avoir réussi à faire voter cette nouvelle loi à une très large majorité. En tant que Groupe Parlementaire, nous avons fait notre part du travail. Si les acteurs politiques représentés à l'Assemblée nationale et hors de l'Assemblée n'arrivent pas à trouver un compromis, force doit rester à la loi.

L'opposition considère la non opérationnalisation du Sénat comme étant une victoire d'étape et promet également de faire échouer une éventuelle révision de l'article 37 de la Constitution limitant les mandats présidentiels comme le souhaite le CDP. Votre commentaire ?

B.A.Y : Quelqu'un a dit qu'il y a une catégorie de personnes qui refusent de reconnaître l'évidence et notre opposition radicale fait certainement partie de cette catégorie. Demander qu'il y ait des concertations pour trouver un éventuel consensus pour l'opérationnalisation du Sénat n'équivaut pas à la décision de ne pas mettre en place le Sénat. Celui qui a la légitimité et la responsabilité de faire respecter la Constitution a dit, de manière sans équivoque, que le Sénat sera mis en place. Penser que le temps imparti pour une recherche d'un éventuel compromis est un renoncement à la mise en place de cette Institution législative est une erreur d'appréciation à laquelle cette partie de l'opposition nous a, du reste, accoutumés.

Quant à faire échec à la consultation du peuple sur une disposition constitutionnelle non verrouillée, le peuple appréciera que des personnalités qui disent parler en son nom, sans souvent la légitimité requise, refusent que lui, souverain suprême, se prononce sur un texte dont il est l'auteur.

Le CDP s'est coalisé avec d'autres partis politiques, dont certains de l'opposition pour créer le Front républicain. Un tel regroupement était-il réellement nécessaire et quel bilan tirez-vous de ses activités ?

B.A.Y : D'abord, le Front républicain n'est pas une coalition en ce sens qu'il ne vise pas les objectifs habituels d'une coalition politique. Le Front républicain est, par contre, un regroupement de partis, chacun gardant sa liberté d'action, pour constituer un cadre de concertation comme l'ont, du reste, recommandé les Assises du CCRP. Sa mission c'est l'approfondissement de la démocratie et la défense des Institutions de la République. À ce titre, le Front républicain fait des meetings, des sorties sur le terrain, des conférences de presse, des visites à des personnalités de la Société civile pour faire passer des messages de paix et de cohésion nationale. C'est, si vous voulez, la volonté de partis tant de la majorité que de l'opposition de faire comprendre que l'on peut ne pas être du même avis mais pouvoir s'asseoir ensemble pour discuter de l'avenir du Burkina Faso. C'est par conséquent un regroupement de partis républicains, soucieux de l'avenir de ce pays et de l'importance de la paix pour un développement partagé. Le Front républicain prône le dialogue et se fait, quand il le faut, le devoir de porter des demandes sociales afin d'amener le Gouvernement à proposer des offres sociales appropriées.

Vous voyez, par conséquent, la nécessité et l'importance d'un tel regroupement en vue de contribuer à créer une cohésion dans la différence. Quant au bilan, en tant qu'observateur avisé de la scène politique nationale, vous avez assisté certainement à son gigantesque meeting de Bobo, à ses conférences de presse, aux tournées dans le pays profond avec des appels au dialogue, à ses visites aux personnalités de la Société civile, etc.

Le Front républicain a affiché sa volonté de soumettre la question de la révision de l'article 37 de la Constitution à l'arbitrage des Burkinabè à travers l'organisation d'un référendum. Etes-vous confiants pour cette option ?

B.A.Y : Si les acteurs politiques ne s'entendent pas et si certains en arrivent à refuser toute concertation, il ne restera que l'arbitrage du Peuple à travers un Référendum. Tout parti républicain ne peut qu'aller dans ce sens s'il est vraiment un parti qui fait confiance à la démocratie et veut le bien du pays. Évidemment, je suis confiant pour cette option.

Les tentatives de médiations ont toutes échoué et certains annoncent des orages sur la paix sociale ; ne craignez-vous pas effectivement des violences éventuelles et peut-on s'attendre à des solutions de dernières minutes ?

B.A.Y : Je ne suis pas sûr que toutes les tentatives de médiations aient toutes échoué. Mais évidemment, pour qu'il y ait des solutions de dernière heure, il faudrait que les uns et les autres acceptent de se parler.

Le Front républicain pendant sa caravane dans le Sud-Ouest a fait un appel au dialogue à l'opposition. Pourquoi cet appel ? Est-ce à dire qu'il pourrait renoncer à certaines de ses ambitions notamment la tenue du referendum et ou la révision de l'article 37 ?

B.A.Y : Comme je vous l'ai indiqué, personne ne peut présager de ce qui sortirait d'un dialogue, puisque cela dépendra de la volonté des uns et des autres à rechercher un compromis.

Ne craignez-vous pas d'être pris dans le piège des délais dans le processus d'organisation d'un éventuel référendum ? Autrement dit, à quand le référendum ?

B.A.Y : Le CDP a tranché la question de la révision de l'article 37 à son congrès de 2009 alors que la direction actuelle n'était pas aux commandes du parti. Aucun autre congrès n'a pris une décision contraire.

Quant aux délais, soyez sans crainte : il n'y aura pas forclusion. Si nos contempteurs ne sont pas prêts au dialogue républicain, la procédure de lancement du Référendum sera engagée conformément aux dispositions constitutionnelles.

Concernant la date du Référendum et celle de la convocation du corps électoral, nos Ioi et règlements ont réglé les procédures y relatives.

Comment se porte le CDP un peu plus de 6 mois après la défection de certains ténors et militants ?

(B.A.Y) : Je suis heureux de vous dire, à la suite du Secrétaire exécutif national du CDP, que notre parti se porte très bien : toutes nos instances et nos organes se réunissent et fonctionnent normalement, nous avons achevé le renouvellement de nos structures géographiques, nos secteurs structurés et nos unions se renouvellent dans la cohésion, certains de nos militants qui avaient été abusés à grand renfort de promesses fallacieuses reviennent en grand nombre et se bousculent pour leur réintégration, nos mots d'ordre pour les grands rassemblements sont scrupuleusement suivis, nos personnes ressources sont déterminées plus que jamais à nous accompagner, les débats lors de nos instances sont libres et positifs ; bref, notre cohésion me semble plus forte et la détermination des militants plus affirmée. Toutefois, comme nous sommes un grand parti, il serait illusoire de dire que nous n'avons aucun problème. Toutefois, les bagarres de clans et les intrigues qui gouvernaient le CDP n'ont plus cours et nous nous en réjouissons.

Dans ce qui est en train de devenir l'affaire NEBIE, le pouvoir est indexé au motif que celui-ci aurait été assassiné parce qu'il aurait quitté votre parti pour vos « traitres » et aurait déclaré qu'il était contre vos projets de référendum et de révision de l'article 37. Quel est votre sentiment sur cette affaire et que répondez-vous à vos accusateurs ?

(B.A.Y) : Il y a, hélas, des politiciens qui veulent faire feu de tout bois et c'est vraiment dommage. J'ignore totalement les rumeurs que l'on fait circuler et qui seraient du regretté. NEBIE était un ami et au cours du dernier déjeuner que nous avons partagé cette année je n'ai perçu aucun signe de ce que vous dites. Mon souhait le plus ardent est que l'on laisse la justice faire sereinement son travail et que la famille puisse être située sur les causes de sa tragique disparition.

Certains, pour ne pas dire les mêmes, voient aussi dans l'explosion de Larlé un attentat manqué contre le Larlé Naba, un des démissionnaires. Que dites-vous de ces accusations ?

(B.A.Y) : Si ma mémoire est bonne, il semble que l'on ait identifié celui à qui appartenaient les explosifs. Il est donc fort aisé de savoir ce qui s'est passé. On essaie, à mon avis, de se saisir de tout fait émotionnel ou de tout accident pour y voir des attentats. Il ne serait pas surprenant que l'on voit la main du Pouvoir dans le décès de quelqu'un de l'opposition fut- il mort du cancer de la prostate ou du sein et même de quelqu'un qui viendrait à se fouler le pied dans sa cour...

Quels sentiments suscitent en vous toutes ces accusations à n'en pas finir ?

(B.A.Y) : Venant de politiciens en perte de repère éthique ou de notoriété, je dirais qu'ils s'accrochent à n'importe quoi comme le naufragé au serpent. Malheureusement, il y a des gens de bonne foi qui se laissent abuser et c'est ce qui est bien dommage.

Comment entrevoyez-vous l'avenir du Burkina Faso ?

(B.A.Y) : L'avenir du Burkina dépend de ses fils et filles auxquels incombent sa construction. Ce qui est sûr, c'est que sans stabilité et sans paix, cet avenir sera difficile car, des pays plus nantis par la nature qui se sont retrouvés dans de telles situations ont mis des décennies à s'en relever.

Pour terminer, le Président Blaise COMPAORE vient de connaître un véritable triomphe au Sommet Etats-Unis-Afrique. Cela vous ragaillardit sans aucun doute ?

(B.A.Y) : Ce triomphe n'étonne que ceux qui ne connaissent pas assez comment fonctionne le monde. Notre parti et les gens honnêtes savent quelle est l'envergure du Président COMPAORE. Il n'est certainement pas le seul en Afrique...mais il est parmi les meilleurs.

« Pas d'institutions fortes, sans hommes forts et une construction dans la durée », a dit le Président du Faso comme en réponse au Président OBAMA, qui, lui, a déclaré que « l'Afrique a besoin d'institutions fortes, pas d'hommes forts ». Quels commentaires cela vous inspire-t-il ?

(B.A.Y) : Ceux qui pensent que ces propos étaient une réponse au Président OBAMA se trompent entièrement. Le Président COMPAORE répondait à une question orientée de journaliste. Personne ne peut douter que le Président OBAMA connaît à fond les États-Unis, ses Institutions et ses hommes... Il me semble aussi que le Président COMPAORE connaît très bien l'Afrique et plus encore le Burkina Faso. On ne peut interdire à un leader de s'exprimer sur des questions qui concernent son continent. Le Président américain a dit son sentiment sur l'Afrique. En tant que démocrate, il sait bien que d'autres acteurs politiques ou non politiques peuvent avoir des avis différents et les exprimer n'est pas lui faire offense. ..

L'Opinion




Nabil | 28/08 22:38


Depuis quelques mois déjà, le ministère en charge de la Santé a donné le ton de la sensibilisation sur la maladie à virus Ebola qui endeuille des familles dans quatre pays de la sous-région ouest-africaine : Guinée, Libéria, Sierra-Léone et Nigeria. Une sensibilisation réconfortante quant à la possibilité d'éviter ou de survivre à la maladie, qui doit toucher les populations des villes comme des campagnes. Mais la dynamique enclenchée ne connaît pas encore l'implication effective et active des organisations de la société civile (associations, ONG). Or, elles sont mieux placées pour porter l'information dans toutes les ‘'profondeurs'' du pays.


Le Burkina Faso compte une multitude d'associations et d'organisations non-gouvernementales (ONG) qui interviennent pour la plupart, en milieu rural. Elles ont une démarche de proximité avec les populations à la base pour les soutenir dans leurs efforts de développement économique et social surtout. Et elles procèdent généralement par la rupture des barrières linguistiques – entre leurs personnels et les populations - qui pourraient compromettre les résultats de leurs interventions. Elles s'efforcent donc – au mieux- de s'adresser aux populations dans leurs dialectes, notamment dans le cadre de la conduite de missions d'information et de sensibilisation. On peut donc estimer qu'elles ont plus la manie de la sensibilisation auprès de ces populations qu'elles ‘'aiment tant'' et au nom desquelles d'ailleurs, elles bénéficient d'importants financements de partenaires généreux.

Alors, qu'elles s'investissent dans la sensibilisation sur la maladie à virus Ebola qui est aux portes de nos frontières. Il est plus que souhaitable, que cette maladie ne franchisse pas ces portes. ‘'Elle ne les franchira pas'' ; disons cela avec optimisme. Mais, prudence !

Sans doute, personne ne veut sentir ce tueur en boucle ; y compris les OSC qui ont les capacités de jouer un rôle majeur dans la limitation des dégâts irréparables que ce mal pourrait engendrer si jamais… Actuellement, c'est le moment pour ces associations et ONG d'agir utilement, de se mettre à l'avant-garde de la défense de ceux sans qui, leur existence n'a aucun sens a priori. C'est maintenant qu'elles doivent – plus que jamais – faire preuve de dynamisme dans la sensibilisation sur cette maladie qui a déjà à son actif macabre, plus de 2 000 personnes infectées et plus de 1400 décès de décembre 2013 à nos jours, en Afrique de l'Ouest. Qu'elles se donnent les moyens d'initier et de conduire des campagnes de sensibilisation, au besoin en y affectant des lignes budgétaires initialement destinées à autres activités qui de toute évidence, n'auront d'utilité que si les populations vivent. Quel sens, une association ou une ONG intervenant dans le domaine de l'éducation donnerait à son existence, si elle venait au constat que les élèves qu'elle veut mettre dans les conditions d'études, sont emportés par cette maladie ? L'on peut bien se le demander. Surtout, quand on sait qu'elle aurait pu, peut-être pas à barrer la voie à la maladie, mais travailler à travers la sensibilisation qui galvanise dans la prise de précautions, à en réduire considérablement les dégâts. Alors, c'est le moment d'agir, et de bien agir afin de prendre les devants d'une telle situation.

Déjà, l'on peut féliciter la naissance – il y a seulement quelques jours - de la ‘'Coalition nationale S.O.S Ebola''. Il est souhaitable qu'elle ne verse pas dans le populisme béat (comme de multiples OSC savent bien le faire, interférant maladroitement parfois dans le domaine politique), et qu'elle soit suivie par les nombreuses autres OSC soucieuses du bien-être des populations Burkinabè.

Fulbert Paré

Lefaso.net




Nabil | 28/08 22:16 | 2 lectures


24 heures après la démission du militant et membre du bureau politique national du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès), Mohamed Traoré, la jeunesse du parti a sonné le rassemblement. Objectif : Donner des informations sur la mise en place des structures du parti et surtout apporter la réplique aux propos du démissionnaire.


Réussir le pari de mobiliser 1 000 personnes en 24 heures, tel était le défi de la jeunesse du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Il fallait à tout prix montrer qu'on avait la poigne nécessaire pour mobiliser la jeunesse, il fallait surtout apporter la réplique à Mohamed Traoré, le désormais ancien militant du MPP (membre du bureau politique national pour le compte de la jeunesse) qui retournait au Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), après 8 mois d'idylle avec le MPP. Il en avait fait l'annonce 24 heures auparavant. Mohamed Traoré parti avec, dit-il, 316 autres militants, le défi de la démonstration de force était grand pour Abdoulaye Mossé, le secrétaire national à la jeunesse et ses camarades. Lieu du rassemblement : le plateau omnisport Simon Compaoré à Gounghin ce mercredi 27 août 2014.


Mobiliser 1 000 jeunes en 24 heures


La cérémonie était prévue pour 17h30mn. Quand nous arrivions sur le site à l'heure dite, le dispositif se mettait toujours en place. Des parkings de circonstance dans les ruelles alentour, à l'intérieur, le fond musical avait la particularité d'appeler à la révolte contre le régime en place. « Non à la Présidence à vie », « Compaoré doit partir », des titres tous choisis à dessein. Placardées au mur face à l'assistance, des banderoles prenaient le relai de la dénonciation. « La jeunesse du secteur 29 arrondissement 6 dit oui au MPP. Tous ensemble pour le changement » ou encore « Les amazones du MPP disent non au référendum, non à la modification de l'article 37, non au Sénat », pouvait- on lire.

Lorsque le secrétaire national de la jeunesse du MPP arrive vers 18h10- retard pour lequel il s'est excusé- il est accueilli au son des vuvuzelas. L'hymne du parti est aussitôt entonné et exécuté jusqu'à son terme, et chacun peut prendre place. « En 24 heures, nous avons réussi le pari de mobiliser plus de 1 000 jeunes », s'est réjoui d'entrée de jeu le maître de cérémonie. 360° tout autour en effet, difficile d'avoir un chiffre précis mais tout porte à croire que la mobilisation n'est pas loin de ce compte. Tous les participants y compris.


« Mohamed Traoré était un espion »



Deux premières interventions d'entrée en matière, et quand Abdoulaye Mossé prend la parole, il justifie cette rencontre des jeunes de son parti par l'obligation de « faire le point de la mise en place des structures et ce que vous avez constaté hier dans la presse au Burkina Faso ». Ce constat d'il y a 24heures qu'il refuse de préciser pour l'instant, c'est la démission de Mohamed Traoré. « C'est un coup machiavélique savamment organisé et vous avez mis fin à cela ce soir », assène t- il.

Et l'on comprendra par la suite que Mohamed Traoré est le sujet principal de la rencontre. Deux minutes pour l'entrée en matière, moins de deux pour parler de la mise en place des structures du parti et une bonne dizaine consacrée au cas Traoré.

« Quand monsieur Traoré Mohamed Lallé que je ne vais pas appeler camarade est venu, la jeunesse l'avait déjà scanné. Et nous avons dit à la direction du parti que la volonté de ce monsieur n'était pas le changement mais il était là pour de l'espionnage », soutient Abdoulaye Mossé. Pour le secrétaire national à la jeunesse du MPP, le temps leur a donné raison. Lui qui ne comprend pas que quelqu'un qui a démissionné du CDP pour protester contre le soutien du parti à l'organisation du référendum y retourne alors que la position du parti est toujours la même sur la question. « Ce n'est pas un leader », déduit- il.


« Il est parti seul du MPP »



Combien de militants sont partis du MPP avec monsieur Traoré ? La réponse d'Abdoulaye Mossé est sans équivoque : « Traoré Mohamed il vous fait comprendre qu'il y a 300 personnes qui ont démissionné. Je pense que si vous touchez notre secrétariat il est clair. Traoré Mohamed est venu il y a de cela deux semaines déposer sa lettre de démission en disant que c'est pour des raisons personnelles. Il n'a pas dit qu'ils sont en groupe et qu'ils partent. Il est sur le document avec son nom et son prénom. Pas plus, pas un groupe non plus pour l'accompagner ».

Comme il fallait s'y attendre, cette rencontre était aussi le lieu des slogans hostiles au pouvoir en place. « Qu'il le veuille ou pas, il va partir », « Nous n'avons pas besoin d'hommes forts mais de grands hommes », « On veut des hommes de paix et non des hommes qui vont préparer la guerre avant de partir » ou encore « Le médiateur a besoin d'un médiateur », l'on aura rivalisé de formules au cours de ces près de 60 minutes de rencontre politique.

Samuel Somda

Lefaso.net




Nabil | 28/08 22:08


Vingt-deux étudiants d'instituts d'enseignement supérieur que sont l'Université de Ouagadougou, 2ie, et Aube Nouvelle (ISIG) ont reçu de la LONAB et de l'USAID WA-WASH des bourses pour des recherches dans le domaine de l'eau et de l'environnement.


Ce sont donc vingt-deux étudiants qui sont repartis du siège de la LONAB heureux, motivés et outillés pour mener des recherches dans un domaine qui, comme le dit Laëticia Zoungrana, étudiante aux 2ie et bénéficiaire, « est porteur surtout pour des pays comme le Burkina ». Un domaine porteur en ce sens que « l'assainissement est un secteur pour lequel des questions sont à élucider », souligne-t-elle. L'assainissement, et certainement aussi l'eau et l'environnement en général. Sans doute que le projet de recherche de Mlle Zoungrana, qui s'oriente sur la promotion de l'assainissement en milieu rural et la réutilisation de l'eau de barrage, contribuera à apporter des réponses à ces questions. Comme elle, Rose Yama de l'Université de Ouagadougou, témoigne que cette bourse lui permettra de continuer et d'achever ce qu'elle a commencé. Elle qui, à travers sa thématique, devra s'évertuer à démontrer comment assurer l'approvisionnement en eau et l'assainissement en milieu rural.


Le thème, un critère de sélection


L'un des critères de désignation des bénéficiaires est la pertinence du sujet de recherche que les étudiants présentent. A ce critère s'ajoute la moyenne qui doit être d'au moins 13/20. En plus, les candidats doivent joindre une lettre de recommandation signée d'un professeur. C'est donc avant tout l'effort dans le travail, comme l'a souligné Mlle Zoungrana, qui constitue la clé de l'accès à cette bourse qui tient compte des frais d'inscription, d'une allocation mensuelle, d'une assurance santé et du financement des recherches. Ce sont au total trente étudiants, d'universités du Burkina et du Ghana, qui ont été retenus cette année.


Des recherches qui seront bénéfiques à la population


L'attente de madame Haby Djiga, Secrétaire Générale de la LONAB, de la part des étudiants est que les recherches soient bénéfiques au Burkina Faso sur les plans de l'eau, de l'assainissement, de l'hygiène, de la sécurité alimentaire ou encore celui de l'environnement. Des secteurs qui sont aussi ceux dans lesquels intervient le programme de l'Agence américaine pour le développement international (USAID) de l'Afrique de l'Ouest pour l'approvisionnement en eau, l'assainissement et l'hygiène (WA-WASH), lancé en 2011. Cet octroi de bourses est le deuxième, après celui de l'année académique 2013-2014. Ainsi, les étudiants bénéficiaires seront amenés, en dehors des thèmes de recherche, à traiter « de sujets relatifs à l'accès des populations défavorisées au service d'eau potable, à la gestion des ressources en eau, à l'assainissement, à l'hygiène, aux changements climatiques, à la sécurité alimentaire et à l'approche genre », note Dr Lakhdar Boukerrou, Directeur régional de USAID WA-WASH. Le partenariat de la LONAB s'inscrirait en droite ligne à la mission qui lui a été confiée par l'Etat qui est d'apporter son appui aux activités socio-économiques pour le développement et le bien-être des populations », a indiqué madame Djiga.

Martiale Zongo (stagiaire)

Lefaso.net




Nabil | 28/08 22:04


Le président du Faso, Blaise Compaoré, a reçu les lettres de créance de cinq ambassadeurs venus renforcer les rangs du corps diplomatique dans notre pays. C'était le jeudi 28 août 2014, au palais de Kossyam.


C'est donc effectif. Le Brésil, l'Ethiopie, le Congo Brazzaville, la Guinée Conakry, et le Ghana, ont chacun, un nouvel ambassadeur auprès de notre pays. C'est du moins, le sens de la cérémonie du jour, au cours de laquelle le président du Faso a reçu les des cinq diplomates venus chacun, présenter sa lettre de créance. De ces diplomates, seulement deux vont résider au pays des Hommes intègres. Il s'agit de Régina Célia de Oliveira Bittencourt, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérative du Brésil, et de M. San Nasamu Asabigi, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Ghana.

Née le 28 juin 1955 à Alagoinhas dans l'Etat de Bahia, Mme Bittencourt est titulaire d'une licence en droit, et a occupé plusieurs postes au sein de représentations diplomatiques de son pays à Copenhague, à La Paz, à Budapest, à Miami. Quant à M. Asabigi, développementaliste et acteur politique, il a entre autres, été professeur de géographie, professeur de sociologie et d'anglais.


Côte-d'Ivoire, Bamako et Dakar, les autres résidences


Avec résidence en Côte-d'Ivoire, l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérale démocratique d'Ethiopie, Yeshimebrat Mersha Kassa est titulaire d'un Ph.D en Genre et développement. Elle a occupé de nombreux postes de responsabilité dans le monde universitaire, avant d'être nommée en 2013, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de son pays à Pretoria en Afrique du Sud.

Le diplomate guinéen, lui, a élu résidence à Bamako au Mali. Il s'agit de Kabine Kondé, né le 26 février 1952 à Dakar, et titulaire d'une Maîtrise en droit des affaires. Il a évolué dans les domaines de la fiscalité, des assurances, de l'environnement, avant d'être nommé depuis février 2013, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de son pays auprès du Mali, du Burkina Faso et du Niger, avec résidence à Bamako.

L'audience de ce 28 août 2014 a également été celle qui a enregistré la présentation de la lettre de créance de Pierre-Michel Nguimbi en sa qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Congo auprès de notre pays, avec résidence à Dakar au Sénégal. M. Nguimbi est âgé de 56 ans. Il a été député, et a occupé plusieurs postes ministériels et d'ambassadeur en France, en Israël, auprès de l'UNESCO. Il est, depuis le 12 décembre 2012, ambassadeur du Congo au Sénégal. C'est donc dire que sa juridiction s'étend désormais sur le Burkina Faso.

Fulbert Paré

Lefaso.net








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