Pour sa première participation à la Semaine nationale de la Culture, l’artiste slameur Sawadogo le HDV, à l’état civil Wendingoudi Timothée Sawadogo, est arrivé troisième au Grand prix national des arts et des lettres dans la catégorie Slam. La moisson a été bonne à cette 21e édition de la SNC puisqu’il a également remporté le prix spécial de l’Assemblée législative de transition.

Sawadogo le HDV a un talent indéniable. C’est un véritable poète des temps modernes dont les mots résonnent avec la force d’un cavalier rouge et la douceur du coton. De la ville de Koudougou d’où il est venu, le jeune slameur, auteur de « Une seule raison » et plus récemment « Petit HDV » était présent à Bobo-Dioulasso pour la 21e Semaine nationale de la culture.

Le 28 avril 2024, dans la mythique salle Sotigui Kouyaté de la Maison de la Culture Anselme Titianma Sanon, le jeune slameur a tissé des vers et touché les cœurs, au-delà des murs de l’université Norbert Zongo où il apprenait les Lettres modernes.

Sawadogo le HDV a dépeint la vie difficile d’un enfant de la rue et appelé la jeunesse à une mobilisation pour le retour de la paix au Burkina Faso. Malgré la profondeur de ses deux textes, le jeune slameur est classé troisième derrière Jean Sanou du Sud-ouest et Grâce Kina Banseli de la région de l’Est.

« J’ai tout donné. Quand j’écris mes textes, je ne pense pas vraiment à la compétition. Je suis venu pour m’amuser, passer des messages. C’était une compétition très relevée. C’est un sentiment de fierté qui nous anime même si nous aurions préféré le premier prix. C’est l’appréciation du jury et nous le prenons tel quel. Nous allons travailler encore pour maintenir le cap », a-t-il laissé entendre au soir de la clôture de la SNC, le samedi 4 mai dernier.

Aux slameurs qui n’ont pas été lauréats à cette édition de la SNC, Sawadogo demande de ne rien lâcher. « C’est une compétition. J’ai gagné des compétitions et j’en ai perdu aussi. Que vous gagniez ou perdiez, une compétition ne dit pas forcément votre vrai niveau. C’est à vous de garder la tête sur les épaules et de continuer à travailler et ne pas vous laisser abattre par un jugement des humains qui peuvent aussi se tromper même si ce n’est pas souvent le cas. Il faut être optimiste car le meilleur est à venir », a-t-il laissé entendre.

Même s’il est à sa première expérience à la Semaine nationale de la culture, Sawadogo le HDV est un habitué des scènes. En 2016, il découvre le slam mais trois ans plus tard, il décide de ne faire qu’un avec cet art. Et depuis lors, les choses lui réussissent bien.

En 2020, il est champion de slam chrétien et l’année suivante, il est lauréat de « Je slame pour le coton », organisé lors des Danfani Days à Koudougou et lauréat dans la catégorie slam, lors des compétitions de l’After school international. Sawadogo le HDV est également champion national 2021 et 2022 de la Semaine nationale des arts et de la culture des universités du Burkina (SENACUB).

En 2022, il est vice-champion d’Afrique de l’Ouest de slam poésie en 2022, vice-champion national du Festival international d’éloquence Slam Éveil (FESE International). Toujours la même année, il est le vainqueur de la 5e édition du concours « Slam en live » organisé par la radio Canal Arc-en-ciel sous le thème « Jeunesse et intégrité dans un contexte d’insécurité ».

Selon le jeune slameur, le slam burkinabè se porte bien. « On a été Kundé d’or avec De Batoro, on a de grandes stars comme Malika, Nathanaël, on a également une jeune génération de slameurs qui a un niveau très élevé. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Fredo Bassolé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net