Le 2 octobre 2017 aura lieu la rentrée judiciaire 2017-2018 du Burkina Faso sur le thème « Les entre les Juridictions Communautaires Africaines et les Juridictions Nationales ». Cette année judiciaire qui s’annonce pourrait voir le démarrage du procès de la tentative de coup d’Etat du 16 septembre 2015 et certainement d’autres grands dossiers judiciaires en attente.

Elle verra aussi sans nul doute la reprise du procès des anciens ministres du dernier gouvernement du Premier ministre Luc Adolphe TIAO devant la Haute Cour de Justice. L’Assemblée nationale aura effectivement repris du service pour la deuxième session ordinaire de l’année.

La CODER, formule le vœu que cette année judiciaire comble les attentes des justiciables et assure l’unité du peuple burkinabè derrière la justice.

Dans un État qui se veut démocratique, régi par la primauté du droit, la magistrature constitue un rempart contre les abus et l’exercice arbitraire du pouvoir par le pouvoir exécutif, en même temps qu’elle protège les citoyens contre les actions illégales du gouvernement. La justice doit être rendue pour cela avec impartialité.

L’article 125 de la Constitution burkinabè ne dispose-t-il pas que le pouvoir judiciaire est le gardien des droits et libertés définis par la Constitution et la loi ?

L’indépendance de la justice est la condition d’expression du devoir d’impartialité, principale qualité attendue d’un juge, en phase avec sa conscience et sa déontologie dans le traitement d’un dossier. A ce jour, cette indépendance est formellement acquise dans notre pays avec les réformes du système judiciaire intervenues depuis 2015. En retour le corps des magistrats doit donc non seulement exercer ses missions avec professionnalisme, mais aussi assurer la sentinelle et la veille au sein du système pour que la justice soit effectivement rendue au nom du peuple et pour le peuple. C’est la condition de réalisation de son devoir d’impartialité et de sincérité.

Ce challenge est possible parce que le corps des magistrats burkinabè est composé d’hommes expérimentés, d’une grande compétence, d’une grande rigueur et d’une grande intégrité. Les rares insuffisances de certains membres ne remettent pas en cause ces qualités. Ils doivent avoir constamment en mémoire qu’ils sont très attendus sur le terrain de l’intégrité et des résultats au cours de cette nouvelle année judiciaire.

La CODER invite également les autres acteurs à la patience et à la retenue à l’égard de la justice. Les magistrats sont en effet soumis à une contrainte extrêmement prégnante des justiciables qui demandent des résultats et des réponses rapides, avec en face l’opinion publique prompte à réagir au moindre fait divers médiatisé.

L’indépendance de la Justice s’entend de l’indépendance vis à vis de la hiérarchie, du pouvoir, de l’opinion, du justiciable, des Organisations de la Société Civile, des milieux politiques, des médias, des puissances d’argent, c’est à dire de tous.

Une justice rendue sous la pression des justiciables, des événements et des médias n’apportera pas les satisfactions voulues. Le cycle de la suspicion ne fera que perdurer et se perpétuer.

C’est pourquoi la CODER demande à tous les acteurs du système judiciaire de s’investir pour que la justice soit rendue sereinement afin que l’indépendance de la justice tant réclamée soit une réalité structurelle. C’est la condition d’un Burkina nouveau et d’espérance.

JUSTICE – RECONCILIATION – PAIX

Fait à Ouagadougou, le 28 septembre 2017

Pour la CODER

Son Président

Achille M. J. TAPSOBA

Source: LeFaso.net