La majorité des Burkinabè (51,14 %) est satisfaite de l’action du président Roch Kaboré. Avec une note de 5,08, le chef de l’Etat est en hausse par rapport à 2017 quand il avait obtenu 4,5 sur 10. C’est le résultat d’un sondage réalisé par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et présenté le 27 juin 2018, en marge du forum Africapacités qui se tient à Bobo-Dioulasso. L’exercice s’est déroulé du 10 au 21 juin 2018 et a concerné 152 localités (villages et secteurs) avec un échantillon de 2045 citoyens en âge de voter.

À mi-mandat,le chef de l’État convainc les Burkinabè dans leur majorité, à en croire ce sondage. 51,14 % des citoyens en âge de voter sont satisfaits de la manière dont Roch Kaboré conduit la destinée du pays. Il faut dire que le capitaine du bateau battant pavillon burkinabè a réussi à convaincre d’autres Burkinabè qui étaient sceptiques il y a un an. Puisque, en juin 2017, le même exercice ne lui était pas favorable : il avait alors la note de 4,5 sur 10 alors que cette fois, il s’en sort avec la moyenne de 5,08. La performance du président Roch Kaboré est surtout saluée par les citoyens sondés dans les zones rurales qui l’ont crédité d’une note de 5,18/10 contre une note de 4,98/10 par les citoyens des zones urbaines.

Cette appréciation est relative à certaines grandes actions qui tenaient particulièrement les citoyens à cœur. Il s’agit entre autres de la mesure de la gratuité des soins. Les femmes, majoritaires dans notre pays, applaudissent plus cette avancée, même si elles estiment, tout comme les hommes, qu’il y a des lacunes à corriger.

Le deuxième point de satisfaction, c’est la réalisation ou la réhabilitation d’infrastructures routières, éducatives et sanitaires. Un bémol à ce niveau également, puisque les sondés sont réservés sur la qualité́ des infrastructures. L’autre bon point, c’est la liberté́ d’expression.

Cependant, les Burkinabè estiment que nonobstant ces acquis, le président devrait aller au-delà̀ des promesses pour plus de réalisations dans la dernière phase de son quinquennat, tout en consolidant son effort de sécurisation du pays et la préservation de la paix sociale.


Un paradoxe toutefois ! 63,4% des sondés déclarent être non-satisfaits de l’accès à l’eau et l’assainissement ; 57,4% ne sont pas non plus contents de l’accès à l’éducation, pendant que 57,6% des sondés marquent leur déception quant à l’accès à la santé primaire. L’autre paradoxe est que plus de la moitié des personnes interrogées disent ne pas avoir confiance au gouvernement. D’ailleurs, le Plan national de développement économique et social (PNDES), censé sortir le Burkina des méandres de la pauvreté, les Burkinabè n’y croient pas du tout. Seulement 27,3% des sondés ont confiance en ce référentiel de développement pour mettre en œuvre le programme présidentiel, contre 47,2 % de non-confiants et 25,5% de « sans avis ».

Les Burkinabè déçus des partis politiques

Les 2045 citoyens interrogés du 10 au 21 juin 2018 dans 152 localités ont été invités, à travers ce sondage, à se prononcer sur d’autres sujets et à donner leurs appréciations de certaines institutions de la République. Ainsi, sans grande surprise, les partis politiques ne convainquent pas du tout les Burkinabè. Et c’est largement que 72% des sondés ne leur accordent aucune confiance. Le Parlement également n’a pas de côte auprès des Burkinabè dont 54,7% se disent non-confiants.

L’institution qui tire ses marrons du feu à travers cette collecte d’information, c’est la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avec un capital de confiance de 52,9 %. Aussi, 65,4% des enquêtés sont pour l’adoption de la nouvelle Constitution par référendum, contre 34,6% qui penchent pour la voie parlementaire.

Synthèse de Tiga Cheick Sawadogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net