
Le ministre des Mines et des carrières, Oumarou Idani, a animé une conférence de presse ce lundi 3 juin 2019, sur l’affaire de « charbon fin » de la société Essakane SA. Il s’est agi d’éclairer l’opinion publique sur la genèse de l’affaire, la saisie de la cargaison et la position du ministre.
Exportation de « charbon fin » par la société Essakane SA. Cette affaire connaît un nouvel épisode. Ce lundi 3 juin 2019, le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, était face à la presse pour « éclairer l’opinion publique nationale et internationale ».
L’affaire dite « exportation de charbon fin d’Essakane » continue de défrayer la chronique. Entre accusations et contre-accusations, le premier responsable du secteur minier burkinabè a décidé de montrer au créneau.

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Contrairement à certaines versions, selon le ministre, la genèse de cette affaire remonte au 29 août 2018 et non en fin décembre 2018. « En effet, c’est à cette date que par correspondance N°L371-2018, Iamgold Essakane SA demandait à mon département, une autorisation d’exporter du charbon fin au Canada pour traitement », a-t-il rappelé. Après plusieurs séances de travail avec les services techniques compétents du ministère, un accord de principe pour l’exportation a été marqué le 10 octobre 2018 par la correspondance N°2018-579.
De ce qui ressort, 640 échantillons ont été analysés par la société. Les quantités d’or fin ont été estimées à 304, 273 kilogrammes, tandis que celles d’argent étaient de 135, 891 kilogrammes.

Toujours selon Oumarou Idani, la valeur totale estimée de ces métaux, sur la base des analyses d’Essakane, est de 7 128 620 297 de francs CFA. Les royalties représentant 4% de la valeur totale, sont de 285 144 812 de francs CFA et les royalties calculées sur la base des 70% à verser comme avance s’élèvent à 199 601 370 francs CFA.
De la saisie de la cargaison
Le 30 décembre 2018, au cours de l’acheminement sur instruction du procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, la marchandise a fait l’objet d’une saisie à Bobo-Dioulasso par la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), en sa qualité d’officier de police judiciaire.
Après investigation, le ministre a relevé que la BNAF a dressé un rapport le 4 janvier 2019 où il était conclu à une « absence d’infraction de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ».
Suite à ce rapport, Oumarou Idani a indiqué que le procureur a commis deux consultants pour investiguer. Les deux consultants, avec des compétences en chimie et en douane, ont déposé leurs rapports au procureur. « C’est probablement le contenu de ces rapports, qui n’a jamais été officiellement porté à la connaissance du ministre des Mines et des Carrières, qui aurait fait les choux gras de la presse et de certaines OSC comme le Ren-Lac », précise le ministre.

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« Un mensonge sans démenti devient la réalité »
Pourquoi avoir attendu tout ce temps ? À cette question, le ministre a déclaré qu’il faut « être frileux ». Aussi, « il faut que la science et la technique parlent afin que la vérité éclate », a-t-il ajouté.
Oumarou Idani dit avoir pris la décision de réagir qu’après l’analyse de la BNAF, car il était question d’éviter toute ingérence dans cette affaire. « Si un mensonge continue d’être répété sans démenti, c’est ça qui devient la réalité. Si on ne comprend pas, c’est grave. C’est pour cette raison que nous avons dit que nous allons prendre patience en toute responsabilité et pouvoir répondre en temps opportun. Et c’est aujourd’hui ce temps », s’est-il justifié.
Au cours de cette rencontre avec la presse, le ministre a annoncé que si la société Essakane est reconnue coupable d’infraction, elle court une amende de 5, 200 milliards de francs CFA.

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Vers le recours à une expertise indépendante
À en croire le ministre des Mines, Oumarou Idani, dans ce climat de suspicion et de crise de confiance généralisée, « on ne peut pas faire économie de la science et de la technique pour que toute la lumière éclate dans cette affaire ».
Ainsi, il apparaît évident qu’il faut faire recours à un cabinet d’expertise indépendant ou même à un arbitrage neutre composé d’une équipe pluridisciplinaire.

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Le ministre a affirmé que « cette option pourrait avoir l’avantage de défendre les intérêts réels du Burkina et ramener la sérénité et la confiance au sein de l’opinion, en même temps qu’elle favoriserait un début de réponse à la problématique globale du traitement du charbon fin au niveau des mines industrielles exerçant au Burkina, qui reste une question posée, et à résoudre obligatoirement ».
Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net
Source: LeFaso.net
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