
La moitié des accidents de la circulation observés à Ouagadougou provoquent des blessures, dont 43% à la tête. Souvent, elles ont pour conséquences l’incapacité de travailler ou de mener des activités quotidiennes. Il existe pourtant une législation au Burkina Faso rendant le port du casque obligatoire depuis 2005, mais très peu de conducteurs de deux-roues motorisés respectent cette loi.
Entre le 2 février et le 31 juillet 2015, une enquête a été réalisée par l’IRD et l’Université de Montréal auprès des accidentés de la route hospitalisés au CHU Yalgado. Les urgences traumatologiques ont enregistré au cours de cette période 1867 admissions aux urgences. Les résultats montrent que 87% des hospitalisés sont des usagers de deux roues motorisés (graphique). Près de 43% d’entre eux présentaient des blessures à la tête.

Trente jours après leur accident, 26% des victimes présentaient toujours une incapacité à réaliser au moins une action du quotidien (se laver, s’habiller, se déplacer) sans aide.
L’OMS l’assure, le port du casque est un moyen efficace de diminuer les blessures. L’Organisation explique également que l’utilisation du casque réduit les frais hospitaliers.
Bien que le port du casque ait été décrété obligatoire au Burkina Faso dès 1978 pour les motocyclistes, réaffirmé par un décret de 2003 (pour les 125 cm3) et élargi à l’ensemble des deux roues motorisés par le décret de 2005, la population ne le porte toujours pas.
Des comptages réalisés en avril 2019, par l’Institut de rechercher pour le développement (IRD) et l’INstitut des sciences des sociétés (INSS/CNRST), sur différents types de routes dans les villes de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou indiquent un taux de port du casque pour les usagers de deux roues motorisés égal en moyenne à 4,7%.
Mais pourquoi les usagers de la route refusent de porter le casque en circulation ? S’agit-il d’une défiance de l’autorité de l’Etat comme ce qui avait été observé lors des émeutes liées à l’imposition du port du casque en 2006 ? Doit-on expliquer ces comportements par de la négligence ou la sous-estimation du risque d’accident ?
Par Aude Nikiema (INSS/CNRST), Emmanuel Bonnet (IRD), Christian Dagenais (Univ. de Montréal), Valéry Ridde (IRD)
Références :
Bonnet E., Fillol A., Nikiema A., Ouedraogo M., Lechat L., Ridde V., 2016, Se protéger en circulation réduit la gravité des blessures, L’équité en santé au Burkina Faso, http://www.equitesante.org/wp-content/uploads/2016/01/Note-Traumatismes_PB2_fr.pdf
OMS, 2006, Casques : Manuel de sécurité routière à l’intention des décideurs et des praticiens, https://www.grsproadsafety.org/wp-content/uploads/Helmets_French_Casques.pdf
Source: LeFaso.net
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