Le public burkinabè a désormais à la disposition, un livre de Comptabilité générale selon le SYSCOHADA révisé, Tomes I et II. L’ouvrage qui traite de la nouvelle norme comptable qui a cours dans les pays de l’OHADA a été produit par l’enseignant Dr Florent Hien et l’inspecteur des impôts, Dr Aboubakar Nacanabo. La dédicace a eu lieu le vendredi 26 février 2021 à l’Université Joseph Ki-Zerbo, en présence de nombreux invités.

La cérémonie a été patronnée par le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Dr Issaka Kargougou, et parrainée par Dr Adama Zèba, expert-comptable. L’activité, qui s’est également déroulée devant de nombreux personnalités, collègues des auteurs, parents, amis et étudiants, s’est essentiellement articulée autour de la présentation des deux auteurs, présentation du livre et de la remise d’exemplaires à la bibliothèque de l’Unité de formation et de recherche en sciences économiques et de gestion (UFR/SEG).

Ainsi, la présentation de l’ouvrage qui a été faite par les professeurs Mady Koanda et Soumaïla Ouédraogo fait ressortir entre autres que le Tome I parle de la comptabilité basique, tout ce qui concerne les mécanismes comptables, tandis que le Tome II pousse davantage loin, en abordant les difficultés comptables et des aspects spécifiques.


« Il partage l’essentiel de ce que tout le monde doit comprendre de la comptabilité générale. L’une des qualités, c’est l’aération, le français accessible… », relève Pr Koanda, dans sa présentation du Tome I. Selon ce dernier, et parlant du fond, la méthodologie générale évite d’aller dans les choses les plus compliquées. Le document permet de comprendre, de cerner les b.a.ba de la comptabilité générale.

De l’avis des présentateurs, le devenir de cette production, ce sont les enseignants, les étudiants, les praticiens, les responsables d’entreprise…qui sont confrontés à l’évolution de la norme (nombreux ayant été formés sous l’ancienne norme).

Mieux, pour Pr Soumaïla Ouédraogo, la comptabilité, qui apparaît parfois comme rébarbative, compliquée et difficile, s’offre ici facilement à comprendre, même par ceux qui n’ont jamais touché à la comptabilité. « Tout le monde est concerné par la comptabilité, ne serait-ce que dans la gestion des dépenses domestiques », a-t-il commenté dans la présentation du Tome II.

Dr Aboubacar Nacanabo (à gauche) et Dr Florent Hien, pendant la présentation du document.

Dr Issaka Kargougou a magnifié une « très belle œuvre de production intellectuelle » de Dr Florent Hien et Dr Aboubacar Nacanabo, qui mettent ainsi à la disposition du monde universitaire (enseignants, étudiants…), des praticiens, des documents de référence pour traiter de la comptabilité générale, mais aussi des opérations bancables particulières. « Nous savons que ce sont des documents qui manquaient, parce qu’il fallait traiter effectivement la mise en conformité avec le SYSCOHADA révisé. C’est ce qu’ils ont fait avec professionnalisme, dans un langage accessible et avec des exemples et des corrigés qui permettent à chacun de pouvoir comprendre ce que c’est que la comptabilité, qui est un outil élémentaire pour tout le monde. J’ai aimé les images qui permettent de savoir que le bilan, c’est comme une armoire qui doit tenir en équilibre et à l’intérieur, des compartiments, des tiroirs, où il va falloir mettre des documents dans chaque compartiment pour pouvoir maintenir cet équilibre », scrute le patron de la cérémonie, Dr Kargougou.

Vue partielle des invités

Un cas pratique avec les amortissements

« Cette production est importante pour la Chambre de commerce, parce que la comptabilité, c’est le centre de la vie de toute organisation, l’élément fondamental qui permet de savoir ce que l’on gagne, ce que l’on perd et qui trace les opérations de tous les jours. Malheureusement, nous avons des ouvrages qui viennent d’ailleurs, alors que nous avons des enseignants ici qui sont capables de produire et de mettre ces manuels-là à la disposition de tout le monde », soutient Dr Issaka Kargougou. Il note que ce sont des outils didactiques qui permettent à chacun de pouvoir se retrouver, de suivre et de mettre en place un système comptable qui respecte les normes africaines, mais aussi qui permet de traiter d’un certain nombre d’opérations particulières. « Nous avons, Chambre de commerce, pris l’engament de sponsoriser l’édition du Tome III », annonce le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso.

Les invités, avec Me Prosper Farama (2ème), ont, pendant plus de deux heures, suivi de bout en bout la cérémonie.

Dr Florent Hien rappelle que les normes changent et les gens ont des difficultés pour suivre. D’où l’idée de cet ouvrage qui va faciliter la vie aux gens. « Une des difficultés que la production résout… En comptabilité, il y a ce qu’on appelle l’amortissement du matériel. Si vous avez acheté par exemple un camion, on vous disait que celui-ci est, au bout de quatre ans, amorti, c’est-à-dire que sa valeur est zéro. On diminue donc le coût du camion jusqu’à atteindre zéro. Mais vous savez pertinemment que chez nous, il y a des camions qui ont plus de 20 ans et qui continuent de dérouler. Maintenant, avec le SYSCOHADA révisé, il est dit qu’on peut ne pas amortir en bloc tout un ensemble de matériel ; par exemple, le camion on peut imaginer que comme les roues ne s’usent pas à la vitesse que le moteur ou la carrosserie, on peut amortir ça différemment. C’est-à-dire qu’on va disloquer le bien et amortir par partie. Ça, c’est valable par exemple dans les grandes constructions où vous avez des immeubles, la structure, les climatiseurs…, qu’on peut décomposer et amortir séparément. Désormais, c’est ainsi qu’on recommande de faire les amortissements », illustre le spécialiste et enseignant à l’Unité de formation et de recherche en sciences économiques et de gestion (UFR/SEG), Dr Florent Hien. Il relève en outre qu’une des difficultés majeures est qu’on a introduit dans ce SYSCOHADA révisé, le calcul actuariel.

Chaque Tome coûte 24 euros, soit 15 000 FCFA.

« La force de la production, c’est qu’en même temps, il y a le professeur (Dr Hien) qui est à l’Université, qui a une maîtrise totale des questions théoriques. S’il y a une couche pratique qui vient s’ajouter, le document devient aussi bien utile pour les praticiens que pour les théoriciens. Donc, tout le monde peut trouver son compte dans le document. En tant que praticien dans le domaine de la fiscalité également, nous avons pu travailler à apporter une touche fiscale, qui fait bien la différence entre cette production et bien d’autres qui traitent que de la comptabilité. Là, les aspects fiscaux sont bien pris en compte et je pense que c’est bien apprécié par les professionnels », soutient l’inspecteur des impôts, Dr Nacanabo, ouvrant les perspectives sur le Tom III.

Focus sur les auteurs

L’occasion a été aussi caractérisée par de nombreux témoignages sur les deux auteurs. Des qualités relatives à l’amour et l’ardeur au travail, leur sens du partage du savoir, etc.

Enseignant de Comptabilité et de Finance à l’Unité de formation et de recherche en sciences économiques et de gestion (UFR/SEG), Dr Florent Hien est également responsable du DESS (diplôme d’études supérieures spécialises) finance comptabilité contrôle et chef du département gestion, après avoir dirigé la Maîtrise de sciences de gestion (MSG) pendant plus de dix ans. Il a contribué à la formation de nombreux comptables dans la zone UEMOA. Il est le fondateur de l’Institut des sciences de l’entreprise et du management (INSEM), une école spécialisée dans les formations aux métiers de la gestion de la comptabilité et de la finance.

Dr Aboubacar Nacanabo, lui, a fait ses études supérieures à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Ouagadougou où il a obtenu la Maîtrise de sciences et gestion (MSG), et le diplôme d’études supérieures spéciales (DESS) en finance, comptabilité et contrôle. Il est aussi titulaire du diplôme d’études supérieures en comptabilité et gestion finance (DESCOGEF) du cursus de l’expertise comptable de l’UEMOA. Dr Nacanabo est le représentant de l’administration fiscale dans l’équipe chargée de l’implémentation du SYSCOHADA révisé. Il est inspecteur des impôts.

O.L

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Source: LeFaso.net