
Décédé le mardi 30 décembre 2025 à Ouagadougou, le grand imam El hadj Aboubacar Kassim Sana a été conduit dans l’après-midi de ce vendredi 2 janvier 2026 à sa dernière demeure à Koulwéoghin, dans l’arrondissement N°4 de la capitale.
C’est dans une mobilisation populaire, que fidèles, parents, amis, leaders religieux (toutes religions confondues) et coutumiers, autorités administratives et responsables d’institutions ont fait leur « Adieu ! » à El hadj Aboubacar Kassim Sana.
Cet ultime acte est intervenu après la prière de vendredi à la grande Mosquée de Ouagadougou, où le défunt a reçu des hommages et bénédictions.

Sur le lieu de l’inhumation, l’espace n’a pas pu contenir le monde. Perchées sur des mûrs, dans des arbres et autres supports, de nombreuses personnes ont donc, malgré la canicule, effectué le déplacement de quartiers de Ouagadougou, de l’intérieur du pays et même de l’étranger, pour être témoins de l’inhumation.
Un déferlement humain qui n’a pas facilité la tâche au dispositif de sécurité mis en place pour la cause, pour les organisateurs et même les medias. Hommes, femmes, jeunes, personnes âgées, toutes les franges sociales étaient mobilisées, et chacun y est allé de son expression d’hommages teintée de tristesse.
« Que Dieu l’accueil dans son royaume. C’est la volonté de Dieu et c’est un passage obligé pour tout être humain. Il a été un homme intègre, un homme qui a pratiqué la religion avec vérité. Je suis fier de lui, j’implore Dieu Le Tout-Puissant, maître de l’univers, de lui accorder sa Miséricorde », a, les mains levées vers le ciel, imploré Abdoul Rahim Sawadogo.

Le devoir de mémoire de la FAIB
Dans un hommage à l’illustre disparu, la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) apprend que, né en 1950 à Nobéré dans la province du Zoundwéogo, région du Nazinon, Aboubacar Kassim Sana s’est très tôt engagé sur la voie du savoir et de la science religieuse. « Sa formation l’a conduit bien au-delà des frontières nationales. Après un premier parcours au Ghana, il poursuit ses études dans de grands centres du savoir islamique : Le Caire en Égypte, Damas en Syrie, Bagdad en Irak, et surtout Médine en Arabie Saoudite, où il séjourne près de dix années. Il y obtient une Licence d’Enseignement.

De retour au Burkina Faso en 1980, il se consacre à la formation religieuse et à l’encadrement des fidèles, enseignant à la médersa de la Communauté musulmane, à celle du Mouvement Sunnite, ainsi qu’à l’école franco-arabe de l’Association Ittihad Islami. En 1997, il devient président de la Communauté musulmane du Burkina Faso (CMBF) et Imam de la grande mosquée de Ouagadougou. A ces fonctions, il se distingue par sa sagesse, sa retenue et son sens élevé du dialogue. Il quitte la présidence de la CMBF en 2004, tout en restant une autorité morale et religieuse respectée. Promoteur convaincu du dialogue inter-religieux, il a œuvré, aux côtés du Cardinal Philippe Ouédraogo, pour le rapprochement entre la communauté musulmane et la communauté chrétienne. Il croyait fermement que la foi devait unir et non diviser, et que la paix sociale passait par l’écoute, le respect et la reconnaissance mutuelle », retrace la FAIB, ajoutant qu’il a porté le verbe du grand rassembleur.
Imam Sana a, poursuit la faîtière, prêché un islam du juste milieu, un islam de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble entre toutes les communautés du Burkina Faso.

« Son discours, mesuré et accessible, a contribué à apaiser les cœurs et à renforcer la fraternité nationale. Il fut le tout premier imam à faire la promotion du prêche en langue locale Mooré et la prière du Quiyamouleyl pendant la période du Ramadan. Son engagement pour l’unité des musulmans fut constant. Il a été l’un des acteurs majeurs du processus ayant conduit à la création de la FAIB en 2005, convaincu que l’islam au Burkina Faso devait être un facteur de stabilité et de concorde. En 2017, frappé par la maladie, il est évacué en France pour des soins. Sa convalescence, longue de plus de deux ans, fut marquée par la patience, la dignité et une foi inébranlable, avant son retour auprès des siens. Aujourd’hui, la Oummah (communauté : Ndlr) perd un guide, un éducateur et un bâtisseur. Mais son héritage demeure vivant à travers les générations qu’il a formées, les institutions qu’il a contribué à structurer et les valeurs de paix qu’il a incarnées. En ce jour de son inhumation, ce vendredi 2 janvier 2026, nous implorons Allah, le Tout-Miséricordieux, de lui accorder Son pardon, de l’élever en degrés et de faire de sa tombe un jardin parmi les jardins du Paradis. A sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la Oummah musulmane, nos sincères condoléances. Inna lillahi wa inna ilayhi rajiʿoun. Qu’Allah accueille Imam El Hadj Aboubacar Kassim Sana dans Sa miséricorde infinie », a exprimé la FAIB.

Une publication des Éditions Le Pays rappelle que c’est à l’unanimité des 45 grands Imams du Burkina, qu’El Hadj Aboubacar Kassim Sana a été élu en décembre 1997, président de la communauté musulmane burkinabè.
Les Editions Lefaso présentent ses condoléances à ses familles biologique et religieuse !
O.L
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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