
Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum, chef coutumier d’Arbollé, a échangé avec sa communauté sur l’importance de la cohésion sociale. C’était le mercredi 7 janvier 2026. Cette rencontre fait suite à des tensions sociales survenues dans la localité.
Il est 11 h 27. À l’extérieur du palais royal, des femmes chantent et dansent. À travers leurs voix, elles rendent hommage au Naaba. Quelques hommes se tiennent auprès d’elles et les encouragent à hausser encore plus la voix. À quelques mètres de là, d’autres hommes sont assis et échangent entre eux. Toutes et tous attendent le chef coutumier.
À 12 h 28, des artistes-musiciens traditionnels entrent dans le palais royal. Eux aussi chantent les louanges de Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum, chef coutumier d’Arbollé, et de ses ancêtres. Quelques minutes plus tard, le roi sort à l’extérieur du palais et prend place sous un hangar. Ses notables s’installent près de lui. La communauté prend également place. Tous les regards sont tournés vers Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum.
Après les rites, il prend la parole. D’entrée de jeu, il revient sur les causes qui ont conduit à cette rencontre. Selon son récit, en décembre 2025, le chef d’une localité voisine aurait intronisé un chef coutumier dans le village de Sibalo. Or, comme le souligne Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum, ce territoire relève de son canton. Il explique que la tradition n’a pas été respectée.
Cet acte a créé des tensions au sein des communautés et un affrontement a failli éclater. La communauté estime qu’il s’agit d’une violation des traditions et d’un non-respect de l’autorité de Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum. Pour elle, cette intronisation est illégale. Afin d’éviter un conflit entre les fils et filles de la région, le chef avait déjà, lors d’une précédente intervention, adressé un message pour apaiser les tensions. Il a réitéré ses propos devant l’auditoire le 7 janvier.
L’apaisement plutôt que la guerre
Un proverbe moaga dit : « Une seule main ne ramasse pas la farine ; il faut deux mains pour le faire. » Le chef coutumier d’Arbollé a voulu matérialiser cette citation en utilisant son autorité pour unir plutôt que diviser. Il a voulu être « l’eau qui éteint le feu ».
Il a rappelé à sa communauté que le Burkina Faso est en guerre et qu’il faut éviter d’aggraver la situation avec d’autres conflits. Les premières victimes seraient les communautés elles-mêmes. Elles ont donc intérêt à entretenir la culture de la paix héritée de leurs ancêtres.

Naaba Koom Rim-Biiga de Ramessoum a affirmé qu’il ne souhaite pas que le pouvoir qu’il détient soit une arme pour détruire, mais plutôt un outil pour consolider la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les habitants d’Arbollé et ceux des localités voisines. Il a formulé le vœu que sa communauté vive en parfaite intelligence avec ses voisins.
Dans son discours, le chef coutumier a insisté sur le fait que la colère, même légitime, ne résout rien, et que la violence et la haine sont des sentiments à bannir. Il faut plutôt s’aimer et se tolérer.
« Un chef ne doit pas créer des crises au sein des populations. Je ne souhaite pas que mon autorité ait un impact négatif sur ma communauté et celle des autres. Nous devons préserver ce que nos ancêtres nous ont légué. J’ai une vision : toujours prôner la paix et la cohésion sociale. Nous allons mener des actions en faveur du vivre-ensemble. Un chef doit prendre ses responsabilités en rassemblant. Le pardon n’est pas une faiblesse, c’est une force. Cet acte pouvait occasionner une crise sociale qui n’arrange personne. Malgré cette situation, la communauté doit rester pacifique », a-t-il déclaré.
Il s’est dit ouvert au dialogue, mais a confié que l’autre partie ne l’a pas encore contacté. L’affaire de l’intronisation a été portée à la connaissance de l’administration, selon ses dires. Il espère qu’elle tranchera rapidement afin que ce chapitre puisse être définitivement tourné.
La commune d’Arbollé est située à 80 kilomètres au nord-ouest de Ouagadougou. La localité se trouve dans la province du Passoré, région du Yaadga. En rappel, le chef coutumier exerce son autorité sur 48 villages d’Arbollé.
Samirah Bationo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net




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