L’éventualité d’un retour de la peine de mort a été publiquement posée par le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), organe consultatif, à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux 2026 au couple présidentiel. Contexte national : recrudescence des enlèvements et des crimes violents.

L’idée est jetée à un moment où le drame le plus récent qui continue de bouleverser l’opinion publique est, renseignent des sources gabonaises, celui d’un adolescent de treize ans, enlevé puis sauvagement assassiné. Son corps sans vie est retrouvé dans une fosse septique, quatre jours après sa disparition (22 décembre 2025). Malgré l’appréhension des présumés auteurs, qui se trouvent entre les mains de la justice, l’émotion suscitée par ce crime attise le débat sur ce sujet de peine de mort, expliquent des médias gabonais.

Dans un tel contexte, la sortie du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) n’est pas sans enjeu, au regard de son rôle de conseiller de l’exécutif sur les grandes questions de la vie nationale.

« Ces attentes sont devenues pressantes, parce qu’elles ont longtemps été différées et négligées, au point que, s’agissant précisément de la sécurité des Gabonais, des voix de moins en moins discrètes appellent au retour de la peine de mort face à la recrudescence de l’affreuse gangrène des crimes crapuleux, face aux enlèvements et meurtres sauvages d’enfants », rapporte-t-on des propos du président du CESEC.

Interpellé sur le sujet, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, estime que la démarche envisagée par les plus hautes autorités de l’État ne saurait être décidée unilatéralement. « La question devra être tranchée par le peuple, à travers une consultation populaire », cite actu241. Pour le confrère, cette position du président de la République ouvre la voie à un débat national de fond, à la croisée des exigences de sécurité, des principes de justice et des engagements internationaux du Gabon en matière de droits humains.

D’ores et déjà, les commentaires sur la pertinence ou non de la peine de mort à dissuader face à la montée des crimes et actes barbares vont bon train.

Pour rappel, la peine de mort a été abolie au Gabon en 2010. A partir de cette date, la sanction maximale prévue par le droit pénal gabonais est la réclusion criminelle à perpétuité.

O.L.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net