Après les conseils de Urbain Meda, Sandaogo Kaboré, les conseils de Alban Somé ont pris la parole pour le défendre. Dans sa plaidoirie, Me Kaboré a retracé le parcours d’un magistrat qu’il présente comme brillant, rigoureux et dévoué au service public. Revenant sur ses performances professionnelles et les épreuves traversées depuis son interpellation, la défense a soutenu que les infractions poursuivies ne sont pas constituées. Elle a ainsi appelé le Tribunal à faire preuve de discernement.

C’est au travers d’une plaidoirie empreinte d’émotions que Me Kaboré a posé les bases de la défense de Alban Somé, magistrat qu’il dit connaître depuis plus d’une dizaine d’années. Brillant étudiant depuis l’université, c’est sans surprise qu’il sera admis au concours de la magistrature et intégrera le corps en 2014. Affecté à Ziniaré par la suite, l’homme, malgré son jeune âge, s’est distingué par sa rigueur et son professionnalisme. « Il a reçu une lettre de félicitations de la part du ministre en charge de la justice », a-t-il rappelé.

Après Ziniaré, il déposera ses valises à Ouagadougou où il a été nommé juge d’instruction. « Quand il est arrivé il y avait 518 dossiers », a laissé entendre son conseil. En une année, il en a évacué plus de 500. Là encore, la qualité de son travail recevra appréciation de la part du ministre en charge de la justice. Selon ses dires, son seul défaut, c’est de n’être pas capable de pouvoir vexer quelqu’un. Lorsqu’il sera contacté pour la défense de M.Somé, il dit s’être précipité sur les lieux.  » J’ai eu l’impression de voir des zombies et non des personnes physiques », a-t-il lâché.

En défendant son client, il fera observer que son client a passé des jours et des jours, sinon des mois, sans voir la lumière du soleil, sans savoir s’il fait jour où s’il fait nuit. Il évoquera aussi le fait qu’il ait été torturé au point d’oublier la procédure pénale, qu’il maîtrise pourtant très bien. Dans sa plaidoirie, il montrera que les quatres faits pour lesquels sont client est poursuivi, ne sont pas constitués. A sa suite, se succéderont ses collègues pour enfourcher la même trompette que lui. Me Saba relèvera que son client à peut-être commis une erreur : celle d’avoir voulu être serviable. Il plaidera la relaxe de son client tout en implorant la clémence du Tribunal.

« Alban Somé est venu devant vous tel qu’il est… Si dire la vérité vous revient à subir la furie du parquet et du Tribunal, ce n’est pas bien… Le procès est pédagogique… Ce n’est pas un lieu où il faut se faire abattre… Nous pardonnons à ceux qui nous ont pris durant 60 jours… Nous leur accordons notre pardon sans attendre qu’ils viennent demander pardon (à leur tour).. Si lui il est capable de faire ça, vous en tant que juge, vous ne pouvez le pardonner aussi », a-t-il plaidé, avant d’inviter le Tribunal à tenir compte des circonstances atténuantes, lorsqu’il sera en voie de délibération. L’audience reprend ce samedi 14 février 2026.

Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net