Depuis plusieurs années, le Burkina Faso fait face à des besoins humanitaires dus aux déplacements de populations, à une désorganisation des services sociaux de base et à une dégradation significative des moyens d’existence des ménages. Pour l’année 2026, 4 474 321 personnes vulnérables auront besoin d’une assistance vitale. Le coût global du Plan national de réponse humanitaire (PNRH) 2026 est estimé à 735,1 milliard de 825 700 FCFA, selon les données présentées ce mardi 17 février 2026, à l’hôtel de ville de Ouagadougou.

La rencontre d’orientation et de plaidoyer était organisée par le ministère de la Famille et de la solidarité, à travers le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), en collaboration avec le Bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Elle visait à mobiliser les partenaires autour du financement du PNRH 2026 et de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de relèvement.

Élaboré à l’issue d’un processus inclusif associant acteurs gouvernementaux et partenaires humanitaires, le plan cible précisément 4 474 321 personnes vulnérables, dont 2 236 069 membres des communautés hôtes ; 1 294 232 personnes déplacées internes (PDI) ; 902 042 personnes retournées et 41 979 réfugiés.

Le coordonnateur humanitaire par intérim au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo a annoncé l’engagement des partenaires humanitaires à assister 2,7 millions de personnes

Selon la présidente de la cérémonie, la ministre de la famille et de la solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, la situation reste préoccupante à plusieurs niveaux.

En matière de sécurité alimentaire, plus de 2,1 millions de personnes seront assistées sur le plan alimentaire et plus de 1,3 million d’enfants de moins de cinq ans seront pris en charge sur le plan nutritionnel.

Dans le secteur de la santé, plus de 2,1 millions de personnes auront besoin d’une assistance sanitaire en 2026.

Le domaine de l’éducation est également fortement impacté. 1 878 344 enfants sont affectés par la crise, ce qui compromet leur accès à une scolarité régulière.

En matière de protection, plus de 3,3 millions de personnes auront besoin d’un accompagnement spécifique.

« La mise en œuvre de ces priorités nécessite une mobilisation financière à la hauteur des défis, estimée à 735,1 milliard de FCFA. Cela appelle une mobilisation accrue, coordonnée et innovante des ressources. C’est dans cet esprit que se tient la présente rencontre. Elle vise à offrir un espace de dialogue, de plaidoyer et de mobilisation autour des besoins identifiés, afin de renforcer notre action collective. Au-delà des chiffres et des indicateurs, ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Chaque engagement, chaque contribution, chaque initiative peut faire la différence entre l’espoir et le désespoir. Nous attendons de cette rencontre une compréhension partagée et approfondie des enjeux humanitaires actuels et à venir ; la mobilisation d’engagements financiers en faveur du Plan 2026 ; le renforcement des appuis techniques, notamment en matière de coordination, de suivi-évaluation et d’innovation », a souligné la ministre en charge de la solidarité.

La ministre de la Famille et de la Solidarité, le La ministre en charge de la solidarité , le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a indiqué que la situation reste préoccupante à plusieurs niveaux

Le coordonnateur résident du système des nations unies et coordonnateur humanitaire par intérim au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo, a rappelé qu’en 2025, plus de 155 partenaires ont mobilisé 271,3 millions de dollars US, ce qui a permis d’assister 1,7 million de personnes. Pour 2026, les partenaires humanitaires s’engagent à mobiliser 658,5 millions de dollars US, soit environ 364,68 milliards de FCFA, afin d’apporter une assistance d’urgence à 2,7 millions de personnes, parmi lesquelles des déplacés internes, des communautés hôtes, des retournés et des réfugiés.

« Au nom de la communauté humanitaire, je souhaite saluer le leadership remarquable du gouvernement burkinabè dans la réponse aux besoins des personnes affectées par la crise. L’élaboration des référentiels et leur mise en œuvre témoignent d’une volonté politique forte et d’une vision stratégique claire. Pour nous, partenaires, ces instruments sont essentiels : ils nous permettent d’aligner nos interventions sur les priorités nationales et de garantir que l’aide atteigne en priorité les plus vulnérables. Les consultations techniques régulières entre le CONASUR, les coordonnateurs de clusters et le Bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) renforcent notre capacité collective à harmoniser nos actions. Les besoins sont immenses, mais nous savons que la solidarité nationale et internationale peut transformer les situations les plus critiques. Chaque contribution, chaque engagement financier, chaque partenariat est une pierre posée dans l’édifice de la dignité, de la résilience, de la paix et de la stabilité », a-t-il indiqué.

Pour 2026, les partenaires humanitaires s’engagent à mobiliser 364,68 milliards de FCFA

L’engagement des partenaires repose sur quatre axes, à savoir la localisation, en soutenant les structures nationales et locales ; la protection, pour garantir les droits fondamentaux des populations vulnérables ; l’action anticipatoire, afin de réduire l’impact des chocs ; sans oublier les solutions durables, pour renforcer la résilience et favoriser un relèvement pérenne.

Pour finir, il n’a pas manqué d’adresser un appel aux bailleurs de fonds et au secteur privé, pour transformer les promesses en actions concrètes ; aux structures et organisations nationales intervenant dans l’humanitaire, pour poursuivre la collaboration dans un esprit de responsabilité partagée ; et à la communauté internationale, pour investir dans l’avenir du Burkina Faso, car un pays résilient est un facteur de stabilité régionale.

Hanifa Koussoubé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net