La Cour d’appel de Ouagadougou a rendu, ce mardi 17 février 2026, son arrêt sur l’appel interjeté devant elle par l’avocate Ini Benjamine Esther Doli dans l’affaire qui l’oppose au ministère public et née de publications diffusées en fin août 2025 sur son profil Facebook, lesquelles ont été jugées susceptibles d’être caractérisées pénalement, selon le Parquet du Tribunal de grande instance Ouaga I.

Interpellée dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2025 par des hommes armés se présentant comme des gendarmes et dans des conditions dénoncées par le barreau comme violant les procédures en la matière, l’avocate Ini Benjamine Esther Doli est poursuivie pour « trahison », « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées ».

Un procès est ouvert devant le Tribunal de grande instance Ouaga I dans le cadre d’une procédure de flagrant crime et le jugement rendu le 20 novembre 2025. Au cours de ce procès, Me Doli est relaxée en ce qui concerne la « trahison », le procureur ayant estimé que cette infraction était non constituée. Jugée sur les deux autres infractions donc, « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées », l’avocate Ini Benjamine Esther Doli est condamnée à un an de prison ferme et à une amende de 1 000 000 FCFA ferme.

Elle interjette appel de cette décision au premier degré. L’affaire est appelée le 10 février 2026 devant la Cour d’appel de Ouagadougou, selon les confrères de kaceto.net qui ont précisé qu’à l’issue des débats, le parquet a requis la confirmation de la décision en première instance.

Au verdict ce mardi 17 février 2026, l’avocate Ini Benjamine Esther Doli s’est vue acquitter d’une autre charge, celle d’« entreprise de démoralisation des forces armées ». Cependant, l’infraction d’outrage au chef de l’État est maintenue.

Au finish, l’avocate écope de douze mois d’emprisonnement avec sursis et 1 000 000 FCFA ferme.

Pour mémoire, cette affaire est née de cette lettre ouverte adressée au président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, en fin août 2025 et publiée sur sa page Facebook. Dans ce message, l’avocate dénonçait les pratiques de « 3 États du Sahel » qui, selon elle, se réclament de l’influence russe tout en adoptant des comportements « en contradiction totale avec la respectabilité » associée à la figure du dirigeant russe. Elle y relevait notamment des dérives observées dans son propre pays, le Burkina Faso.

Défenseur des droits humains, Ini Benjamine Esther Doli a, entre autres, été procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, Commissaire du gouvernement du Tribunal administratif de Ouagadougou avant de rejoindre le barreau de l’Ordre des avocats du Burkina en 2024.

O.L.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net