Dans environ 8 mois, Ouahigouya, dans la région de Yaadga, va disposer d’une usine de stockage, de transformation et de commercialisation de la pomme de terre. Ce vendredi 27 février 2026, le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Serge Gnaniodem Poda a procédé à la pose de la première pierre de l’usine de la Société de conservation et de transformation des produits agricoles (SOCOTRA-SA).

Située sur l’axe Ouahigouya-Titao, l’usine de la SOCOTRA-SA devrait sortir de terre dans 8 mois. Bâtie sur une superficie de 3 hectares, elle va comprendre une unité de transformation agroalimentaire d’une capacité de production initiale de 350 tonnes par an de chips et de frites surgelées, une chambre froide d’une capacité de stockage et de conservation de produits crus de 5 000 tonnes par an destinées à la commercialisation. Dans la deuxième phase du projet, cette capacité passera à 10 000 tonnes par an. Le coût de réalisation de l’infrastructure est d’environ 3,5 milliards de FCFA.

L’entreprise en charge des travaux de construction a présenté les différentes compositions de l’infrastructure au ministre

Il faut noter qu’à terme, la SOCOTRA SA permettra la création de 400 emplois directs permanents et temporaires, en plus de milliers d’emplois indirects, pour les femmes et les jeunes de la région. L’usine vient répondre à une attente longtemps exprimée par les forces vives de la région de disposer d’une unité moderne de stockage, de conservation et de transformation des produits maraîchers.

Photo de famille

La SOCOTRA-SA, une lueur d’espoir pour les producteurs

La production maraîchère constitue un pilier important de l’économie locale de la région de Yaadga. Toutefois, les acteurs sont confrontés à des défis tels que le manque d’espaces de stockage qui les contraint souvent à brader leurs produits à vil prix, les pertes post-récolte ainsi que l’absence d’unité de transformation pour apporter une valeur ajoutée à leurs productions. En ce qui concerne particulièrement la pomme de terre, la région présente un fort potentiel de production. À titre illustratif, la commune de Ouahigouya est la première productrice de la pomme de terre au Burkina Faso et contribue à plus de 25 % de la production nationale. Aussi, au cours de la campagne sèche 2024-2025, la région de Yaadga a enregistré une production de 25 000 tonnes de pommes de terre, soit 80% de la production nationale.

Selon le ministre du commerce, Serge Gnaniodem Poda, cette usine s’inscrit dans la vision du gouvernement en matière de transformation locale des produits agricoles

Malgré ce potentiel, la filière pomme de terre connaît de nombreuses difficultés liées à la conservation et à la transformation. L’érection de l’usine de la SOCOTRA-SA devrait donc contribuer à résoudre durablement ces difficultés.

À en croire le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le projet de construction de cette usine s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement en matière de transformation locale des produits agricoles et de réduction de la dépendance aux importations. « Avec la construction de cette chambre froide qui sera la plus grande du pays, nous aurons une infrastructure qui contribuera résolument à booster le secteur de la pomme de terre et permettra aux producteurs qui s’y investissent d’avoir réellement des débouchés puisque la transformation industrielle va aussi y figurer », a-t-il ajouté. Il a invité l’entreprise en charge des travaux, au respect strict des délais ainsi qu’à un travail de qualité afin de livrer une infrastructure répondant aux normes.

Seydou Tou, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina

L’initiative de la SOCOTRA-SA est portée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-BF) en collaboration avec le ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat. Pour le directeur général de la CCI-BF, Seydou Tou, la Chambre de commerce s’est investie dans ce projet, afin de trouver une alternative aux défis rencontrés par les acteurs évoluant dans la production de la pomme de terre, défis qui impactent leurs revenus. Les acteurs économiques de la région et ceux nationaux se sont donc mobilisés afin que cette unité de conservation et de transformation soit une réalité.

Armelle Ouédraogo

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Source: LeFaso.net