À l’occasion du jeûne musulman et du carême chrétien, une rupture collective a réuni, ce vendredi 6 mars 2026 à Ouagadougou, des fidèles de différentes confessions religieuses. Initiée par Moumouni Koudougou, président de l’association burkinabè « Zéro goutte de sang sur la route », l’activité visait à promouvoir la paix, la tolérance et la cohésion sociale entre les Burkinabè.

La Place de la nation de Ouagadougou a accueilli la 4e édition de la rupture collective chrétiens-musulmans. L’événement a mobilisé plusieurs milliers de fidèles venus partager un moment de fraternité autour des valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble.

Organisée par Moumouni Koudougou, président de l’association « Zéro goutte de sang sur la route », cette initiative rassemble chaque année des fidèles musulmans, catholiques, protestants, évangéliques ainsi que des représentants des autorités coutumières. L’objectif est de renforcer le dialogue entre les communautés religieuses et de promouvoir la cohésion sociale dans un contexte national marqué par de nombreux défis sécuritaires.

Représentant le ministre en charge de la Sécurité, patron de l’événement, Barké Ibrahima Tall, chargé de mission, a salué l’engagement des initiateurs de cette activité. Il a indiqué que ce type d’initiative contribue à renforcer l’unité nationale.

Selon lui, le Burkina Faso se construit grâce à l’engagement de toutes ses composantes sociales. « En rassemblant les différentes religions sur cette place symbolique qu’est la Place de la nation, le Burkina Faso grandit chaque jour par l’œuvre de ses filles et de ses fils », a-t-il déclaré, tout en félicitant les organisateurs pour la tenue régulière de cette activité.

Moumouni Koudougou, promoteur de l’initiative et président de l’association « Zéro goutte de sang sur la route », a appelé au respect mutuel entre les confessions religieuses.

Au nom de la commune de Ouagadougou, la 4e vice-présidente de la délégation spéciale, Sidonie Dao/Ouédraogo, a exprimé la gratitude de la municipalité aux initiateurs de cette rencontre. Elle a salué l’engagement des jeunes qui ont œuvré pour la réussite de l’événement.

« Quand nous regardons ce beau monde réuni ici ce soir, c’est une joie et un honneur. La commune de Ouagadougou vous dit merci d’avoir fait confiance à ces jeunes qui ont mouillé le maillot pour que cette rupture collective soit une réalité », a-t-elle salué.

Placer l’identité nationale au-dessus des appartenances religieuses

Pour le promoteur de l’événement et président de l’association « Zéro goutte de sang sur la route », Moumouni Koudougou, cette rencontre vise avant tout à rappeler que les différences religieuses ne doivent pas constituer un facteur de division.

Il a expliqué que le comité d’organisation lui-même reflète la diversité religieuse du pays, avec la participation de musulmans, de chrétiens et de représentants des traditions coutumières. « L’objectif est que chacun comprenne que l’autre n’est pas son ennemi, mais son frère », a-t-il affirmé.

Selon lui, le respect de la foi de l’autre est essentiel pour préserver la cohésion sociale. Il a également insisté sur l’importance de placer l’identité nationale au-dessus des appartenances religieuses. « Ce qui nous unit avant tout, c’est notre nationalité burkinabè. C’est cette identité commune qui doit nous permettre de construire notre pays », a-t-il souligné.

Des fidèles musulmans et chrétiens réunis à la Place de la nation de Ouagadougou pour la 4e édition de la rupture collective interreligieuse.

Parmi les participants, Hamed Cissé, promoteur d’événements et étudiant en marketing et communication, a estimé que cette activité constitue un exemple concret de promotion du vivre-ensemble. Selon lui, dans le contexte actuel du pays, ce type d’initiative contribue à renforcer la solidarité entre les populations et à rappeler que les Burkinabè partagent les mêmes valeurs malgré leurs différences religieuses.

Au-delà du repas partagé, cette rupture collective se veut un symbole fort du vivre-ensemble au Burkina Faso. Les organisateurs espèrent que cette initiative continuera de rassembler davantage de citoyens autour des valeurs de paix, de tolérance et de fraternité.

Anita Mireille Zongo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net