
Chaque 12 mars est, et ce, depuis deux décennies maintenant, décrété Journée mondiale du rein. Dans le message qu’il a adressé à l’occasion de l’édition de 2026, placée sur le thème : « La santé rénale pour tous : prendre soin des personnes, protéger la planète », le ministre de la santé, Dr Robert Kargougou a mis en relief des données qui interpellent.
L’insuffisance rénale chronique est un problème de santé publique au niveau mondial, et selon l’OMS, un adulte sur dix souffre d’une affection rénale ; ce qui équivaut à près de 850 millions de personnes dans le monde, rappelle le ministre dans son message.
Parmi elles, poursuit-il, environ 674 millions de personnes vivent avec une maladie rénale chronique, soit 9% de la population mondiale. Les maladies rénales occupaient la 17è cause de décès en 1990, la 10è en 2019, et si rien n’est fait, elles pourraient devenir la 5è cause de décès dans le monde en 2050.
« Au Burkina Faso, en 2023, on estimait à 2,5 millions le nombre de personnes atteintes de maladie rénale chronique, dont la plupart ignorent encore leur état. Dans de nombreux cas, le diagnostic intervient à un stade avancé, lorsque la dialyse devient nécessaire.
En milieu hospitalier, plus du tiers des patients sont en phase terminale, avec l’hémodialyse comme seule alternative thérapeutique disponible. En 2024, l’insuffisance rénale chronique a été responsable de 1301 décès, représentant la 8e cause de mortalité dans notre pays », peut-on retenir du message du ministre Kargougou.
Selon le ministre de la santé, les tendances sont préoccupantes et les principales causes de l’insuffisance rénale chronique sont le diabète et l’hypertension artérielle. « On estime qu’environ 30 à 40% des personnes atteintes de diabète développent une maladie rénale chronique.
L’hypertension constitue quant à elle la 2è cause d’insuffisance rénale chronique dans le monde après le diabète. Ces deux maladies provoquent des lésions des petites artères et des glomérules rénaux, entraînant une altération progressive de la fonction rénale. Au Burkina Faso, les enquêtes nationales sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles (STEPS) montrent une progression préoccupante de ces pathologies. Entre 2013 et 2021, la prévalence de l’hypertension artérielle est passée de 17,6 à 18,2%, tandis que celle du diabète est passée de 4,9 à 7,6%.
Un diagnostic précoce et un contrôle rigoureux de ces maladies sont essentiels pour ralentir l’évolution vers les maladies rénales chroniques », fait ressortir le ministre avant de s’attarder sur les multiples actions engagées ces dernières années par le gouvernement pour améliorer l’accessibilité financière aux soins y relatifs, notamment la décision en mars 2024, de réduire significativement le coût de la dialyse dans les hôpitaux publics (une séance de dialyse est passée de 15 000 FCFA à 2 500 FCFA et la caution de 500 000 FCFA auparavant exigée pour accéder à la dialyse a été supprimée).
Le ministre Kargougou dit cependant, au regard de l’ampleur de la maladie rénale et des conséquences socio-démographiques au Burkina, appeler à la prévention, qui reste la meilleure arme contre la maladie rénale chronique et l’insuffisance rénale.
Il invite donc l’ensemble de la population, en particulier les adultes, à contrôler régulièrement leur tension artérielle et leur glycémie, au moins une fois par an.
La prévention de la maladie rénale chronique et de l’insuffisance rénale passe aussi par, énumère le ministre, la lutte contre l’automédication et les médicaments de la rue ; l’adoption d’un mode de vie sain (pratique régulière d’une activité physique, alimentation équilibrée, modération de la consommation de sel, de sucre, de graisses et d’alcool, arrêt du tabac).
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
Commentaires récents