
Inoussa Dianda a soutenu publiquement ce mardi 17 mars 2026 à l’université Joseph Ki-Zerbo, sa thèse unique de doctorat en histoire, spécialité histoire économique et relations internationales. Son travail de recherche mené sous la houlette de Pr Yacouba Zerbo, a porté sur le thème « La coopération Union européenne-Burkina Faso dans le cadre des projets et programmes de 2000 à 2020 ». Ce travail dont la qualité a été reconnue par l’ensemble du jury, a été sanctionné par la mention très honorable.
Inoussa Dianda a fait le choix du présent thème de recherche pour diverses raisons. D’abord, parce que la coopération au développement est un thème à la fois historique et d’actualité et ensuite parce qu’il existe très peu d’écrits sur les projets et programmes de développement de l’UE au Burkina Faso dans le département d’histoire de l’université Joseph Ki-Zerbo. Le candidat a donc approfondi son étude, débutée antérieurement à l’occasion de son mémoire de master.
L’objectif de cette thèse de doctorat, qui a couvert la période de 2000 à 2020, était d’analyser les impacts des projets et programmes de l’UE sur le développement socioéconomique du Burkina au cours de la période indiquée. De façon spécifique, il s’agissait d’examiner les fondements et le cadre institutionnel de la coopération entre l’UE et le Burkina Faso, d’analyser les domaines d’intervention des programmes et projets de l’UE au Burkina Faso et de décrypter les forces et faiblesses de ces interventions.
Le candidat a relevé que sur la période 2000-2020, la coopération entre l’UE et le Burkina Faso a été régi par l’Accord de Cotonou, qui avait pour objectif principal de lutter contre la pauvreté au Burkina Faso, à travers plusieurs programmes. Son étude a permis de recenser 133 projets et programmes mis en œuvre par l’UE sur la période concernée. Mais faute de données, il n’a pu analyser que 104 projets et programmes. Ces 104 projets ont été financés à hauteur de 1 200 milliards de francs CFA.

Les secteurs ayant bénéficié de ces programmes sont le secteur du développement rural (301 milliards de FCFA pour 34 projets) composé de l’agriculture, de l’élevage, de la sécurité alimentaire et de l’environnement ; les secteurs structurants tels que les transports (534 milliards pour 32 projets), les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation ainsi que les secteurs transversaux (158 milliards pour 38 projets) comme la culture, la justice, l’État de droit, la bonne gouvernance et le secteur privé.
À l’analyse, le candidat note que l’ensemble des projets exécutés ont eu des effets positifs sur le développement socio-économique du Burkina. Il cite en exemple le projet PADEG qui dans le domaine de la justice a permis de construire 11 tribunaux de grandes instances et 10 maisons d’arrêt et de correction. Aussi, sur la période 2002 à 2008, le PADEG a financé la formation d’une centaine d’élèves à l’École nationale de magistrature.
Si les effets des programmes et projets sur le développement socioéconomique du Burkina sont indéniables, Inoussa Dianda relève cependant, un paradoxe. Dans les régions où l’on a enregistré une concentration des interventions de l’UE, il y a une situation de pauvreté visible, avec plus de 50% des populations en 2021 qui vivaient toujours sous le seuil de pauvreté. Par contre, les régions les moins bénéficiaires des interventions européennes sont les régions les moins pauvres du Burkina. Ce qui fait dire au candidat que la concentration des projets et programmes de l’UE dans une zone ne garantit pas systématiquement l’amélioration des conditions de vie. Il indique que l’impact des projets et programmes dépend du contexte spécifique, mais aussi des réalités locales. L’exemple du Burkina invite donc à une approche flexible, territorialisée, régionalisée, pour prendre en compte les spécificités de chaque région, afin de transformer la présence des projets et programmes en des résultats concrets et durables au profit des populations locales, a-t-il soutenu.
Le jury présidé par Pr Claude-Etienne Sissao, a jugé la thématique abordée par le candidat intéressante. Le travail présenté a aussi été apprécié pour sa qualité scientifique, la richesse de la documentation fournie ainsi que sa contribution à l’histoire de la coopération internationale. Pr Yacouba Zerbo, directeur de thèse, a salué le sérieux de l’impétrant ainsi que son abnégation qui lui ont permis de mener à bout ce travail scientifique. Tout en le félicitant pour l’effort de recherche documentaire, il a indiqué que ce travail de recherche permet au candidat de mieux connaître les différents volets de coopération qui animent les relations entre l’UE et le Burkina Faso et de comprendre l’éventail des domaines de coopération et leur spécificité afin de voir ceux qui sont importants et ceux qui le sont moins. Autre apport de cette thèse, l’analyse des résultats engrangés par les différentes parties dans le cadre de la coopération.
Inoussa Dianda a été élevé au grade de Docteur en histoire, avec la mention très honorable. Il a en perspective la poursuite de la recherche avec la rédaction d’un article scientifique sur les acteurs clés de la coopération entre l’UE et le Burkina.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net


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