
À Ouagadougou, une mobilisation citoyenne s’est tenue ce samedi 21 mars 2026, pour dénoncer la position du Parlement de l’Union européenne sur la situation au Niger. En effet, cette dernière réclame la libération de l’ex président Nigérien, Mohamed Bazoum. Les manifestants, par cette mobilisation, affichent leur soutien aux autorités de l’AES, qui rejettent toute ingérence extérieure dans les affaires internes des États membres.
Le parlement de l’Union européenne a récemment adopté une résolution critiquant la situation politique au Niger, notamment la détention de l’ancien président Mohamed Bazoum. Les députés européens ont évoqué des préoccupations liées aux droits humains et appelé à sa libération. Cette prise de position est perçue par plusieurs acteurs sahéliens comme une ingérence dans les affaires internes.
En réaction, les chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) ont publié un communiqué ferme. Ils y dénoncent une posture qu’ils jugent partiale et déconnectée des réalités locales. Les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger affirment leur attachement à la souveraineté nationale et rejettent toute tentative de pression extérieure.
« A travers cette résolution, ses initiateurs dévoilent leurs intentions réelles, à savoir le rétablissement d’un système créé et entretenu pour ne servir que les intérêts de l’ancienne puissance coloniale, au détriment des aspirations légitimes des populations du Sahel », lit-on du communiqué produit à cet effet, le 19 mars 2026, et signé par le président de la confédération des Etats du Sahel, capitaine Ibrahim Traoré.
« La Confédération AES n’a ni d’injonctions, ni de leçons de gouvernance à recevoir, particulièrement d’acteurs qui, plutot que de se faire les relais, voire la source de fausses informations, gagneraient à recentrer leurs efforts sur la gestion de leurs propres crises sociétales. La Confédération AES tient à souligner qu’une telle résolution, totalement en déphasage avec la nouvelle dynamique politique, économique et sociale enclenchée par les peuples de l’espace confédéral, ne saurait en aucun cas influencer sa marche », ajoute le communiqué.
À Ouagadougou, la veille citoyenne a mobilisé plusieurs centaines de personnes pour soutenir cette position. Rassemblés au rond-point des Nations-Unies, les manifestants, drapeaux en main, ont exprimé leur adhésion aux décisions des autorités de l’AES. Ils ont insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance politique et institutionnelle des États sahéliens face aux influences extérieures.
Les participants estiment que la résolution européenne ne tient pas compte du contexte sécuritaire et politique propre à la région. Pour eux, les décisions prises par les autorités nigériennes relèvent de la souveraineté nationale. Ils dénoncent ainsi une lecture qu’ils jugent biaisée de la situation par des instances internationales éloignées des réalités locales.
En définitive, cette mobilisation traduit une volonté affirmée de défendre l’autonomie décisionnelle des États de l’AES. Entre critiques européennes et réactions sahéliennes, le débat met en lumière des divergences profondes sur la gouvernance et les priorités politiques. Les populations mobilisées entendent ainsi réaffirmer leur soutien aux autorités dans un contexte régional sensible.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source : Page Facebook de l’AIB
Source: LeFaso.net
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