La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), à travers l’Académie internationale pour la gouvernance et le leadership économique (AIGLE), a organisé ce mardi 24 mars 2026 à Ouagadougou la cérémonie officielle de sortie des 5e, 6e et 7e promotions du programme de Certificat d’administrateur des sociétés et des entreprises (CAS-AIGLE).

Sur les 42 auditeurs inscrits au départ, 34 ont reçu leur certificat, après avoir satisfait à l’ensemble des exigences académiques et d’assiduité.

Au cours de leur parcours, les participants ont bénéficié d’un programme de formation d’environ 100 heures. Celui-ci a été dispensé sous forme de sessions intermittentes sur une période de six mois, ainsi qu’en formule intensive sur deux semaines. La formation comprenait également deux jours de simulation de sessions de conseil d’administration, permettant aux auditeurs de se confronter à des situations concrètes de prise de décision.

Le programme était structuré autour de plusieurs modules notamment la gouvernance d’entreprise, les rôles et responsabilités des administrateurs, la stratégie et la gestion des risques, la responsabilité sociétale et environnementale, ainsi que la lecture et l’analyse des états financiers. Les auditeurs ont également été formés au leadership, à l’éthique et à la déontologie liés à la fonction d’administrateur.

Au nom des promotions sortantes, Kossimo Josiane Kadidiatou Dignon aréaffirmé l’engagement des nouveaux certifiés à promouvoir une gouvernance responsable et adaptée aux réalités africaines

Selon le directeur de l’AIGLE, Dr Rodrigue Bayala, l’académie a organisé, au titre de l’année 2025, douze sessions de formation consacrées au programme de certification. Les sessions se sont tenues à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso pour les promotions 5 et 6, tandis que la 7e promotion a suivi une formation intensive à Accra, avant de compléter son parcours à Ouagadougou.

Il a également indiqué que les auditeurs ont exprimé un niveau élevé de satisfaction à l’issue de la formation, avec un score global de 83,60 %, dont 86,78 % pour le contenu des formations et 83,93 % pour l’appréciation des formateurs.

Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère en charge de l’industrie, Alassane Ouédraogo, a salué l’initiative de la Chambre de commerce et de l’AIGLE, qui contribue au renforcement des capacités des dirigeants et administrateurs d’entreprises. Il a également souligné que la réussite des ambitions économiques du Burkina Faso passe nécessairement par une gouvernance responsable, éthique et performante.

Sur les 42 auditeurs inscrits au départ, 34 ont reçu leur certificat

« La réalisation de l’ambition portée par la révolution progressiste populaire requiert des ressources humaines de qualité. Je voudrais saluer l’engagement de la Chambre de commerce et de l’industrie qui, à travers ses programmes de formation, apporte sa part contributive au renforcement des capacités des administrateurs de sociétés et de dirigeants d’entreprises. Chers impétrants, vous qui avez pris part à ce programme de certification, soyez fiers des compétences acquises qui donneront un nouveau départ à vos carrières respectives. Au regard de notre ambition de voir émerger des champions nationaux dans tous les secteurs d’activité économique, j’invite les chefs d’entreprises à s’intéresser à ce programme de formation », a déclaré le représentant du patron de la cérémonie.

Il a saisie l’occasion pour féliciter le comité de gestion de l’AIGLE et encouragé le monde des affaires à consommer sans modération les produits issus du programme de certification des administrateurs pour le bien de leur business et la prospérité du Burkina Faso.

Le président du comité de gestion de l’AIGLE, Tertius Zongo, a pour sa part félicité les nouveaux certifiés et les a invités à faire preuve de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions. Selon lui, la formation d’administrateurs compétents constitue une réponse aux défis liés notamment à la transmission des entreprises et à la pérennité du tissu économique national.

Une signature de convention a également eu lieu au cours de la cérémonie

« Assurer la continuité d’une entreprise suppose prévoyance et méthode. Ce n’est pas un évènement, c’est un processus qui se prépare. Elle suppose surtout une gouvernance vertueuse et cette gouvernance est ce qui transporte une initiative individuelle à une institution. Elle est ce qui permet à l’entreprise de résister aux épreuves. Elle est ce qui garantit que l’entreprise ne repose pas sur un homme, mais sur des principes. Et c’est tout le sens de l’action entreprise par l’AIGLE. En formant des administrateurs compétents, responsables, conscients de leurs missions, l’AIGLE contribue à l’émergence d’une génération de dirigeants qui sont mieux préparés à comprendre que créer une entreprise est un acte entrepreneurial. Mais la transmettre avec succès, c’est un acte de leadership. Et nous avons besoin de leaders dans ce pays », a-t-il déclaré.

Au nom des promotions sortantes par ailleurs directrice générale de BSIC Burkina, Kossimo Josiane Kadidiatou Dignon a salué la qualité de la formation reçue et réaffirmé l’engagement des nouveaux certifiés à promouvoir une gouvernance responsable et adaptée aux réalités africaines.

« Aujourd’hui, nous ne recevons pas simplement un certificat, nous recevons un mandat, celui d’améliorer la gouvernance dans nos entreprises et dans notre pays. Être administrateur, ce n’est pas occuper un siège. C’est porter une vision et défendre l’intérêt de l’institution au-delà des intérêts individuel », a-t-elle affirmé.

Les nouveaux certifiés sont issus de diverses structures publiques et privées. On y dénombre notamment 20 administrateurs et dirigeants d’entreprises et 14 directeurs de service, provenant d’une vingtaine d’entreprises et d’institutions.

Plusieurs autorités ont pris part à cette rencontre

La cérémonie de remise des attestations a également été marquée par plusieurs panels, ainsi qu’une communication sur le thème : « Transmission d’entreprise : défis et clés de succès », animée par Dr Issaka Kargougou, expert en gouvernance des entreprises familiales.

Le communicateur principal a formulé cinq recommandations majeures pour améliorer la transmission des entreprises. Il a notamment appelé à renforcer les actions de sensibilisation afin de briser les tabous autour de la succession, à mieux intégrer la transmission des entreprises familiales dans les politiques publiques, à structurer un marché d’experts pour accompagner ces processus, à revoir la fiscalité liée à la transmission et à renforcer l’accompagnement ainsi que la protection des entreprises privées stratégiques par l’État.

Les panélistes ont réagi en mettant l’accent sur les conditions nécessaires à une transmission réussie. Le président de l’Ordre national des experts-comptables, Yacouba Traoré, a insisté sur l’importance de la qualité de l’information financière, tandis que le président de l’Ordre des notaires du Burkina Faso, Yacouba Dembélé, a souligné la nécessité de mécanismes juridiques solides, notamment la rédaction de pactes d’actionnaires.

De son côté, le secrétaire général de la Chambre de commerce du Niger,Abdourhamane Seyni, a partagé l’expérience de son pays en insistant sur l’importance d’une vision claire et d’une bonne gouvernance pour assurer la pérennité des entreprises. Enfin, des responsables de l’Institut marocain des administrateurs ont présenté leur expérience en matière de formation et de renforcement des compétences des administrateurs de sociétés.

Hanifa Koussoubé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net