Le Programme des nations unies pour le développement a tenu ce 31 mars 2026 la revue annuelle 2025 de son programme au Burkina. Cet exercice de concertation et d’évaluation a permis de présenter les résultats obtenus au cours de l’année écoulée, d’apprécier leur niveau d’alignement avec les priorités nationales et de dégager les perspectives pour 2026, dans un contexte toujours marqué par les défis sécuritaires, climatiques et socioéconomiques.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par Larba Issa Kobyagda, Directeur général de l’économie et de la planification (DGEP), qui a salué la continuité du partenariat entre le gouvernement burkinabè et le PNUD. Pour lui, la revue annuelle constitue une étape importante pour apprécier la portée réelle des actions conduites sur le terrain et leur contribution aux ambitions nationales.

« Je voudrais saluer la bonne collaboration qui existe entre le Programme des nations unies pour le développement et le gouvernement du Burkina Faso et cette étape qui constitue la revue 2025. Nous pouvons affirmer que le programme qui a été mis en œuvre dans le cadre de cette coopération s’inscrit en droite ligne des priorités nationales », a-t-il déclaré. Le DGEP a rappelé que les orientations stratégiques de cette coopération avaient déjà été consolidées lors d’un atelier stratégique organisé l’année précédente, afin de définir les actions à conduire en cohérence avec les instruments nationaux de développement. Selon lui, les réalisations de 2025 participent directement à la mise en œuvre du plan d’action pour la stabilisation et le développement, cadre de référence des ambitions gouvernementales. « Les actions qui ont été réalisées participent effectivement à la réalisation de ce plan qui gouverne les ambitions du gouvernement en matière d’atteinte des ODD, mais également du développement économique et social au niveau du Burkina Faso », a-t-il souligné. Dans cette perspective, il a insisté sur la volonté du gouvernement de poursuivre cette coopération dans un climat de confiance, avec des résultats perceptibles pour les populations.

Le représentant résident a.i indique qu’en 2025, 5 179 emplois verts ont été créés, 238 hectares sont désormais gérés durablement, des milliers de femmes et de jeunes ont accédé à des opportunités économiques, des mécanismes de justice, de gouvernance et de cohésion sociale ont été renforcés.

Au nom du PNUD, le représentant résident a.i., Eloi Kouadio IV, a mis en avant trois niveaux de satisfaction qui, selon lui, caractérisent l’exercice 2025. Le premier niveau concerne l’alignement des interventions avec les priorités publiques. « Dans le cadre de la coopération que nous avons avec le gouvernement, en termes d’alignement programmatique, nous sommes sur les mêmes axes d’intervention. Donc, c’est un premier niveau de satisfaction », a-t-il indiqué. Le second motif de satisfaction réside dans l’appropriation communautaire des interventions déployées. Le responsable du PNUD a rappelé que les programmes ont touché 121 communes du pays, à travers une mobilisation d’acteurs déconcentrés, décentralisés et communautaires. « C’est des mobilisations d’acteurs à travers les entités nationales déconcentrées et décentralisées qui permettent donc d’avoir cette action au cœur des populations », a-t-il précisé. Le troisième niveau de satisfaction porte sur la confiance renouvelée des partenaires financiers malgré le contexte difficile dans la région du Sahel central. « Malgré le contexte national difficile dans la zone du Sahel central, nous avons encore des partenaires qui croient en ce pays, qui croient en nous, en nos interventions », a affirmé Eloi Kouadio IV.

Cette mobilisation des ressources a permis, selon lui, de soutenir plusieurs secteurs prioritaires. Il a indiqué qu’en matière de gouvernance, environ 137 millions de dollars ont été investis. Les actions liées à la résilience, à l’autonomisation des femmes et des jeunes ont mobilisé plus de 36 millions de dollars, tandis que les interventions dans les domaines de l’environnement et de l’énergie ont bénéficié d’environ 37 millions de dollars.

“Le Burkina Faso reste pleinement engagé dans un partenariat fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et l’alignement sur les priorités nationales” a déclaré le Directeur général de l’économie et de la planification (DGEP), Dr Larba Issa Kobyagda

Des résultats concrets au niveau des bénéficiaires

Le rapport annuel 2025 présenté au cours de la rencontre montre que plus de 2,3 millions de personnes ont bénéficié directement des interventions du PNUD sur l’ensemble du territoire national. Parmi les résultats majeurs figurent également la création de 5 179 emplois verts, l’aménagement durable de 238 hectares de terres productives et l’appui à plus de 350 structures communautaires, institutions locales, coopératives, centres de santé et écoles.

Dans le domaine de la gouvernance inclusive, plus de 34 000 femmes et jeunes vivant dans des zones à défis sécuritaires ont obtenu des documents d’état civil, tandis que 5 468 personnes, dont des élèves en classes d’examen et des personnes déplacées internes, ont pu accéder à des documents d’identité. Treize audiences civiles et correctionnelles ont aussi été organisées au profit de plus de 1 400 justiciables, facilitant l’accès à la justice dans plusieurs localités.

Le PNUD souligne également qu’en matière de paix et de cohésion sociale, plus de cinq millions de personnes ont été sensibilisées à travers des campagnes portant sur la paix, les droits humains, la prévention des conflits et la lutte contre les discours de haine. Des mécanismes communautaires de prévention des conflits ont été renforcés dans plusieurs zones sensibles du pays. Sur le volet économique, les actions ont particulièrement ciblé les femmes et les jeunes, avec plus de 2 000 bénéficiaires ayant accédé à des opportunités économiques directes. Le rapport mentionne aussi que 62 % des bénéficiaires directs des interventions sont des femmes, et qu’une proportion importante concerne les personnes déplacées internes.

Rihanatou Kaboré est bénéficiaire de l’appui du PNUD

Parmi les bénéficiaires invités à partager leur expérience figure Rihanatou Kaboré, promotrice de l’entreprise ZIKE Flore, qui a expliqué l’impact concret de l’accompagnement reçu dans le domaine du numérique. « L’accompagnement se fait notamment dans le domaine du digital. Nous avons été formés sur l’impact et l’importance du digital pour les entreprises d’aujourd’hui. Cet accompagnement nous a permis vraiment de passer à l’échelle », a-t-elle témoigné. Selon elle, les effets sont mesurables car son entreprise a pu accroître son chiffre d’affaires de plus de 30 % comparativement à l’année N-1 avec une dizaine d’emplois et une cinquantaine d’emplois indirects. Elle estime que ce type d’accompagnement répond à un besoin réel pour les petites et moyennes unités de production. « C’est réellement ce dont nous avons besoin pour pouvoir passer à l’échelle et nous exporter vraiment », a-t-elle ajouté.

Pour 2026, le PNUD entend poursuivre ses interventions dans une logique de continuité, avec un alignement annoncé sur le plan Relance adopté récemment par le gouvernement. Eloi Kouadio IV a indiqué que les perspectives portent sur le renforcement des approches intégrées dans les zones de retour, l’extension des innovations testées, la consolidation de l’accès aux droits et l’ouverture accrue vers le secteur privé.

Farida Thiombiano

Lefaso.net

Source: LeFaso.net