
Dans la matinée de ce mardi 31 mars 2026, West African Science Service Centre on Climate Change and Adapted Land Use (WASCAL), a organisé un atelier de restitution des résultats du projet BIO2H-Burkina à Ouagadougou. L’atelier a réuni des représentants d’institutions publiques, des structures techniques, des universités, des centres de recherche, des acteurs du secteur de la bioénergie, des partenaires techniques ainsi que des experts nationaux et internationaux. La cérémonie d’ouverture a connu la présence du ministre chargé de l’énergie Yacouba Zabré Gouba.
BIO2-H Burkina est un projet visant à mieux documenter les ressources bioénergétiques au Burkina Faso. C’est ce qui donne tout son sens à l’objectif principal que poursuit cet atelier, celui de présenter le rapport de synthèse issu de ces travaux, de recueillir les observations susceptibles d’éclairer les réflexions nationales sur la bioénergie et ses perspectives de développement. En plus de cela, il sera question de la restitution scientifique. Il s’agit d’ouvrir un cadre de dialogue autour de solutions énergétiques fondées sur les réalités, les ressources et les priorités du Burkina Faso.
L’étude a porté sur la collecte et l’analyse des données, les dimensions socioéconomiques et environnementales, ainsi que sur l’évaluation de production d’hydrogène vert à différentes échelles.
Bruno Korgo, coordonnateur du projet a fait comprendre que ce projet est le fruit d’une recherche approfondie sur le potentiel de biomasse existante dans les pays en fonction des différentes zones climatiques. Pour lui, il ressort des investigations menées que la biomasse, bien qu’elle soit une importante source énergétique, demeure très peu valorisée. Une réalité partagée avec les autres pays de la sous-région. Ainsi pour tirer l’essentiel de cette ressource, une étude a été menée dans les différentes zones, toute chose pouvant contribuer à la valorisation et à un usage utile de la biomasse.
« Les zones sahéliennes, soudaniennes ont fait l’objet d’une étude approfondie pour déterminer le potentiel réel de la biomasse afin de valoriser de manière réelle les besoins énergétiques du Burkina Faso mais aussi le potentiel que cela présente à pouvoir produire de l’hydrogène vert, un puissant vecteur énergétique et de relever les applications pertinentes dans le contexte socioéconomique de notre pays », a-t-il expliqué.

L’atelier de restitution a aussi été le lieu pour le professeur Emmanuel Ramdé, de remettre au ministre chargé de l’énergie, le document de synthèse intitulé « Évaluation sectorielle de la production de l’hydrogène vert à partir de la bioénergie au Burkina Faso ».
Selon le ministre Yacouba Zabré Gouba, ce projet constitue une double opportunité. Notamment scientifique et technique. En plus de cela, il s’intéresse à des questions essentielles pour l’avenir énergétique telles que les ressources et technologies de bioénergie, l’utilisation des biodigesteurs, ainsi que le potentiel de production d’hydrogène vert à différentes échelles au Burkina Faso.

« La question énergétique est indissociable de la question du développement. Elle touche à notre industrie, qui a besoin d’une énergie fiable et compétitive. Elle touche à notre agriculture, qui doit pouvoir s’appuyer sur des solutions modernes, productives et durables. Elle touche à notre transport, qui devra, lui aussi, évoluer dans le sens d’une plus grande efficacité énergétique. Elle touche enfin, et surtout, à la vie quotidienne de nos populations, qui attendent de nous, les gouvernants, des réponses concrètes et durables. C’est pourquoi la question de la bioénergie doit être appréhendée avec rigueur », s’est-il exprimé.
Le projet BIO2-H a été mis en œuvre depuis janvier 2024 avec l’appui financier du ministère fédéral allemand de la Recherche, des technologies et de l’espace (BMFTR). Ainsi, Kerstin Annassi, représentante du BMFTR salue l’engagement de WASCAL pour son leadership dans le pilotage de ce projet. Elle renouvelle aussi l’engagement de l’Allemagne à soutenir les initiatives qui contribuent à la progression de la recherche appliquée. Mais aussi celles qui favorisent l’innovation, renforcent les capacités et promeuvent une élaboration des politiques fondée sur la science.
Pour le professeur Emmanuel Ramdé, directeur exécutif de WASCAL, l’un des principaux atouts de ce projet est son caractère participatif ainsi que l’ancrage national de sa démarche. Pour lui, cette méthode a permis de rassembler des données, de croiser les analyses et d’aboutir à une lecture plus complète des réalités liées à la bioénergie au Burkina Faso.
Par ailleurs, il souligne que ce rendez-vous intervient comme un temps fort pour WASCAL car il est le lieu de l’examen critique et de la construction collective. Il formule le vœu que les échanges issus de cet atelier soient riches et constructifs, mais dégagent aussi des recommandations pertinentes pour le Burkina Faso.
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net



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