La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a présidé la cérémonie de clôture de la formation de 36 artisans réparateurs de pompes à motricité humaine, ce samedi 4 avril 2026, dans la ville de Réo. Initiée par l’ONG Eau vive internationale (EVI), du 24 mars au 3 avril 2026, avec l’appui financier de « Charity : Water”, cette formation a été dispensée par le Centre de formation aux métiers de l’eau (CEFORME). La cérémonie, riche en symboles et en engagements, s’est tenue en présence notamment du président de la délégation spéciale de Réo, Sindi Issaka Zagré, et du président exécutif de Eau vive internationale, Jean Bosco Bazié. Plusieurs autorités administratives et acteurs du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement ont également pris part à l’événement.

Face aux pannes fréquentes des pompes à motricité humaine en milieu rural, l’absence de compétences locales en maintenance compromet durablement l’accès des populations à l’eau potable. Dans ce contexte, l’initiative de Eau vive internationale se révèle essentielle, en dotant les communautés de savoir-faire techniques capables d’assurer la continuité et la pérennité des services d’eau.

Selon le formateur Baya Gustave Bado, cette session a permis aux participants d’acquérir des compétences essentielles en matière de maintenance des pompes à motricité humaine. Les apprenants ont été outillés sur la définition et les différentes étapes du diagnostic, ainsi que sur l’identification des pannes courantes et les techniques de maintenance préventive. La formation a également accordé une place importante à l’entretien général des équipements, avec un travail approfondi sur les supports pédagogiques.

« À travers des exercices pratiques et des études de cas, les participants ont pu illustrer leurs acquis par des exemples concrets », Balibié Théodore Bado, formateur des artisans réparateurs de pompes à motricité humaine

Une approche qu’ils ont particulièrement appréciée et qui a renforcé leur compréhension.

Au nom des bénéficiaires, Rasmané P. Compaoré a exprimé sa profonde gratitude envers les organisateurs et les partenaires de la formation. Il a salué la qualité des enseignements reçus, qui ont permis aux participants de renforcer significativement leurs compétences techniques en matière de diagnostic, de réparation et d’entretien des pompes à motricité humaine. S’engageant au nom de ses pairs, il a assuré que les acquis de cette session seront mis en pratique sur le terrain afin d’améliorer la fonctionnalité des ouvrages hydrauliques et de contribuer durablement à l’accès à l’eau potable dans les communautés rurales.

« Nous souhaitons que cette formation se poursuive au profit de notre jeunesse qui représente l’avenir du pays », Rasmané P. Compaoré, représentant des bénéficiaires

La haut-commissaire de la province du Sanguié, Talari Germaine Ouoba, a exprimé sa satisfaction quant à l’aboutissement de la formation des artisans réparateurs des ouvrages d’approvisionnement en eau potable. Elle a salué l’initiative de Eau vive internationale, menée en partenariat avec le Centre de formation aux métiers de l’eau, soulignant l’importance d’un tel programme dans le renforcement des capacités locales au service des communautés rurales.

S’adressant aux apprenants, elle a rappelé que durant douze jours, ceux-ci ont bénéficié d’une formation intensive combinant enseignements théoriques et exercices pratiques, adaptée aux exigences du terrain. Elle s’est particulièrement réjouie de leur assiduité et de leur engagement tout au long des sessions, notant avec satisfaction leur attention et leur implication dans les différents modules. Pour elle, ces acquis constituent une réponse concrète aux besoins actuels en matière de maintenance des infrastructures hydrauliques et un atout majeur pour améliorer durablement l’accès à l’eau potable.

« Votre rôle est désormais essentiel pour assurer la continuité du service en eau potable », Talari Germaine Ouoba, haut-commissaire de la province du Sanguié, s’adressant aux impétrants

Pour sa part, le président de la délégation spéciale de Réo, Issaka Sindi Zagré, a exprimé sa satisfaction d’accueillir cette session de formation dédiée aux artisans réparateurs des ouvrages d’approvisionnement en eau potable. Il a salué le choix porté sur la commune de Réo pour abriter cette initiative, qui a permis aux apprenants de renforcer leurs compétences. Selon lui, cette formation s’inscrit pleinement dans la dynamique de développement des compétences locales, essentielle pour assurer une meilleure gestion des infrastructures hydrauliques.

Par ailleurs, il a souligné les défis auxquels font face les collectivités territoriales en matière de fonctionnement des ouvrages d’eau potable, souvent perturbés par des pannes techniques affectant directement les populations. Dans ce contexte, il a insisté sur l’importance de disposer d’artisans qualifiés, organisés et disponibles pour garantir des interventions rapides et efficaces. Il a, à cet effet, félicité l’initiative de Eau vive internationale et la qualité de la formation dispensée, tout en exhortant les artisans à faire preuve de professionnalisme, de sens du service et de collaboration, afin de contribuer durablement à la gestion des ressources en eau dans les communautés.

« L’ONG Eau vive internationale et le CEFORME contribuent à doter nos territoires de ressources humaines compétentes, capables de répondre efficacement aux besoins des communautés », Issaka Sindi Zagré, président de la délégation spéciale de Réo

Dans son allocution, le directeur général du Centre de formation aux métiers de l’eau, Baya Gustave Bado, a exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite de cette formation. Il a notamment remercié Eau vive internationale pour la confiance placée en son institution, ainsi que les autorités locales pour leur accompagnement constant. À travers une métaphore évocatrice, il a rappelé que la qualité des résultats obtenus repose sur la solidité des appuis et des partenariats, soulignant ainsi l’importance de l’engagement collectif dans la mise en œuvre de telles initiatives.

Abordant le contenu de la formation, il a indiqué qu’elle s’est articulée autour de trois axes majeurs : le diagnostic des pannes, la réparation et l’entretien des forages, en vue d’assurer la durabilité des équipements et la continuité du service. Au-delà des compétences techniques, les apprenants ont également été formés à l’entrepreneuriat, afin de leur permettre de structurer et de valoriser leurs activités de manière viable et durable. Il a enfin félicité les participants pour leur assiduité, leur discipline et leur esprit d’apprentissage tout au long des 12 jours, gages, selon lui, d’une meilleure appropriation des acquis et d’un impact positif dans leurs communautés.

« Un artisan réparateur doit aussi savoir s’organiser, valoriser son savoir-faire et structurer son activité. Il doit être en mesure de développer une entreprise viable, durable et adaptée aux réalités du terrain », Baya Gustave Bado, directeur général du CEFORME

Le directeur programme pays de Eau vive internationale, Dieudonné Bationon, a rappelé que cette formation a été organisée à la suite d’une doléance exprimée par les bénéficiaires lors de la Journée mondiale de l’eau 2025 à Manga. Elle répond, présice-t-il, à un besoin crucial, celui de renforcer les compétences locales pour assurer la maintenance des équipements d’approvisionnement en eau potable.

« Chose promise, chose due », a-t-il déclaré, soulignant l’engagement de son organisation à traduire les attentes des communautés en actions concrètes. Cette session a ainsi permis de renforcer les capacités des artisans issus des provinces du Ganzourgou, du Sanguié et du Zoundwéogo.

En cette Journée mondiale de l’eau, le directeur programme pays de Eau vive internationale au Burkina Faso, Dieudonné Bationon, a rappelé que l’accès à une eau potable de qualité est un droit humain fondamental, tout en demeurant un défi majeur

Il a également souligné que, par leur engagement, les acteurs contribuent directement à améliorer cet accès et à renforcer la résilience des communautés.

La cérémonie de clôture de la formation a été marquée par la signature officielle d’un partenariat entre EVI et le CEFORME. Cet acte solennel vient renforcer la collaboration entre les deux structures dans leur engagement commun en faveur du développement des compétences locales et de l’amélioration durable de l’accès à l’eau potable. À travers cette signature, les deux partenaires réaffirment leur volonté de conjuguer leurs efforts pour accompagner les communautés et pérenniser les acquis des différentes formations dans le domaine de l’eau.

Par ailleurs, la cérémonie a été aussi ponctuée par la remise d’attestations de participation aux 36 impétrants, venant sanctionner avec succès les douze jours de formation intensive. Les bénéficiaires ont également reçu des équipements de protection individuelle, essentiels pour l’exercice sécurisé de leur métier sur le terrain. Ce geste symbolique traduit la reconnaissance des efforts fournis par les apprenants et constitue un appui concret pour leur mise en pratique des compétences acquises, tout en renforçant leur capacité à intervenir efficacement dans la réparation et l’entretien des pompes à motricité humaine au profit des communautés rurales.

Signature officielle de convention entre Eau vive internationale et le Centre de formation aux métiers de Réo ; et remise d’équipements de protection aux impétrants

Au-delà de la dimension technique, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau dont le thème de cette année s’intitule : « Eau et Genre ». Ce thème a été également mis en lumière, avec une forte présence féminine parmi les autorités, illustrant l’importance de l’inclusion dans les politiques de développement.

Il faut noter que la présente formation intervient dans le cadre des activités de lancement du projet “SANGANZOU BF666”, mis en oeuvre dans les provinces du Ganzourgou, du Zoundwéogo et du Sanguié. Elle est une suite de la rencontre entre EVI et les artisans réparateurs tenue le 22 mars 2025 à Manga ; et vise à renforcer les capacités techniques des maintenanciers locaux, afin d’assurer la pérennité des ouvrages d’eau potable dans ces localités rurales.

La cérémonie s’est déroulée dans une ambiance conviviale, rythmée par la prestation d’un artiste de la localité, qui a apporté une touche festive et chaleureuse à l’événement

C’est le 1er mars 2014 que la fédération Eau vive internationale (EVI) a été créée à Ouagadougou au Burkina Faso. Elle fédère les associations Eau vive Burkina Faso, Eau vive France, Eau vive Mali, Eau vive Niger, Eau vive Sénégal et Eau vive Togo. Organisation professionnelle dans la mise en œuvre des projets et programmes de développement, elle ambitionne de porter le changement au Sud comme au Nord pour contribuer à construire un monde où tous les Hommes auront les moyens de vivre dignement.

L’ONG s’impose comme un acteur majeur engagé pour l’accès durable à l’eau potable, à l’assainissement et à la gestion des ressources en eau en Afrique de l’Ouest. Plaçant les communautés au cœur de son action, elle œuvre à développer des infrastructures de proximité adaptées aux besoins locaux, tout en renforçant les capacités des populations. Une attention particulière est accordée à l’autonomisation des femmes, à travers leur formation et leur accompagnement dans les métiers techniques de l’eau. À travers ces actions, l’organisation promeut une gestion inclusive, équitable et durable de la ressource, contribuant ainsi à améliorer significativement les conditions de vie des populations.

Hamed Nanéma

Lefaso.net

Source: LeFaso.net