À l’occasion de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) 2026, les enfants occupent une place de choix dans la programmation. Fidèle à la tradition, cette biennale culturelle burkinabè n’oublie pas les plus jeunes, qui prennent part activement aux différentes activités artistiques et culturelles. Entre ateliers d’initiation, animations de plateau et visites de sites, la relève culturelle s’exprime avec enthousiasme. Le constat est fait par notre équipe de reporters dans l’après-midi de ce mercredi 29 avril 2026.

Il est un peu plus de 15 heures lorsque nous franchissons les portes de l’Espace rencontre jeunesse de Dafra. Dans la cour, une effervescence joyeuse attire immédiatement l’attention. Des dizaines d’enfants, visiblement heureux, courent dans tous les sens, rient, chantent et dansent. Sur leurs visages se lisent la joie et une insouciance propre à leur âge. « C’est la SNC et je suis venu jouer avec mes amis, je suis content. Le matin, nous avons appris le théâtre et c’était intéressant », confie le jeune Armel, tout souriant, interrogé sur sa présence sur le site.

Un peu plus loin, un autre groupe d’enfants s’exerce à quelques pas de danse. Ils attendent impatiemment le début des animations de l’après-midi. Pour eux aussi, la SNC représente bien plus qu’un simple divertissement. C’est une occasion d’apprentissage et de découverte. À travers des ateliers de conte, de danse, de musique ou encore de théâtre, ces jeunes participants plongent dans la richesse du patrimoine culturel burkinabè.

Les enfants au cœur de la fête culturelle

Croisé sur les lieux, Moussa Kafando, président de la commission spécifique enfants, explique l’organisation mise en place pour encadrer cette participation. Selon lui, trois grands types d’activités ont été conçus pour répondre aux attentes des enfants. « Le premier, ce sont les ateliers d’initiation aux arts. Nous avons mis en place 12 ateliers pour former les enfants à différentes disciplines artistiques, notamment la musique, la danse, le théâtre, le cirque ou encore le batik. Ces activités se déroulent tous les matins de 8 heures à 12 heures », précise-t-il.

L’après-midi est consacré au deuxième volet du programme, les animations artistiques. Sur des plateaux aménagés, les enfants assistent à des prestations culturelles et participent à diverses activités ludiques et éducatives. Une manière de prolonger l’expérience artistique dans une ambiance festive et conviviale. Le troisième type d’activité consiste en des sorties sur les différents sites de la SNC. « Nous emmenons les enfants à la Maison de la culture pour le Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL), au stade Wobi pour les sports traditionnels, à la foire, au village des communautés ou encore à l’espace littéraire de l’université Nazi Boni », détaille Moussa Kafando.

Moussa Kafando, président de la commission spécifique enfants, explique l’organisation mise en place pour encadrer la participation des enfants

Cette immersion permet aux enfants de découvrir toute la diversité des expressions culturelles du Burkina Faso. Elle contribue également à éveiller leur curiosité et à susciter des vocations artistiques. L’engouement autour de cette initiative est « particulièrement remarquable » cette année. Initialement, la commission avait prévu d’accueillir 1 000 enfants. Mais face à la forte demande, ce chiffre a été largement dépassé.

« Nous avons subi une pression énorme, aussi bien de la part des enfants que des parents. Aujourd’hui, nous sommes largement au-delà de 1 000 participants. Cela montre un réel intérêt pour la culture et pour ce type d’activités », se réjouit le président de la commission. Dans ce contexte, il lance un appel à l’endroit des familles. « Le spectacle de 16 heures est ouvert à tout le monde. Ce n’est pas uniquement destiné aux enfants inscrits. Tous ceux qui le souhaitent peuvent venir assister aux animations et découvrir les prestations des troupes de la poule jeune », insiste-t-il.

Les enfants fortement mobilisés pour leur participation à la SNC

Au-delà du divertissement, l’objectif de cette forte implication des enfants est de les faire participer pleinement à la fête culturelle nationale tout en leur transmettant les valeurs et les richesses du patrimoine burkinabè. À travers cette initiative, la SNC 2026 confirme son rôle de creuset de transmission culturelle intergénérationnelle.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net