
Le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture était face à la presse ce 4 octobre 2019 à Ouagadougou. Les travailleurs des médias publics sont toujours dans l’attente de propositions de sortie de crise. Le 2 octobre 2019, il était attendu du gouvernement « un projet ». Rien n’est venu et les travailleurs se disent plus que jamais déterminés. Ce fut également l’occasion pour le syndicat de dénoncer et déplorer la campagne de « désinformation et d’intoxication « de la part de leur ministre de tutelle, Remis Fulgance Dandjinou.
Depuis le mois de juin 2019, les travailleurs de Sidwaya, de la radio nationale, de Canal arc-en-ciel, de l’Agence d’informations du Burkina, de la télévision nationale travaillent comme tous les fonctionnaires. Les heures de travail sont « scrupuleusement » respectées.
« Les travailleurs ont décidé, chacun en ce qui le concerne, de respecter les horaires. Chacun est conscient de sa situation et prend la position qu’il estime à même de susciter à l’égard du gouvernement une décision pour changer ses conditions de vie et de travail », a expliqué le chargé à l’information du SYNATIC, Nadège Yé, comme pour dire que le mouvement n’a pas été décrété par le syndicat.
Les travailleurs veulent donc que l’autorité comprenne que les journalistes et techniciens font un travail particulier qui mérite par conséquent un traitement à la hauteur des efforts et sacrifices consentis. Le gouvernement a même pris des engagements, mais rechigne à les respecter, selon le syndicat.
« Au lieu de faire des propositions de sortie de crise, le gouvernement, à travers son porte-parole, s’est livré à une campagne de désinformation et d’intoxication de l’opinion publique », a dit le syndicat dans sa déclaration liminaire. Selon l’organisation syndicale, le ministre Dandjinou s’est étalé sur certaines options préconisées par le cabinet d’étude de la RTB en la généralisant aux éditions Sidwaya. « Il a également omis sciemment la recommandation de la commission mixte qui préconisait au gouvernement de faire la mutation avec l’ensemble du personnel et avec l’accompagnement de l’Etat ».
Cela, selon le SYNATIC, cela procède d’une campagne pour saborder la lutte des travailleurs, pour présenter les membres comme ceux qui bloquent les négociations, des « jusqu’au-boutistes ». Malgré tout, Siriki Dramé le secrétaire général du SYNATIC, et ses camarades disent n’avoir jamais rompu les fils du dialogue, bien au contraire. Seulement, les travailleurs n’entendent pas prendre pour argent comptant les propositions du gouvernement. « Nous sommes vigilants », précise Siriki Dramé.

Ils veulent que les engagements soient écrits. C’est la moindre des choses, clament-ils. « Les travailleurs ont exigé des engagements écrits de la part du gouvernement avec un chronogramme clair de mise en œuvre du nouveau statut proposé par la partie gouvernementale ». Le SYNACTIC après avoir expliqué la situation pose alors la question : en quoi la position des travailleurs peut être présentée comme un rejet en bloc de toutes les propositions, si l’autre partie est de bonne foi ?
En tout cas, le fonctionnement au ralenti constaté dans les médias de service public risque de perdurer. « Rien n’est clairement défini. On ne peut pas se contenter d’engagements oraux. Voilà pourquoi les travailleurs ont dit qu’ils vont continuer à se battre tant qu’il n’y aura pas quelque chose de concret. S’il y a un engagement écrit avec un chronogramme clair pour la mise en œuvre du nouveau statut, nous sommes partants », promettent les conférenciers qui précisent que ce n’est pas de gaieté de cœur que les travailleurs vont en lutte. Mais c’est le gouvernement qui ne veut pas jouer franc-jeu.
Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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