
Les rideaux sont tombés sur les 5ᵉˢ Journées des sciences de la santé, au terme de plusieurs jours d’intenses échanges scientifiques et de réflexions prospectives sur l’avenir des systèmes de soins, le vendredi 9 janvier 2026, à Ouagadougou. La cérémonie de clôture s’est tenue en présence du représentant du patron de l’événement, le Pr Balé Bayala, du parrain de la 5ᵉ édition des Journées des sciences de la santé, le général Pr Tinga Robert Guiguemdé, et du président du comité d’organisation, le Pr Tarcisius Konsem.
La 5ᵉ édition des Journées des sciences de la santé s’est tenue dans un contexte marqué par de profondes mutations sanitaires, scientifiques et sécuritaires, appelant à des réponses innovantes, adaptées et résilientes. Elle est intervenue à un moment où la quête de souveraineté sanitaire et la valorisation des savoirs endogènes s’imposent comme des priorités stratégiques pour le Burkina Faso et la sous-région.
Dans son intervention, le président du comité d’organisation, le Pr Tarcisius Konsem, a dressé un bilan jugé largement satisfaisant, saluant l’engagement des participants, la qualité des contributions scientifiques et la richesse des débats. Il a souligné que ces journées ont pleinement joué leur rôle de cadre fédérateur, réunissant chercheurs, enseignants, praticiens et décideurs autour de problématiques centrales pour l’amélioration de l’offre de soins.
Une centaine de communications, sous forme de présentations orales et de posters affichés, ont rythmé ces journées, auxquelles se sont ajoutées des conférences, panels et tables rondes de haut niveau. Cette diversité de formats a permis d’aborder, sous des angles complémentaires, les grands enjeux actuels de la santé, contribuant à nourrir des débats à la fois scientifiques, techniques et sociétaux.

Au cœur des discussions figurait notamment la question de l’intégration des soins traditionnels dans les soins conventionnels, dans une perspective d’amélioration globale de l’offre de soins. Les échanges ont permis d’explorer les conditions scientifiques, réglementaires et éthiques nécessaires à une telle intégration, en mettant l’accent sur la sécurité des patients, la validation des pratiques et la complémentarité des approches thérapeutiques.
Une reconnaissance méritée des acteurs de la santé
Moment fort de la cérémonie de clôture, plusieurs acteurs nationaux de la santé, ainsi que des participants venus de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Mali, ont été honorés pour leur engagement constant en faveur de l’amélioration de la qualité des soins.

La présidente du comité scientifique, le Pr Hermine Diawara, a pour sa part mis en exergue la rigueur scientifique ayant présidé à la sélection des travaux, gage de crédibilité et de pertinence des conclusions issues des échanges.
Des recommandations pour refonder l’offre de soins
Au terme des travaux, les participants ont formulé une série de recommandations fortes, traduisant la volonté collective de faire évoluer durablement les systèmes de santé. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer la mise en œuvre du cadre réglementaire encadrant la collaboration entre les praticiens de la médecine traditionnelle et les cliniciens, en particulier en matière de références, de contre-références et de transferts vers les structures de soins appropriées. L’implication des acteurs de la médecine traditionnelle dans le système national des formations sanitaires a également été préconisée, tout comme la création de cadres de collaboration entre les structures pharmaceutiques nationales et leurs homologues internationales, afin de favoriser l’innovation et la qualité des produits de santé.
Les échanges ont par ailleurs mis en lumière l’urgence de renforcer les liens entre les institutions de la médecine traditionnelle et les universités, dans le but de faciliter la validation scientifique des remèdes traditionnels. À ce titre, les participants ont appelé à un appui conséquent au Centre de médecine traditionnelle et de soins intégrés (CMTSI), afin de lui permettre de remplir pleinement sa mission de recherche, de valorisation et d’intégration des pratiques thérapeutiques endogènes.
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Ces recommandations s’inscrivent dans une vision plus large de refondation des soins de santé, fondée sur la décolonisation des savoirs, la confiance dans les capacités et les valeurs africaines, la collaboration effective entre les institutions de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que l’intégration, au sein de l’enseignement supérieur, de programmes dédiés à la pharmacopée et à la médecine traditionnelle africaine.

Vers une souveraineté sanitaire partagée
Il est ainsi ressorti des discussions que la quête de la souveraineté sanitaire ne saurait se concrétiser sans un partenariat équilibré et structuré entre le système de santé moderne et le système traditionnel. Les participants ont plaidé pour une mutualisation des efforts au sein de l’AES, tout en restant ouverts aux opportunités de coopération internationale, dans le respect des valeurs, des priorités et des intérêts des pays concernés.
Pour clore ces Cinquièmes Journées des sciences de la santé sur une note d’émulation scientifique, deux lauréats ont été distingués au titre des meilleures communications, l’une orale et l’autre affichée, consacrant l’excellence, la rigueur et l’engagement des chercheurs au service d’un système de santé plus inclusif, innovant et résolument tourné vers les populations.
En refermant officiellement les 5ᵉˢ Journées des sciences de la santé, les organisateurs ont exprimé le vœu que les réflexions, recommandations et collaborations nées de ces rencontres se traduisent en actions concrètes, au bénéfice des populations. Cette édition 2026 aura ainsi confirmé la vitalité de la communauté scientifique en santé et renforcé la conviction que la recherche, le dialogue interdisciplinaire et l’ouverture aux innovations constituent des leviers essentiels pour bâtir des systèmes de soins plus efficaces, plus inclusifs et mieux adaptés aux réalités africaines.

Présentation de l’UFR-SDS
Pour rappel, l’Unité de formation et de recherche en Sciences de la santé (UFR/SDS) de l’université Joseph Ki-Zerbo constitue la plus ancienne et la principale structure publique de formation universitaire en santé au Burkina Faso. Créée en 1981 sous l’appellation d’École supérieure des sciences de la santé (ESSSA), elle est devenue faculté des sciences de la santé en 1991, avant d’adopter son statut et sa dénomination actuels en 2001.
Forte de cette trajectoire institutionnelle, l’UFR/SDS s’est imposée comme un pilier stratégique du système national de santé, avec pour mission fondamentale de former des professionnels qualifiés – médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, techniciens supérieurs de santé – ainsi que des spécialistes médicaux et pharmaceutiques et de promouvoir une recherche scientifique utile au développement socio-économique du pays.
Initialement centrée sur la seule filière de médecine, l’UFR/SDS a connu une diversification progressive de son offre de formation afin de répondre aux besoins croissants et évolutifs du secteur de la santé. Cette dynamique s’est traduite par l’ouverture de la section pharmacie en 1989-1990, de la licence professionnelle en analyses biomédicales en 1998-1999, puis de la section chirurgie dentaire en 2010-2011.
À ces formations de base s’ajoutent aujourd’hui de nombreuses filières spécialisées, comprenant 26 diplômes d’études spécialisées (DES) et une vingtaine de masters couvrant l’ensemble des disciplines médicales, pharmaceutiques, biologiques et odontologiques. En 2025, l’UFR/SDS accueillait 4 217 étudiants en formation initiale, dont 2 745 en médecine, 1 157 en pharmacie, 158 en sciences et techniques biomédicales et 157 en chirurgie dentaire, confirmant ainsi son rôle central dans la formation des ressources humaines en santé au Burkina Faso.
Hamed Nanéma
Clémentine Koama (stagiaire)
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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