
Après avoir fait le récit du trafic de drogue dont elle était le bras opérationnel, le tribunal a donné la parole au ministère public pour ses réquisitions. Tout en revenant sur chacun des éléments qui caractérisent les infractions pour lesquelles dame Djenebou est poursuivie, le parquet a requis une peine d’emprisonnement de 11 ans dont 6 fermes, ainsi qu’une amende de 10 millions de francs CFA, dont 5 millions fermes.
En acceptant les avances de Jacob qui lui promettait le mariage, Djenebou ne s’imaginait peut-être pas qu’elle ferait partie de son entreprise de trafic de drogue. L’assistance de ce dernier dans ses moments difficiles, particulièrement pendant la maladie de sa mère, l’a convaincue que son soupirant, en l’associant à cette activité, n’avait que pour seule ambition de lui venir réellement en aide. C’est du moins ce qu’on retient grosso modo des faits relatés par la prévenue face au tribunal.
Le procureur dit comprendre, en écoutant ses propos, qu’elle a agi pour soulager la souffrance de sa mère, mais aussi pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, affirme-t-il, on ne peut pas la dédouaner des faits pour lesquels elle est poursuivie car elle savait pertinemment que cette activité était contraire aux lois. « On n’a pas besoin de dire à quelqu’un que la drogue c’est mauvais. Le transporter d’un pays à un autre, encore pire. Elle a reçu la contrepartie de la drogue et emmenait l’argent jusqu’en prison pour le remettre à son copain », a-t-il résumé.
Toutefois, il fera observer qu’au départ, la nature des faits reprochés à Djenebou laissait penser à une activité entrant dans le cadre du financement du terrorisme. « Mais, après investigation, on s’est rendu compte qu’elle n’avait aucun lien avec les terroristes », a-t-il précisé avant de poursuivre : « Les faits n’ont pas été contestés par la prévenue. Depuis le début de l’enquête, elle les a reconnus. À votre barre également, elle ne s’en est pas dédouanée. » Seulement, martèle-t-il : « Les faits sont graves. »
Ainsi, après avoir démontré que les infractions sont caractérisées dans leurs éléments légal, matériel et moral, il a requis à son encontre une peine d’emprisonnement de 11 ans dont 6 fermes, ainsi qu’une amende de 10 millions de francs CFA dont 5 millions de francs CFA fermes. Quand on lui a donné la parole en lui rappelant ce qu’a requis le procureur, c’est à genoux et en larmes que la prévenue implorera la clémence du tribunal, reconnaissant une fois de plus la gravité de ces faits.
« Dieu a dit de dire la vérité. J’ai dit la vérité. Je reconnais que ce que j’ai fait n’est pas bien. Je demande sincèrement pardon. C’est la situation de ma famille qui m’a mis dans ces problèmes. Il y avait aussi la santé de ma mère. Comme mon père est décédé, c’est moi qui m’occupais de la famille. C’est tout cela qui m’a entraîné dans ces problèmes. Mais sincèrement, je demande pardon au tribunal. Je demande pardon pour ce que j’ai fait. Je jure que je ne vais plus jamais recommencer », a-t-elle promis.
Après 20 minutes d’échanges dans le secret, le tribunal a vidé sa saisine en la reconnaissant coupable des faits de transport international et de livraison de drogue à haut risque qui lui sont reprochés. Il a retenu par la même occasion une peine d’emprisonnement de 11 ans dont 8 fermes, ainsi qu’une amende de 10 millions de francs CFA contre cette dernière. La contrainte judiciaire a été fixée à 24 mois. La prévenue dispose de 10 jours pour faire appel.
Rappelons qu’avant de lever la séance, le président a demandé des nouvelles de Jacob et de son frère Donald au procureur. Celui-ci a répondu n’en avoir pas. Invite lui a donc été faite de prendre les dispositions nécessaires pour que ces derniers soient retrouvés. « Il faudrait qu’on ait de leurs nouvelles car ils doivent, eux aussi, répondre de leurs actes », a laissé entendre le président du tribunal.
- Lire aussi : Trafic de drogue : « Djenebou a assuré la pérennité de l’activité criminelle de son copain », selon le procureur
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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