L’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) a tenu, le vendredi 30 janvier 2026 à Bobo-Dioulasso, son assemblée générale ordinaire. Une session consacrée essentiellement à l’examen et à l’adoption du budget et du programme d’activités de l’année 2026. Cette rencontre statutaire, qualifiée de session budgétaire, a réuni les principaux acteurs de la filière coton autour d’un objectif commun : planifier de manière concertée les actions à mener afin de renforcer durablement la filière cotonnière burkinabè.

L’ouverture officielle des travaux a été présidée par le président de l’UNPCB, Nikiébo N’Kambi, en présence des représentants des unions provinciales, des producteurs venus de différentes régions du Burkina, des techniciens de l’union, ainsi que des partenaires et observateurs, notamment les sociétés cotonnières et l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB). Cette assemblée générale ordinaire s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par l’UNPCB depuis 2017, année marquant son entrée dans une nouvelle phase de son histoire avec sa mise en conformité à l’Acte uniforme de l’OHADA, relatif au droit des sociétés coopératives. Une réforme qui va bien au-delà d’un simple ajustement juridique.

Selon le président de l’UNPCB, Nikiébo N’Kambi, cette conformité traduit la volonté claire des producteurs de coton d’inscrire leur organisation dans une dynamique de gouvernance moderne, transparente et responsable, en phase avec les normes communautaires et internationales. Dans ce contexte, la tenue régulière, en début d’exercice, d’une session budgétaire devient un impératif pour une meilleure planification et une gestion plus efficace des ressources. « Cette rencontre a pour vocation de présenter le chronogramme annuel des activités issues de notre plan quinquennal, de recueillir les contributions des acteurs, de définir ensemble les priorités de l’année et d’adopter un budget cohérent avec nos ambitions », a indiqué Nikiébo N’Kambi.

Une vue des participants à l’assemblée générale ordinaire de l’UNPCB.

Reconnaissant ainsi les difficultés rencontrées par le passé, notamment d’ordre financier, le président de l’UNPCB a souligné que l’union n’avait pas toujours été en mesure de respecter cette exigence de planification en amont. Les acteurs se retrouvaient souvent en fin de premier trimestre pour faire le bilan des activités, « un exercice certes utile, mais insuffisant pour anticiper efficacement les actions à mener ». Cette session budgétaire 2026 témoigne ainsi de la détermination des acteurs à changer de méthode, à renforcer la planification participative et à impliquer davantage les unions provinciales, véritables actionnaires de l’UNPCB, dans la définition des orientations stratégiques.

Budget et activités 2026 au cœur des échanges

Durant les travaux, les participants auront à examiner le chronogramme des activités prévues pour 2026, à l’enrichir par des contributions issues du terrain, à arrêter un budget réaliste et adapté aux priorités retenues, et surtout à identifier les stratégies de mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des actions, qu’elles soient internes ou externes. À en croire le président, il s’agit d’une démarche collective. « Nous allons planifier ensemble les activités que nous allons mener en 2026. Et comme aucune activité ne peut être menée sans ressources financières, le budget vient naturellement sanctionner les choix opérés », a-t-il laissé entendre.

Selon le président de l’UNPCB, Nikiébo N’Kambi, cette session budgétaire 2026 témoigne de la détermination des acteurs à changer de méthode.

Les activités à retenir découlent du plan quinquennal de l’union, mais leur hiérarchisation fera l’objet de discussions afin de déterminer ce qui doit être fait en priorité et ce qui peut être différé. Une approche inclusive qui vise à consolider les décisions et à garantir leur acceptation par l’ensemble des acteurs. L’assemblée générale réunit principalement les représentants des provinces membres de l’UNPCB, mais aussi des observateurs issus des structures partenaires, notamment les sociétés cotonnières et l’AICB, considérées comme des acteurs clés de la filière. Les techniciens de l’union accompagnent aussi les travaux par leur expertise. Cette diversité de participants est perçue comme un atout majeur pour enrichir les débats et favoriser des décisions équilibrées, en phase avec les réalités du terrain et les enjeux économiques de la filière coton.

Les acteurs de la filière coton fortement mobilisés pour l’assemblée générale.

Des perspectives encourageantes pour la campagne cotonnière

Abordant la situation de la campagne agricole en cours, le président de l’UNPCB s’est montré prudemment optimiste. Une évaluation à mi-parcours laisse entrevoir une évolution positive des volumes de coton produits, fruit des efforts consentis par les producteurs à travers le pays. Il a saisi l’occasion pour saluer l’engagement des cotonculteurs et les inviter à redoubler d’efforts afin de maintenir cette dynamique. « L’objectif est clair : retrouver, dans les deux à trois prochaines années, la place de premier producteur africain que le Burkina Faso a occupée pendant plus d’une décennie », a-t-il laissé entendre.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net