
Centre de formation et club à la fois, Lowgoin Football Club œuvre depuis 2019 à la détection, à l’encadrement et à la formation des futurs talents du football burkinabè. Basé à Toma, dans la province du Nayala, le centre dispose de catégories U13, U15 et U17, tandis que les U20 sont installés à Ouagadougou. À travers ce projet, le fondateur Jacques Dala ambitionne de contribuer à la relève du football national. Reportage sur le centre de formation et la chevauchée des U20 vers la montée en deuxième division.
Nous sommes le 13 août 2025. La capitale provinciale du Nayala, Toma, est en ébullition. À pieds, à vélos, à motos ou en voitures, les populations convergent vers le stade provincial du Nayala pour assister au match décisif opposant Lowgoin FC à Bafuji FC de Gaoua.
Prévu à 15h30, ce match comptant pour la 10ᵉ journée du championnat national de Ligue 3 pouvait offrir au club de Toma une montée historique en deuxième division. Dans les tribunes, le 12ᵉ homme est en fusion. Fanions verts flottant au vent, vuvuzelas et coups de sifflet rythment l’ambiance. Tout est mis en œuvre pour pousser l’équipe à la victoire.
Au coup de sifflet final, Lowgoin FC divise la poire en deux avec un but partout et termine avec 18 points contre 15 pour son adversaire. Ce qui permet au club de valider ainsi son accession en deuxième division. Les supporters envahissent le terrain pour célébrer avec les joueurs en liesse. Une consécration qui vient couronner six années de travail, depuis la création du centre en 2019.
Dans les coulisses de Lowgoin FC à Toma
Le centre de formation Lowgoin FC est situé à l’entrée ouest de Toma, en provenance de Koudougou. Implanté sur un vaste complexe sportif clôturé de cinq hectares, il héberge plus de 50 jeunes pensionnaires qui rêvent d’une carrière professionnelle.
Les joueurs sont répartis en trois catégories : U13, U15 et U17, tandis que les U20 sont basés à Ouagadougou. À proximité du centre, un terrain de football en terre battue accueille quotidiennement les séances d’entraînement.
Des séances d’entraînement intenses et rigoureuses
Il est 17 heures ce lundi à Toma. Le soleil amorce sa descente. Après les cours, les jeunes reprennent l’entraînement. Vêtus du vert traditionnel du club, les U15 et U17 travaillent sous la houlette de leurs entraîneurs respectifs, Ibrahima Bamba et Ousséni Ouédraogo.
Les plus jeunes s’exercent aux passes courtes et rapides, tandis que les aînés travaillent le jeu long. Adossé à un mur, le superviseur du club, Gui Ki-Zerbo, observe attentivement la séance.
Chronomètre en main et sifflet aux lèvres, Ibrahima Bamba, entraîneur diplômé de la Confédération africaine de football (CAF), nourrit l’ambition de former des joueurs à l’image de Moumouni Dagano, Alain Sibiri Traoré, Bertrand Traoré ou Charles Kaboré. Arrivé lors de la saison 2023-2024, l’Ivoirien se montre exigeant et optimiste. « Dans deux ou trois ans, beaucoup de grands joueurs sortiront de ce club », assure-t-il. Sous sa conduite, les U15 ont remporté la première édition du tournoi international de Toma et réalisé un parcours remarquable au championnat des centres de formation de Koudougou, avec 34 buts marqués pour seulement trois encaissés.
Même ambition chez Ousséni Ouédraogo, entraîneur des U17, qui souligne que plusieurs joueurs formés depuis 2021 évoluent déjà avec l’équipe première engagée en Ligue 2. Le technicien observe attentivement les touches de balle de ses joueurs. Avec les gestes de la main droite, le sifflet à la bouche, il signale sans cesse les mauvais positionnements des joueurs. Mais dans l’ensemble, il se dit fier d’être à la tête de cette équipe qui, selon lui, va fournir des meilleurs au niveau national.

Bertrand Traoré, un modèle pour les jeunes pensionnaires
Parmi les espoirs du centre figure Mazou Diallo, l’un des meilleurs joueurs des U15. Sélectionné avec l’équipe nationale scolaire U15, il a pris part au tournoi de l’UFOA-B au Niger en 2024. Son rêve : marcher sur les traces du capitaine des Étalons, Bertrand Traoré. « Je suis arrivé au centre le 25 septembre 2024. Je me sens très bien ici. « Le football est ma passion », confie-t-il, ajoutant qu’il voudrait avoir le talent de Bertrand Traoré. Même satisfaction pour Romain Sawadogo, élève en classe de 3ᵉ, qui s’inspire du milieu de terrain allemand Toni Kroos.
Un projet né d’un camp vacances de football
Le président et fondateur du club, Jacques Dala, revient sur la genèse du projet. « En 2019, lors d’un camp vacances de football à Toma, nous avons enregistré près de 200 enfants âgés de 5 à 15 ans. Nous avons détecté beaucoup de talents qui manquaient simplement d’un cadre pour s’exprimer », explique-t-il. Natif de Toma et douanier de profession, il dit avoir voulu contribuer au développement du football local en offrant une chance aux jeunes de la province.

Football, études et formation professionnelle
La particularité de Lowgoin FC réside dans son modèle éducatif intégrant football, études et formation professionnelle. « Certains pensionnaires suivent l’enseignement général, d’autres l’enseignement technique grâce à un partenariat avec le collège Alfred Diban Ki-Zerbo, notamment en électricité bâtiment et énergie solaire », précise le fondateur.
Des cours de langues, notamment d’anglais et d’allemand, sont également dispensés pour préparer les joueurs à une éventuelle carrière internationale.
Depuis sa création, le centre a déjà fourni des joueurs évoluant en première et deuxième divisions dans le championnat national, ainsi que des internationaux jeunes, à l’image d’Ismaëla Sawadogo (CAN U17), Régis Kaboré et Mazou Diallo (CAN U15).
Coût de la formation et ambitions futures
Le coût annuel de la formation est fixé à 700 000 FCFA, incluant la scolarité, l’hébergement, la restauration et l’équipement sportif. En 2022, le centre a sillonné les 13 régions (avant les nouvelles dénominations) du Burkina Faso, observé 2 337 enfants et retenu 24 pensionnaires.
Sur une superficie de cinq à six hectares, Lowgoin FC ambitionne de devenir un centre de référence national, avec la création prochaine d’un établissement scolaire interne, déjà autorisée par le ministère de l’Éducation nationale.
À terme, le club entend alimenter les équipes nationales, contribuer à la politique sportive nationale et renforcer ses partenariats avec des clubs africains et européens.
Des défis à relever
Malgré ces avancées, le centre fait face à des défis majeurs, notamment le manque d’infrastructures modernes. La réalisation d’un terrain en gazon figure parmi les priorités. À cet effet, le président appelle les fils et filles de la province, ainsi que les passionnés de football, à soutenir ce projet porteur d’espoir pour la jeunesse.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Source: LeFaso.net





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