Dans le cadre de la vérification du respect du déploiement du système de marquage, d’authentification, de suivi et de traçabilité des produits du tabac et nouveaux produits du tabac fabriqués ou importés au Burkina Faso, la Brigade mobile de contrôle économique et de la Répression des fraudes (BMCRF) a, en collaboration avec la Direction régionale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat du Oubri, effectué une visite inopinée sur le site d’une unité de production à Ziniaré (chef-lieu de la région du Oubri). Dans une publication sur sa page, mardi, 10 février 2026, cette structure spécialisée du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a informé de ce que l’opération s’inscrit dans la mise en œuvre du système de marquage d’authenticité et de traçabilité des produits fabriqués au Burkina Faso.

On a en souvenance qu’en mars 2025, le Conseil des ministres a pris un décret pour protéger la population des dangers du tabagisme, par l’adoption d’un décret relatif au conditionnement et étiquetage des produits du tabac au Burkina. « L’adoption de ce nouveau décret a pour objectif de faire en sorte que les produits du tabac soient moins attrayants et attractifs pour les populations et notamment les plus jeunes », a justifié le ministre de la santé, Robert Kargougou.

Ce nouveau décret instaure une couleur uniforme, mate et moins attrayante des emballages de cigarettes avec l’obligation de couvrir au moins 80% de chacune des principales faces des paquets de cigarettes par des avertissements sanitaires graphiques.

Le ministre Kargougou a, pour l’occasion, au sortir dudit Conseil des ministres, rappelé que 13,6% de la population fument des produits de tabac et chaque année, ce sont environ 4 800 personnes qui décèdent au Burkina des conséquences du tabagisme. Parmi ces 4 800 décès, 1 300 sont liés aux conséquences du tabagisme passif (inhalation involontaire de la fumée de tabac).

Par cette mesure, le gouvernement vise véritablement à mieux protéger la santé des populations, surtout des jeunes qui sont exposés dans leurs milieux, aux produits tabagiques de nouveaux types.

La sortie de la Brigade mobile de contrôle économique et de la Répression des fraudes (BMCRF) s’inscrit donc dans cette vision du gouvernement. “Adopté le 04 mars 2025 et entré en vigueur le 5 juillet, ce dispositif impose aux acteurs de la filière tabac de déployer des équipements pour l’apposition de stickers sur les paquets, cartouches et cartons issus de la production locale. Les importateurs doivent également s’assurer que les produits du tabac importés disposent des stickers avant toute mise sur le marché burkinabè. La mise en œuvre complète du système était prévue pour le 31 décembre 2025. Face aux difficultés rencontrées, le gouvernement a accordé un délai supplémentaire jusqu’au 10 janvier 2026, par communiqué du 12 décembre 2025. Lors du contrôle, l’usine de Ziniaré était fermée. Les responsables ont indiqué être en cours de déploiement, avec une ligne d’étiquetage déjà opérationnelle pour les paquets. Le processus doit encore être étendu pour une couverture totale”, a situé la BMCRF dans le compte-rendu de sa sortie.

Un délai de grâce est fixé au 28 février 2026, pour permettre aux unités de production et aux importateurs de finaliser le dispositif. Passé cette date, avertit la BMCRF, tout paquet, cartouche ou carton de cigarettes non conforme sera saisi et confisqué. Les contrevenants s’exposeront à des sanctions pécuniaires, au retrait de leurs agréments et cartes de commerce, voire à la fermeture de leurs unités ou points de vente, a ajouté l’équipe de la BMCRF avant de réitérer l’appel du ministère en charge de l’industrie à l’ensemble des acteurs à respecter cette exigence.

Organisation de la société civile de lutte contre le tabagisme au Burkina Faso et ce, depuis au moins deux décennies, Afrique contre le Tabac (ACONTA), qui suit au quotidien le secteur, ne passe pas sous silence donc, les nombreux efforts et actions du gouvernement dans les politiques de lutte et de préservation de la santé publique.

Adama Zango (à gauche), remettant officiellement le rapport 2023 sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac au Burkina Faso au ministre de la santé, Dr Robert Kargougou.

« Il faut d’abord rappeler que c’est le système de suivi et de traçabilité basé sur les normes Codentify qui était en vigueur. Dans les éditions précédentes des rapports sur l’indice d’ingérence de l’industrie du tabac, on a plaidé pour la suppression de ce système, parce qu’il était contrôlé par l’industrie du tabac. Aujourd’hui, c’est sur la base du décret de 2025 que repose le système de suivi et de traçabilité. Il faut donc féliciter les autorités pour la noble vision de protection des populations des méfaits du tabac. ACONTA apprécie à sa juste valeur, cette sortie de la BMCRF, parce que ça y va de l’application de la réglementation en vigueur, de l’effectivité du décret. C’est une action salvatrice que le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat fait pour encadrer l’activité des industries du tabac et suivre de près ce qui est fait, par rapport à ce que la réglementation prescrit. Nous félicitons les acteurs gouvernementaux, particulièrement les acteurs du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, précisément la BMCRF qui a effectué cette sortie de contrôle sur le terrain, assortie de délai, pour demander à tous ceux qui sont détenteurs d’agréments et d’unités de production, de se conformer à la réglementation. C’est un travail qui vient renforcer les actions de mise en œuvre des politiques anti-tabac », a accueilli le coordonnateur d’ACONTA, Adama Zango.

O.L.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net