
Érigée en priorité nationale par la loi, la recherche scientifique burkinabè peine pourtant à jouer pleinement son rôle stratégique. Cette tribune réalise un diagnostic argumenté, fait des propositions concrètes et plaide pour des réformes courageuses, une meilleure gouvernance et un investissement massif dans le capital scientifique national.
Mots-clés : éducation, recherche scientifique, priorité nationale, enseignants-chercheurs, chercheurs, Burkina Faso
Ce document répond à la problématique suivante : « Comment améliorer la recherche scientifique au Burkina Faso ? »
Contexte et motivation
La loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant « Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation » au Burkina Faso, en son Article 2 stipule que « La recherche scientifique et l’innovation constituent un secteur stratégique pour le Burkina Faso ».
Pourtant les attentes des parties prenantes de ce secteur stratégique sont loin d’être satisfaites. En effet le Premier ministre de l’époque exprimait son insatisfaction sur le sujet en affirmant que les enseignants-chercheurs et les chercheurs « sont peu impliqués dans la recherche de solutions concrètes sur les priorités du pays pour impacter la société. » [17] et que « Les financements, c’est important, mais ce n’est pas l’essentiel. » puisque « Les premiers inventeurs n’ont pas eu de financements. » [17] tandis que l’autre partie, la Coordination Nationale des Enseignants-Chercheurs et des Chercheurs (CNEC) estimait plutôt qu’en réalité le problème est ailleurs et que « la recherche et l’innovation constituent un domaine de souveraineté nationale et qu’à ce titre le gouvernement […] est celui qui doit définir les programmes prioritaires de recherche, mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires pour la conduite d’une recherche nationale centrée sur le développement, les défis du moment et le mieux-être des populations burkinabè. » [18].
Le débat est donc entamé depuis et nécessite d’être approfondi.
Les propositions formulées dans ce document constituent une brique dans la construction de l’édifice de ce débat public sur l’amélioration du secteur stratégique qu’est la recherche publique au Burkina Faso. Elles émanent de constats réalisés sur le terrain en tant qu’enseignant-chercheur désirant voir avancer la connaissance scientifique et mettre à contribution notre savoir expérientiel.
Objectifs du document
Il s’agit par les propositions formulées dans ce document :
• de nourrir le débat sur le sujet de l’amélioration du secteur stratégique de la recherche scientifique au Burkina Faso ;
• d’apporter d’autres perspectives sur le sujet.
Objectif général de la recherche scientifique
La loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant « Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation » au Burkina Faso définit l’Objectif général de la recherche scientifique ainsi qu’il suit : « La recherche scientifique a pour objectif général d’accroître l’accumulation des connaissances dans tous les secteurs socio-économique et environnementaux pour le développement et un mieux-être de l’humanité. » et par induction du Burkina Faso en particulier.
Elle définit en son article 7 les objectifs spécifiques de la recherche scientifique ainsi qu’il suit :
• maîtriser et développer toutes les activités centrées sur le développement et le mieux-être des populations ;
• maîtriser et développer les sciences et les technologies ;
• contribuer à la valorisation des résultats de la recherche au service de la société qui s’appuie sur I’innovation et le transfert de technologies ;
• comprendre et expliquer les enjeux environnementaux ;
• contribuer à la formation et au renforcement du capital humain ;
• organiser l’accès libre aux données scientifiques ;
• contribuer au rayonnement international du Burkina Faso à travers sa participation aux programmes régionaux et internationaux de recherche.
Missions de la recherche publique
Au regard des objectifs précédents, nous en déduisons que les missions de la recherche scientifique sont les suivantes :
• fournir un cadre de découvertes ;
• être un instrument d’aide à la décision ;
• élaborer des connaissances scientifiques ;
• former et mobiliser des cadres et des compétences ;
• enseigner les sciences et diffuser la culture scientifique ;
• valoriser les connaissances scientifiques.
Définitions
La loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant « Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation » au Burkina Faso définit les termes suivants :
Recherche scientifique : ensemble des actions et des activités ayant vocation à générer des connaissances originales à caractère théorique, technique et technologique ;
Chercheur : toute personne, travaillant a la conception et à la création de connaissances, de produits, de procédés, de méthodes ou de systèmes nouveaux sur la base d’une programmation scientifique concourant à la résolution des problèmes ;
Enseignant-chercheur : toute personne officiant dans les universités et établissements publics d’enseignement supérieur et qui y est affectée [à une mission d’enseignement et ou de recherche, N. D. R .] ;
Recherche-développement : travaux de recherche entrepris en vue de produire des savoirs, des technologies et des innovations pour répondre à un problème de développement ;
Recherche fondamentale : travaux de recherche entrepris en vue d’acquérir ou de produire de nouveaux savoirs, sans envisager forcément une application ou une utilisation particulière ;
Recherche fondamentale : recherche sans objectif défini d’application ou d’utilisation à court terme, a pour objectif de comprendre et d’interpréter le monde naturel autant que possible ; elle n’a pas de perspective économique. L’intérêt de la recherche fondamentale réside dans le fait qu’elle cherche à acquérir de nouvelles connaissances et est indispensable à la formation scientifique des jeunes et au développement de leur aptitude à pratiquer correctement la méthode scientifique.
Recherche développement ou recherche appliquée : recherche qui part du besoin d’une application ou d’une amélioration de l’existant, elle doit être définie selon les besoins socio-économiques du pays, les forces (ressources naturelles disponibles, …), les défis à relever, … Elle cherche à trouver des solutions pratiques à des problèmes concrets.
Equipe de recherche : expression utilisée dans ce document pour désigner l’enseignant-chercheur, ou le chercheur ou sa communauté scientifique.
IESR : Institutions d’Enseignement Supérieur et de Recherche.
Nous formulons ci-dessous quelques propositions aux fins de contribuer au débat et améliorer la recherche scientifique au Burkina Faso.
Consolidation de l’existant et perspectives
Faire un état des lieux de la recherche scientifique au Burkina Faso afin d’en connaître les forces, les faiblesses, les opportunités et les défis et d’avoir des informations quantitatives et qualitatives à jour sur les éléments suivants : personnel de la recherche, ressources financières consacrées à la recherche scientifique, production scientifique, développement technologique …
Élaborer un projet ambitieux de développement de la recherche scientifique au Burkina Faso selon les différents plans de développement sectoriel existants qui eux-mêmes sont censés se projeter dans l’avenir dans 5-15 ans.
S’il y a lieu, définir un programme accéléré accompagné de mesures d’urgences pour des résultats à court terme.
Définir les moyens d’intégration de la recherche scientifique au Burkina Faso, dans l’écosystème interne de ses structures et établissements publiques et privés. Définir aussi l’ancrage de cette recherche dans le contexte géopolitique et économique mondial actuel et à venir : on est là à l’échelle de la prévision à court, moyen et long termes.
Ce programme ambitieux et visionnaire à moyen voir à long terme doit être concomitamment flexible et dynamique et tenir compte de l’imprévisibilité extrême mondiale sur le plan géo-politique où l’échiquier mondial est entrain de se réorganiser.
Il faut ériger, en leur donnant un contenu, la recherche-développement scientifique, le développement technologique et l’innovation en facteurs clés de la croissance, de la compétitivité des entreprises et de l’emploi. Il s’agir par exemple, de leur fixer des objectifs, de leur donner les moyens adéquates et et mettre à leur disposition les acteurs qu’il faut.
Classement de Shanghai : le Burkina Faso doit relever avec une extrême urgence son orgueil sur le plan de la recherche scientifique et se fixer avec une extrême célérité comme objectif de remonter dans le classement de Shanghai. Attention ! La finalité n’est pas simplement de remonter dans le classement de Shanghai mais cela peut être une motivation supplémentaire pour accélérer et guider le processus d’amélioration de la recherche scientifique au Burkina Faso.
Dans le classement académique de Shanghai 2025 sont classées les 1000 meilleures universités mondiales. L’Afrique compte 17 universités apparaissant dans le Top 1000 mondial. La première université africaine apparaissant dans cette liste est l’Université du Cap en Afrique du Sud, qui apparaît à la 201e place du classement mondial.
Les pays africains apparaissant dans ce classement sont l’Afrique du Sud avec 8 universités représentées dans le classement, l’Egypte avec 5 universités représentées, l’Ethiopie, le Maroc, et le Ghana avec chacune une université représentée. Sur ces 17 universités africaines la seule université ghanéene représentée est l’Université du Ghana apparaissant a la 901e place.
Aucune université Burkinabè n’apparaît dans la liste des 1000 meilleures universités mondiales ou même dans la liste des 2000 universités mondiales. Les critères de ce classement sont entre autres l’enseignement (29,5 %), la qualité de la recherche (30 %), l’environnement de recherche (29 %), la perspective internationale (7,5 %), la part de l’industrie dans la recherche (4 %) [19].
Pour information, au titre de l’année 2024 le budget de l’Université Harvard aux USA, l’université arrivant au premier rang du classement de Shanghai, était d’environ 4 321 830 627 112 FCFA, incluant un budget de fonctionnement de 3 602 015 768 901 [21] alors que celui de l’Université du Cap en Afrique du Sud, la première université africaine apparaissant dans le classement de Shanghai au rang 201e avait un budget d’environ 297 942 574 696 FCFA incluant un budget de fonctionnement de 293 022 114 324 [20] ; plus près de nous et de nos réalités, le budget de l’Université du Ghana dans le pays du même nom, classé 901e était d’environ 71 232 786 822 FCFA, incluant un budget de fonctionnement [23, 24] Le tableau 1 résume ces informations.
Tableau 1 : Budget global et classement de quelques universités au titre de l’année 2024

On se rappelle pourtant qu’en 2014 « la première Université d’Afrique Francophone est l’Université de Ouagadougou du Burkina Faso qui détrône l’Université Cheick Anta Diop du Sénégal. En effet, alors que l’Université de Ouagadougou passe de la 37ème place en 2013 à la 18 ème en 2014, l’Université Cheick Anta Diop, 15 ème dans le classement 2013 passe à la 31 ème en 2014. » [27].
A la lumière de ces chiffres, il peut paraître utopique de compétir avec ces grandes universités aux budgets vertigineux dans le classement de Shanghai. Cependant, il ne faut pas se tromper de combat car il ne s’agit pas de compétition ici. Mais ces comparaisons permettent certainement de mettre en évidence l’une des raisons majeures pour laquelle le secteur stratégique de la recherche peine à aller encore plus loin : l’insuffisance notoire des financements qui y est investit.
Recrutement d’étudiants performants au doctorat : le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) pourrait mettre en place un programme de doctorat spécial élitiste avec un nombre de places limitées par années par exemple 100 pour attirer les meilleurs étudiants aspirants au doctorat afin de leur confier des sujets d’intérêt majeur pour le pays. Le MESRI mettra à la disposition des étudiants de ce programme de doctorat ambitieux tous les moyens adéquats humains, techniques, technologiques et financiers afin que les objectifs visés soient atteints. Ce programme devra avoir une composante permettant d’élargir le spectre des partenariats internationaux afin de permettre à des experts qualifiés d’intervenir dans ces programmes aux fins de transferts de connaissances et de compétences et aussi de permettre aux étudiants concernés d’avoir accès à des plateaux techniques et technologiques lorsque le besoin le commande.
Il existe une diaspora scientifique burkinabè de haut niveau. Des citoyens Burkinabè travaillent dans de grandes firmes étrangères, installent des systèmes de métro autonomes, travaillent dans de grandes compagnies de téléphonie, sont promoteurs de laboratoires de recherche etc. Il faut trouver le moyen de convaincre ces personnes d’intervenir dans les universités et centres de recherche nationaux.
Assigner au secteur stratégique de la recherche nationale des objectifs clairs
En rappel, la loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant « Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation » au Burkina Faso, en son Article 2 stipule que « La recherche scientifique et l’innovation constituent un secteur stratégique pour le Burkina Faso ».
En foi de quoi la définition des objectifs nationaux de recherche scientifique ressort du rôle régalien de l’État. Cela implique pour l’État de fixer des priorités claires par exemple concernant : l’agriculture, la santé, l’énergie, … pour accroître le savoir, résoudre des problèmes nationaux urgents, renforcer la compétitivité et la culture scientifique du pays, contribuer au rayonnement international du Burkina Faso, …, tout cela à travers des programmes orientés solution.
Pour être concret, par exemple, comme objectif ou priorité nationale, le Chef de l’État pourrait dire « qu’à l’horizon 2030 le Burkina Faso doit réduire de moitié la quantité de riz qu’il importe tout en maintenant son aspiration à la souveraineté alimentaire » et ajouter qu’il demande aux structures nationales en charge de la recherche de faire des propositions dans ce sens en mettant à leur disposition les ressources humaines, matérielles, logistiques, les plateaux techniques nécessaires à l’atteinte de cet objectif et en précisant également comment il faut adapter le secteur industriel en conséquence, etc..
Un autre exemple peut être pris du domaine de la santé. Ici aussi, le Chef de l’État pourrait définir comme priorité la réduction de 70% de la prévalence du paludisme au Burkina Faso à l’horizon 2029 et en conséquence, demander à ceux qui travaillent sur les vecteurs, l’épidémiologie de formuler des propositions concrètes à cet effet en mettant à leur disposition les ressources humaines, matérielles, logistiques, les plateaux techniques nécessaires à l’atteinte de cet objectif.
Des bourses de publications scientifiques pour les personnels de la recherche
Les enseignants-chercheurs et chercheurs font déjà de grands efforts. En effet, le système de promotion des enseignants-chercheurs en vigueur au Burkina Faso est directement lié aux exigences du CAMES qui imposent aux enseignants-chercheurs entre autres la publication d’un certain nombre d’articles dans des revues d’un certain calibre, la participation à des évènements scientifiques, etc.
Dans le domaine des Sciences et techniques de l’ingénieur, par exemple, et dans la discipline informatique en particulier, où il est de coutume de publier dans le cadre de conférences, les enseignants-chercheurs, ou leurs étudiants, paient en moyenne, le plus souvent de leurs poches l’équivalent de 300000 à 600000 F CFA pour la publication d’un article, sans compter, s’il y a lieu, les frais inhérents au voyage de participation à l’ évènement scientifique, toujours à leurs frais ; entre autres exigences, il leur est réclamé au moins 6 articles avant de postuler au grade supérieur.
Il est vrai que l’espoir de passer au grade supérieur motive les enseignants-chercheurs à faire ces énormes sacrifices mais gageons que cela ne peut pas être un facteur favorisant la recherche scientifique, bien au contraire. Il faut donc que les autorités mettent en place d’une part un système de bourses de publication accompagné des ressources qu’il faut afin d’améliorer la qualité de la production scientifique mais aussi en quantité et d’autre part les ressources disponibles.
L’amélioration de la recherche scientifique au Burkina Faso entraîne nécessairement des réformes au niveau du secteur de l’enseignement supérieur.
Renforcer l’enseignement supérieur
Renforcer les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, et favoriser leur coordination
Faire un état des lieux de l’enseignement supérieur au Burkina Faso : il convient d’évaluer la pertinence des disciplines enseignées dans les universités publiques du Burkina Faso et leur impact réel sur le développement socio-économique du pays.
Fixer des objectifs aux enseignants-chercheurs et chercheurs de telle sorte que celui qui publie des articles dans des revues scientifiques de haut niveau, ou qui encadre de très bonnes thèses de doctorat soit récompensé.
Recruter les enseignants-chercheurs et chercheurs sur la base de contrat à durée déterminé, par exemple cinq ans, renouvelable sous certaines conditions.
L’état doit assigner aux organismes de recherche tels que les universités et centres de recherche, des missions claires et les moyens subséquents nécessaires pour l’atteinte de ces objectifs à travers par exemple des contrats-programmes. Ces ressources doivent pouvoir être gérées de façon autonome par ces organismes bien entendu dans le respect des lois en vigueurs.
Faire un état des lieux des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et de leur fonctionnement à différents niveaux (structures de décision, évaluation, etc) afin d’effectuer les ajustements nécessaires en vue de l’amélioration du secteur stratégique qu’est la recherche scientifique.
Doter chaque IESR du Burkina Faso d’un plan stratégique de recherche scientifique.
Financement
Nous observons que d’une part le coût moyen de formation d’un étudiant pendant ses trois années d’étude au cycle de Licence, s’élève à 387 000 FCFA par an. Pour ses frais d’inscription, l’étudiant contribue à hauteur de 15 000 FCFA à ses frais de formation ce qui représente 3,87% du coût de formation. L’État prend en charge les 96,13% restants. Les 15000 FCFA que paient l’étudiant représentent l’essentiel des ressources propres des iIESR du Burkina Faso [4, 5]. D’autre part, dans le même temps, la subvention de l’État à la recherche du MESRI. de 2017 à 2022 a évolué entre 8 442 677 000 FCFA et 16 331 758 000 FCFA [7-12], subvention qui sert en grande partie à supporter les charges liées au fonctionnement du personnel [4] et se révèle même insuffisant pour payer les factures d’eau et d’électricité [18].
En foi de quoi nous proposons :
d’abord de faire écho à la loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant « Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation (LORSI) », au Burkina Faso :
Ce décret stipule en son article 61 ce qui suit :
« Conformément aux engagements internationaux pris par le gouvernement du Burkina Faso, l’effort national de la recherche est indexé au Produit Intérieur Brut (PIB) à un taux minimum de un pour cent (1%). La programmation budgétaire tient compte de la spécificité des domaines de la recherche et de l’innovation ».
Le même décret en son article 63 stipule que :
« La répartition des prélèvement sur certains de ces fonds est établie de a minière suivante :
• une subvention budgétaire annuelle fixée à 0,2 % des recettes fiscales ;
• une subvention budgétaire annuelle fixée à 1 % des recettes minières ;
• une subvention budgétaire annuelle fixée à 1 % des recettes liées aux licences d’exploitation de la téléphonie mobile ;
• une redevance sur les contrats de vente des résultats de recherche et sur les contrats de licence des brevets issus des inventions financées par des fonds publics.
Nous suggérons ensuite de relever les frais d’inscription de 15 000 FCFA à 100 000 FCFA et de scolarité de 15 000 FCFA à 100 000 F CFA par semestre. Ainsi l’étudiant contribuera à hauteur de 50 % aux frais de sa formation au cycle Licence et les 50 % restant seront supportés par l’État. Les fonds qui en résulteront permettront aux universités de moderniser leurs infrastructures, leurs équipements, de rehausser la qualité de l’enseignement pour le bonheur des étudiants et de contribuer aussi au financement des propositions ambitieuses que nous formulons.
En outre nous proposons d’offrir une subvention universelle annuelle de recherche à plusieurs paliers : au fond de fonctionnement des établissements et à chaque enseignant-chercheur et chercheur d’un certain rang et aux équipes de recherche. Cette subvention servirait principalement à l’embauche ponctuelle de personnel sur une base continue et assurerait à chaque professeur une activité permanente de recherche.
D’offrir des financement de plus courte durée par exemple de 3-4 ans et évaluer à la fin de l’échéance l’impact des publications de l’enseignant-chercheur ou du chercheur ou de l’équipe de recherche ayant reçu le financement sur le développement socio-économique et la recherche scientifique.
Une autre proposition est par exemple la suivante : les équipes de recherche qui créent une machine agricole adaptée au contexte du Burkina Faso mobilisent autour d’elles du personnel non nécessairement universitaire tel que des modélisateurs, des simulateurs, des soudeurs, des mécaniciens, etc. tout un monde qu’il faut nécessairement rémunérer pour leur contribution si elles veulent atteindre leur objectif et mettre sur le marché une machine fonctionnelle.
Un autre exemple est celui d’une équipe de recherche en informatique qui développe un logiciel sur un sujet quelconque. Il faut pour cela mobiliser toute une chaîne d’acteurs tel que des analystes programmeurs, architectes logiciels, architectes de données, modélisateurs, etc. qu’il faut bien rémunérer pour atteindre l’objectif et mettre sur le marché un logiciel ou un système informatique mature et fonctionnel.
L’absence de cette ressource humaine, faute de financements a pour conséquence les faits suivants :
• certains projets de recherche sont retardés ou abandonnés ou ne commencent jamais faute de personnel adéquat ;
• les enseignants-chercheurs et chercheurs perdent un temps précieux à réaliser des tâches qui ne devraient pas leur incomber faute de ressources humaines adéquates.
Enfin nous suggérons de motiver les enseignants-chercheurs et les chercheurs excellents pas nécessairement en espèces sonnantes et trébuchantes mais surtout en leur offrant plus de facilités de participation aux évènements scientifiques internationaux, en mettant à leur disposition du matériel de pointe, mais aussi en reconnaissant leurs efforts et leurs travaux, etc.
« Dans certains pays il existe la possibilité d’obtenir des fonds de recherche par la voie de la soumission de projets de travail à des concours ouverts par des agences de financement publiques ou privées. Cette voie peut être acceptée pour des projets de recherche fondamentale, qui intéressent surtout les groupes universitaires, mais quand un tel système s’impose comme seule source de financement de la recherche civile dans le pays, il entraîne des conséquences pernicieuses. D’abord parce qu’il introduit une énorme incertitude dans les résultats de la demande ce qui peux déstabiliser sérieusement le fonctionnement des groupes de recherche, surtout quand le projet est rejeté. Ensuite parce qu’un tel procédé rend difficile aux institutions de rester fidèles aux missions qui leur sont en principe attribuées, car les chargés de projets tendent plutôt à s’accommoder à ce qui leur semble être les préférences des commissions chargées de faire le triage des projets à concours. Et encore dans certains cas les membres des commissions, qui ne sont pas des nationaux, ne se sentent pas motivés ou même ignorent les priorités de la société dans le pays où ils sont appelés à exercer sa fonction de juges de l’intérêt scientifique ou technique de l’étude proposée » [6].
En conclusion le Burkina Faso doit oser faire de la recherche scientifique un pilier de son développement socio-économique.
Références
1-Loi n° 038-2013/AN du 26 novembre 2013 portant Loi d’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation
2-Plan national de développement économique et social 2021-2025 (PNDES-II)
3-Politique sectorielle de la recherche et de l’innovation (PSRI) 2018-2027
4-Livre blanc de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Burkina Faso, Décembre 2023
5-Le diagnostic organisationnel et fonctionnel des IESR (2022)
6-La Recherche Scientifique dans les pays en voie de développement, La Recherche Scientifique dans les pays en voie de développement, 2012, https://fmts-wfsw.org/2012/11/la-recherche-scientifique-dans-les-pays-en-voie-de-developpement/
7-Loi 40-2016/AN portant loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2017
8-Loi 39-2018/AN portant loi de finances rectificative de la loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2018
9-Loi 42-2018/AN portant loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2019
10-Loi 31-2020/AN portant loi de finances rectificative de la loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2020
11-Loi 35-2020/AN portant loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2021
12-Loi 42-2021/AN portant loi de finances pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2022
13-La politique de la recherche et du développement technologique : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/66/la-politique-de-la-recherche-et-du-developpement-technologique
14-Dix-sept solutions pour optimiser le fonctionnement de la recherche universitaire et faciliter le recours à l’utilisation des données de recherche dans la société, Jane Gonçalves, 2021, https://www.rqis.org/wp-content/uploads/2022/04/Jane-Gon%E2%80%A1alves.pdf
15-Développer la recherche scientifique et l’innovation pour gagner la bataille de la compétivité : un état des lieux et des recommandations clés, Académie Hassan II des sciences et techniques, 2012, https://www.academiesciences.ma/pdf/recherche_scientifique_2013_fr.pdf
16-Résumé du rapport des Etats Généraux de la recherche, Comités locaux d’organisation des états généraux (CLOEGS), France, 2004, https://sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/resume-final-EG.pdf
17-(19-01-2025)-Burkina : Le Premier ministre fustige les chercheurs qui sont dans la recherche « par carriérisme » et non « par vocation », https://lefaso.net/spip.php?article134000
18-(19-01-2025)-Recherche scientifique : « Il existe à foison au Burkina Faso des exemples d’applications concrètes de résultats de recherche », la CNEC au Premier ministre, https://lefaso.net/spip.php?article134234
19-(19-01-2025)-Les meilleures universités du monde selon les classements de Shanghai, THE et QS : https://www.letudiant.fr/etudes/international/les-meilleures-universites-du-monde-selon-les-classements-de-shanghai-the-et-qs.html
20-(19-01-2025)-UCT’s financial performance for 2024 : https://www.news.uct.ac.za/article/-2025-08-11-ucts-financial-performance-for-2024
21-Harvard University Financial Report FISCAL YEAR 2024 : https://finance.harvard.edu/sites/g/files/omnuum12671/files/fad/files/fy24_harvard_financial_report.pdf
22-VIE DE L’INSTITUTION : le budget révisé de l’UJKZ est en hausse de 590 millions de FCFA par rapport au budget initial exercice 2024 : https://www.ujkz.bf/vie-de-linstitution-le-budget-revise-de-lujkz-est-en-hausse-de-590-millions-de-fcfa-par-rapport-au-budget-initial-exercice-2024/
23-University of Ghana Financial statements for the year ended 31 December 2023 : https://www.ug.edu.gh/finance-directorate/sites/finance_directorate/files/2025-03/Consolidated_Financial_Statements_2023-compressed.pdf
24-Google (19-01-2025), Mots-clées : « University of Ghana revenue is estimated to be in the range of »
25-(19-01-2025)-Top 200 Universities in Africa, 2025 African University Ranking : https://www.unirank.org/africa/top-200/
26-(19-01-2025)-Top 50 des Universités en Afrique Francophone : https://gmsavenue.com/top-50-des-universites-en-afrique-francophone/
27-(19-01-2025)-TIC et éducation : L’Université de Ouagadougou, N°1 en Afrique francophone : https://lefaso.net/spip.php?article58821
28-University of Ghana provisional schedule of academic fees for the 2024 – 2025 academic year : College of education : https://www.ug.edu.gh/aad/sites/academic.ug.edu.gh/files/2024-09/2024-25%20COLLEGES%20OF%20EDUCATION.pdf
29-University of Cap Town Student fees 2024 : https://uct.ac.za/sites/default/files/media/documents/uct_ac_za/49/2024%20Fees%20Booklet_Final.pdf
30-University of Cape Town Five-year Enrolment & Graduate Tracking : Under-represented groups and Socio-economic factors 2019-2023 : https://uct.ac.za/sites/default/files/media/documents/uct_ac_za/1842/4-enrolments-graduates-by-under-represented-groups.pdf
31-University of Ghana holds matriculation for 46,065 students : https://www.graphic.com.gh/news/general-news/ghana-news-university-of-ghana-holds-matriculation-for-46-065-students.html
[32]-Jubilé d’or de l’université Joseph KI-ZERBO : Plus de 130 000 diplômés formés en 50 ans : https://lefaso.net/spip.php?article142905Télécharger
Ouvrages publiés
Lire aussi
• Réduction du train de vie de l’Etat : Voici les propositions de l’Enseignant-Chercheur, Guinko Ferdinand : https://lefaso.net/spip.php?article81321
• Ville de Ouagadougou : Propositions pour résorber de façon durable le phénomène de la congestion routière : https://lefaso.net/spip.php?article107673
Ouvrages pédagogiques
Disponibles : librairie de l’Université Joseph KI-ZERBO et librairie DIACFA
Tonguim Ferdinand GUINKO, (2025). « Introduction à la programmation en langage C », Ouagadougou, 1ere édition, Presses universitaires de l’Université Joseph KI-ZERBO. ISBN : 978-2-38390-071-9, EAN : 9782383900719
Tonguim Ferdinand GUINKO, (2025). « Introduction à l’algorithmique et aux structures de données statiques », Ouagadougou, 1ere édition, Presses universitaires de l’Université Joseph KI-ZERBO. ISBN : 978-2-38390-070-2, EAN : 9782383900702
Tonguim Ferdinand GUINKO, (2024). « Introduction aux langages formels et à la théorie des automates », Ouagadougou, 2e édition, Presses universitaires de l’Université Joseph KI-ZERBO. ISBN : 978-2-38390-061-0, EAN : 9782383900610
Ferdinand Guinko, (2020). « Introduction aux langages formels et Théorie des automates », Ouagadougou, 1ere édition, Presses universitaires de l’Université Joseph KI-ZERBO. ISBN : 979-10-90524-67-5, EAN : 9791090524675
Ferdinand T. GUINKO,
Maître de Conférences en Informatique, Université Joseph KI-ZERBO
Source: LeFaso.net
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