
Le Burkina Faso a enregistré en 2025 une baisse historique des cas et des décès liés au paludisme, avec plus de 3,4 millions de cas et près de 2 000 décès évités en une seule année. Portée par des interventions à haut impact (distribution massive de moustiquaires de nouvelle génération, extension de la vaccination et chimioprévention) cette performance marque un tournant décisif dans la lutte contre la maladie. Fort de ces résultats sans précédent, le gouvernement affiche désormais l’ambition d’éliminer définitivement le paludisme à l’horizon 2030.
À l’issue du Conseil des ministres du 19 février 2026, le gouvernement a rendu publics des résultats jugés « historiques » dans la lutte contre le paludisme. Le nombre total de cas est passé de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025, soit une baisse de 32,17 %, représentant plus de 3,4 millions de cas évités en une seule année. Cette performance dépasse largement la tendance observée entre 2020 et 2024, où la réduction moyenne annuelle restait inférieure à 1 %.
La mortalité a également connu une diminution marquée. Le nombre de décès est passé de 3 523 en 2024 à 1 979 en 2025, soit une baisse de 43,83 %. Chez les enfants de moins de cinq ans, la réduction des cas atteint 38,60 % et celle des décès, plus de 40 %, confirmant l’impact des interventions ciblées en faveur des groupes les plus vulnérables.
Un processus rigoureux de validation des données
Le ministre a expliqué que cette annonce est le fruit d’un travail approfondi d’analyse et de validation. Dès juin-juillet 2025, un mécanisme de suivi hebdomadaire des indicateurs avait permis d’observer une tendance baissière significative. Les données ont ensuite été consolidées, vérifiées et croisées au niveau du ministère, notamment par les services statistiques et les équipes techniques chargées de la lutte contre le paludisme.
Un groupe technique d’experts nationaux, associant également des partenaires techniques et financiers, a passé les chiffres en revue avant de conclure à une baisse avérée, significative et sans précédent des cas et des décès.

Des interventions à haut impact
Selon le ministre, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’un engagement politique fort et d’une mobilisation multisectorielle. L’année 2025 a été marquée par plusieurs actions structurantes.
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Parmi elles, la distribution universelle et gratuite de près de 15 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action de nouvelle génération, plus efficaces face à la résistance aux insecticides. Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont été mobilisés pour couvrir l’ensemble du territoire, y compris les zones à défi sécuritaire.
Le passage à l’échelle de la vaccination contre le paludisme, effectif depuis août 2025 dans les 70 districts sanitaires du pays, constitue également une avancée majeure. À cela s’ajoute la chimioprévention saisonnière du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, qui a permis de couvrir près de 4,8 millions d’enfants, ainsi que le renforcement du traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes.
Le ministre a également insisté sur l’importance de l’assainissement du cadre de vie et de la mobilisation communautaire, qualifiant la lutte contre le paludisme de « bataille de comportement et d’adhésion sociale ».
Un impact social et économique majeur
Au-delà des indicateurs sanitaires, le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou a souligné les retombées sociales et économiques de cette baisse. « Cette réduction drastique, significative, sans précédent, du nombre de cas de paludisme et de décès liés à cette maladie, ce n’est pas seulement un impact de santé publique », a-t-il déclaré. Selon lui, plus de 1 900 décès ont été évités en 2025, épargnant autant de familles burkinabè du deuil.

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Sur le plan économique, les premières estimations font ressortir plus de 15 milliards de francs CFA économisés par les ménages, en coûts directs de prise en charge évités (consultations, examens, médicaments). Ces chiffres ne prennent pas encore en compte les coûts indirects, tels que les dépenses de transport ou les pertes de revenus liées à la maladie. « Lutter contre le paludisme, ce n’est pas seulement une question de santé publique, mais un enjeu de développement », a-t-il affirmé.
Maintenir la dynamique vers 2030
Si les résultats sont qualifiés d’historiques, les autorités sanitaires appellent à ne pas relâcher les efforts. L’ambition affichée est claire : éliminer le paludisme au Burkina Faso à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, le ministère entend renforcer les interventions à haut impact, consolider l’engagement communautaire, intensifier la communication pour le changement de comportement et garantir un financement durable de la lutte.
« Ensemble, nous éliminerons le paludisme du Burkina Faso », a conclu le ministre devant les médias.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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