
L’ONG AGRA (Sustainably growing Africa’s food system) a mis en œuvre de 2021 à 2025, le programme KFW, au profit des petits exploitants agricoles. Le programme arrivant à son terme, une évaluation a été commanditée afin d’apprécier les résultats engrangés ainsi que l’impact du programme. Du 2 au 6 mars 2026, les acteurs de mise en œuvre du programme, les bénéficiaires ainsi que les partenaires sont réunis à Ouagadougou, pour examiner et valider le rapport de l’évaluation. La cérémonie d’ouverture a connu la présence de la directrice régionale AGRA Afrique de l’Ouest, Natasha Quist.
Le programme KFW a été déployé à travers trois projets dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, du Centre-ouest et des Hauts-Bassins. Il a mis l’accent sur l’intensification durable de la pratique agricole, la structuration des chaînes de valeur ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles et techniques. Le projet avait pour but d’accroître la résilience des producteurs vulnérables à travers la promotion des technologies climato-sensibles, l’amélioration de l’accès aux marchés et aux intrants agricoles comme la matière organique et les engrais adaptés au sol et aux différentes cultures. Le maïs, le riz et le niébé sont les trois principales spéculations auxquelles le projet s’est intéressé.

Après cinq années de mise en œuvre, le programme KFW est à son terme. Afin de s’assurer de l’atteinte des objectifs fixés initialement et des leçons à tirer de cette intervention, une évaluation a été menée. Elle a essentiellement porté sur l’adoption technologique, la performance économique, l’inclusion sociale, la résilience climatique et la durabilité. Les résultats ont été présentés aux participants afin de recueillir leurs apports en vue de la validation du document.

Des changements importants observés à travers la mise en œuvre du programme
A en croire Dr Kodjo Kondo, chargé régional de suivi-évaluation pour l’Afrique de l’Ouest à AGRA, la mise en œuvre du programme KFW, qui a touché environ 250 000 bénéficiaires, a contribué à l’amélioration des rendements des producteurs, due principalement à l’adoption des technologies qui ont été promues dans les différentes régions. Aussi, les résultats montrent que les revenus des agriculteurs tirés des spéculations ont significativement augmenté dans la période du projet.

« La sécurité alimentaire s’est améliorée, surtout pour les femmes. Et cela a un lien avec le concept des jardins nutritifs que nous avons aussi mis en place dans les zones du projet, où des femmes regroupées en coopérative ont eu accès à des systèmes d’irrigation et ont pu faire la promotion des légumes. Aussi, l’approche de conseillers endogènes que nous avons promue à travers le programme, a des effets, en ce sens qu’ils servent même de relais pour l’État dans les zones qui ne sont pas vraiment accessibles », a-t-il ajouté. Le programme a aussi accompagné les producteurs à travers des appuis technologiques pour la production du compost et des engrais liquides.
Le consultant qui a réalisé l’évaluation a également formulé des recommandations. Les acteurs de mise en œuvre du programme ont été invités à travailler avec les autorités locales, dans le but de favoriser l’accès des femmes à des terres. Recommandation a aussi été faite de mettre en place des mécanismes de crédit innovants pour faciliter l’accès aux technologies qui sont plus chères, comme l’irrigation, l’irrigation solaire, etc.
Des résultats jugés satisfaisants
« Les résultats qui nous ont été présentés aujourd’hui sont des résultats vraiment concluants. Cela montre qu’il y a eu beaucoup d’évolution et que les objectifs sont atteints « . C’est là la conviction de Raoul Christian Ouédraogo, responsable de programme Bureau pays de AGRA. Il n’a pas manqué de souligner les résultats présentés qui comprennent les leçons apprises, les bonnes pratiques mais aussi les limites, qui vont permettre à AGRA de bâtir ses prochaines interventions non seulement en s’inspirant des stratégies qui ont fait leurs preuves copiant ce qui a bien réussi à travers ces résultats, mais aussi en améliorant ce qui n’a pas marché, et aussi en tenant compte des recommandations qui sont faites pour mieux impacter le secteur agricole. Les modèles développés à travers ce programme, serviront donc de boussole pour les prochaines interventions.
Il faut noter que dans le cadre de la réalisation de l’évaluation du programme KFW, AGRA a bénéficié de l’accompagnement du ministère de l’Agriculture. Selon Bessolbié Bationo de la direction générale des études et des statistiques sectorielles dudit ministère, AGRA a été accompagné pour l’obtention du visa statistique, la validation des méthodologies et outils de collecte de données de l’étude, la participation à la formation des enquêteurs et superviseurs ainsi qu’à l’analyse des données et la validation du rapport.
Armelle Ouédraogo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net


Commentaires récents