
Considéré comme l’un des monuments et doyens de la photographie au Burkina Faso, Ben Idriss Zoungrana dit Big-Z a laissé ses empreintes à travers plusieurs décennies d’immortalisation de l’histoire du Burkina. Également connu pour son dynamisme, son professionnalisme, son punch et la bonne humeur qu’il distillait autour de lui, Ben Idriss Zoungrana dit Big-Z, a définitivement rangé son matériel de photographie, le vendredi 13 mars 2026 à Ouagadougou.
C’est en juin 1973 que Ben Idriss Zoungrana a fait ses premiers pas en tant journaliste-reporter au quotidien privé L’Observateur, devenu plus tard L’Observateur Paalga. A la faveur de ses 40 ans d’activités, le journal lui a d’ailleurs consacré un portrait, dans sa parution du vendredi 14 juin 2013. On y retrouve non seulement le parcours de formation de Ben Idriss Zoungrana dit Big-Z, mais aussi de bons souvenirs professionnels et des moments amers.
« Il (Ben Idriss Zoungrana) avait la bosse du journalisme. Il voulait tellement s’exprimer à travers les médias qu’après le BAC, il est rentré d’Abidjan et il a été notre premier chroniqueur sportif », peut-on lire du témoignage du directeur de publication de L’Observateur Paalga, Edouard Ouédraogo, dans la parution sus-référée.
« Rapidement, la volonté et l’abnégation amèneront Ben Idriss Zoungrana à gravir les échelons et à prendre à bras-le-corps, le métier de photographe. Une détermination qui lui a permis de se perfectionner, d’où son master en lettres modernes et en communication au Centre des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) de Dakar, puis à Moscou pour un master en photographie professionnelle », retrace le doyen des quotidiens privés.
« En 40 ans de carrière, c’est le respect des uns et des autres qui m’a marqué. Aussi, le fait d’avoir été constamment molesté en son temps. En effet, j’ai été battu par une cohorte de supporters militaires chevronnés qui m’ont certainement laissé pour mort et j’ai passé près d’une semaine à l’hôpital Yalgado. N’eût été la présence d’un certain Badini, qui m’a protégé avec son tabouret,… Le fait d’avoir parcouru plusieurs pays d’Afrique m’a beaucoup marqué », y avait exprimé Ben Idriss Zoungrana.
Selon L’Observateur Paalga, le lancement de la célébration des 40 ans de carrière a été présidée par l’épouse du chef d’Etat d’alors, Chantal Compaoré, qui, après l’avoir félicité pour sa carrière sans interruption, n’a pas pu contenir ses émotions lors de l’exposition photo qui a eu lieu après la cérémonie : « J’ai pu voir de grands souvenirs, ceux de mon mariage, des personnes qui me sont chères et qui sont parties. C’est émotionnel. Je me revois encore jeune fille sans ride, je n’en ai pas encore mais, un peu plus en forme. Ce sont vraiment des moments inoubliables ».
Autant dire que Ben Idriss Zoungrana dit Big-Z, ce sont des décennies de compilations en images sur des personnalités, des personnes anonymes, qui ont façonné et animé l’histoire politique, socio-économique, culturelle… du Burkina et d’ailleurs.
Selon le programme communiqué par sa famille, Ben Idriss Zoungrana sera inhumé le dimanche 15 mars 2026 à 14h au cimetière municipal de Gounghin, après la levée du corps à 11h au CHU de Bogodogo pour son domicile à Samandin et la prière du Dhuhr à 13h30.
Les Editions Lefaso présentent ses condoléances à sa famille biologique et professionnelle, ses parents et amis !
O.L
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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