Dans le cadre de sa campagne nationale de sensibilisation à l’entrepreneuriat communautaire, l’Agence de promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) a tenu, ce mardi 24 mars 2026 à Ouagadougou, une rencontre avec le personnel de la Loterie nationale burkinabè (LONAB). Objectif : mobiliser les travailleurs autour de l’actionnariat populaire, pilier de la stratégie de financement endogène du développement prônée par les autorités burkinabè.

« Au lieu de compter en permanence sur les ressources extérieures, nous avons une force interne que nous n’avons pas encore éprouvée », a souligné le directeur général de l’Agence de promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC). Pour lui, l’actionnariat populaire constitue un levier stratégique pour mobiliser l’épargne nationale et financer des projets structurants, créateurs d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

C’est pourquoi l’APEC a fait le choix de mener une communication de proximité en sensibilisant les populations et les travailleurs de différentes institutions, afin qu’ils comprennent le bien-fondé de cette décision des autorités de promouvoir l’actionnariat populaire.

Une stratégie de maillage territoriale « ambitieuse »

S’inscrivant dans cette logique, l’Agence dit avoir déployé une stratégie « ambitieuse » visant à couvrir l’ensemble du territoire national. « Nous avons recruté une centaine d’agents pour couvrir déjà 30 points focaux provinciaux », a indiqué Karim Traoré, précisant que les 17 autres points focaux seront bientôt opérationnels. Une démarche qui traduit, selon lui, la volonté de toucher directement les populations à la base, tout en renforçant la communication institutionnelle auprès des structures étatiques et des grandes entreprises.

Karim Traoré, directeur général de l’APEC (au milieu)

Parmi les réalisations concrètes déjà engagées, l’APEC met en avant la production du concentré de tomates naturel « Adia ». Le directeur général a également indiqué qu’une deuxième usine est également en construction à Tenkodogo ; et qu’une mine semi-mécanisée en phase terminale à Gaoua devrait bientôt produire son premier lingot d’or, illustrant la diversification des investissements portés par l’APEC.

Freiner l’exode des bras valides

« Il s’agit d’une initiative majeure que nous saluons et que nous sommes prêts à accompagner », a déclaré le directeur général de la LONAB, Ibrahim Ben Harouna Zarani, insistant sur la nécessité pour le Burkina Faso de s’appuyer sur ses propres capacités pour impulser une transformation sociale durable.

Selon lui, l’initiative d’actionnariat populaire pourrait contribuer à freiner l’exode de la main-d’œuvre, notamment dans certaines régions comme le Nakambé, où de nombreux jeunes quittent le pays pour des activités agricoles à l’étranger, notamment la culture de la tomate.

Harouna Zarani, directeur général de la Loterie nationale burkinabè

« Au-delà de son aspect financier, l’actionnariat populaire est présenté comme un véritable projet de société. Il vise à faire de chaque Burkinabè un acteur du développement économique, en lui offrant l’opportunité de participer activement à la construction du tissu entrepreneurial national. Ce n’est pas seulement un mécanisme financier, c’est un appel à la participation, un levier d’inclusion économique », a insisté M. Zarani.

Il a invité l’ensemble du personnel de la LONAB à s’approprier ce mécanisme et à y adhérer massivement.

Le directeur général de l’APEC a également salué l’accueil de la LONAB et appelé à la mise en place de points focaux au sein de l’institution afin de faciliter la diffusion de l’information auprès du personnel.

Fredo Bassolé

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Source: LeFaso.net