‎Une vingtaine d’Afro-descendants ont officiellement reçu leur carte de résidence au Burkina Faso, au cours d’un dîner ce 20 avril 2026. Cette cérémonie intervient après une conférence inaugurale tenue plus tôt dans la journée sur le thème « Colonisation et perpétuation des systèmes coloniaux », donnant une portée à la fois historique et politique à l’événement.

‎Présidée par la ministre déléguée chargée des affaires étrangères, Stella Eldine Kabré/Kaboré, la cérémonie a mis en lumière la volonté des autorités burkinabè de renforcer les liens avec la diaspora africaine. « Vous n’êtes plus des visiteurs, vous êtes des nôtres », a-t-elle affirmé, soulignant que cette carte dépasse sa simple valeur administrative pour devenir un symbole d’appartenance et d’engagement mutuel.

« Je tiens à préciser que ce n’est qu’un premier pas dans ce processus de délivrance de carte de résidence permanente », a indiqué la ministre déléguée des affaires étrangères

‎Parmi les bénéficiaires, l’émotion était palpable. Avocat et membre de l’African Diaspora Development Institute (ADDI), Wilton Georges McDonald voit dans cette reconnaissance un tournant personnel et professionnel. « Le voyage commence, le vrai travail commence », confie-t-il. Se définissant comme « citoyen du monde », il dit porter en lui plusieurs identités, entre héritages écossais et racines yoruba. Désormais installé au Burkina Faso, il entend contribuer activement au développement économique du pays à travers l’investissement. « Je suis chez moi ici », affirme-t-il, convaincu que ce retour aux sources s’accompagne d’une responsabilité.

 » Mon travail sera d’amener de l’investissement ici et d’élever Burkina, mon nouveau domicile », Wilton Georges McDonald



‎Même enthousiasme du côté de Joshua Maponga, pour qui cet acte dépasse les frontières nationales. « Le Burkina Faso nous a rendus fiers », lance-t-il, évoquant une vision panafricaine portée par l’unité et la souveraineté du continent. À ses yeux, le pays incarne aujourd’hui une idée, un point de convergence pour une jeunesse africaine en quête de repères et d’engagement. Il appelle ainsi à mobiliser les jeunes du continent autour de la formation, de la technologie et du développement, dans une dynamique collective.

Joshua Maponga se dit content car le Burkina Faso les a rendus fiers.



‎Arikana Chihombori, présidente de l’African Diaspora Development Institute (ADDI), a salué ce geste, perçu comme une avancée majeure dans le rapprochement entre l’Afrique et ses Afro-descendants, et un encouragement aux initiatives d’investissement annoncées par les bénéficiaires.

Arikana Chihombori, présidente de l’African Diaspora Development Institute (ADDI)

‎Au-delà des discours, cette initiative traduit une ambition politique affirmée : faire du Burkina Faso un espace d’accueil et de collaboration avec sa diaspora. Pour les autorités comme pour les bénéficiaires, il ne s’agit pas d’un aboutissement, mais bien du point de départ d’une aventure commune, entre mémoire, identité et projection vers l’avenir.



‎Farida Thiombiano

‎Lefaso.net

Source: LeFaso.net