Dans le cadre du Projet d’acquisition de bus au profit des universités, et des grandes écoles de formation, piloté par le ministère en charge de l’enseignement supérieur, des autorités du Burkina Faso ont procédé à la remise symbolique de 115 bus aux ayants droit. C’était, ce vendredi 2 février 2018 au siège de la SOTRACO sis à Ouagadougou. Dans un contexte de mobilité urbaine difficile, cette cérémonie vient bien à propos et répond à une des sollicitations longtemps exprimée.

L’un des objectifs assignés au ministère en charge de l’enseignement supérieur est de renforcer la fourniture des services sociaux aux étudiants. Pour y arriver des actions sont entreprises pour améliorer l’accès des étudiants aux bourses, allocations d’aide, prêts, logement (…) mais surtout au service de transport. Relativement à ce dernier point, le gouvernement a mis en place le Projet d’acquisition de bus au profit des universités et grandes écoles de formation du pays.

D’un montant total de plus de 10 milliards de F CFA, le projet est financé à hauteur de 9 milliards sous forme de prêt par les ressources de la ligne de crédit mise en place auprès de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO par le gouvernement indien et par le Burkina Faso. Il a pour but l’acquisition de 135 bus, et d’infrastructures.


Ce jour, 2 février 2018, l’heure à la remise officielle des 115 premiers bus livrés à Ouagadougou par Ashok Leyland, entreprise attributaire du marché, aux universités, CENOU et aux grandes écoles de formation.

60 bus de 70 places destinés au transport urbain des étudiants prioritairement et des populations en général ont été remis à la Société de transport en commun SOTRACO et 75 bus de 32 et 22 places aux grandes écoles de formation. Les 20 autres sont en cours d’expédition.

« Avoir en même temps 60 bus qui vont combiner la mobilité des étudiants et la mobilité urbaine citadine de la ville de Ouagadougou, je pense que c’est une activité très importante, qui au-delà du ministère en charge de l’enseignement supérieur, engage tous les ministères, le gouvernement et le président du Faso », a signifié le ministre Alkassoum Maïga. Ainsi, la cérémonie a vu la présence effective de plusieurs membres du gouvernement dont le maire de la ville de Ouagadougou, le ministre de la justice et une forte délégation du département de l’enseignement supérieur.

« Nous avons voulu être là pour dire aux étudiants que nous sommes conscients des attentes, et nous allons mettre ce qu’il faut pour que progressivement on puisse donc donner un visage reluisant à notre enseignement supérieur », s’est-il adressé aux bénéficiaires.


Le Projet d’acquisition de bus, à en croire le ministre en charge de l’enseignement supérieur, ne date pas d’aujourd’hui. « C’est un vieux projet. Mais je peux vous dire que quand je suis arrivé dans le ministère j’ai trouvé qu’il y avait encore beaucoup de difficultés. Nous avons dû bousculer. Notre ambassadeur qui est en Inde a fait beaucoup de choses pour que ça puisse aboutir », explique-t-il.

Se prononçant sur l’attribution des bus aux grandes écoles de formation, le ministre Maïga a été on ne peut plus clair : « Des cadres compétents ne peuvent pas être formés tout simplement à partir des connaissances théoriques. La connaissance et le savoir bien structurés doivent s’apprendre sur le terrain ».

Et sur la répartition, il a laissé entendre qu’elle se fera en tenant compte des besoins des nouvelles universités et écoles : « Il y a des critères objectifs qu’on va utiliser pour faire la répartition. Je vais leur demander de patienter un peu car on est sur le processus du CCVA et d’immatriculation. Quand on va finir avec ce processus-là, on va s’asseoir pour faire une nouvelle répartition pour que chaque centre et université puisse avoir ses cars dans les meilleurs délais ». « Nous avons su compter sur l’expérience de la SOTRACO qui a capitalisé des années d’expériences en matière de mobilité. Donc, le ministère ne voudrait pas s’ajouter des fardeaux. « On a autre chose à faire que de vouloir gérer des bus (…), a-t-il ajouté.

Afin d’assurer l’entretien et la maintenance des bus, 9 mécaniciens ont bénéficié d’une formation en Inde. Ce projet va véritablement apporter de l’oxygène à l’enseignement supérieur. C’est pourquoi, le ministre Maïga a adressé ses vifs remerciements à toutes les parties prenantes.


Satisfait du joyau, le délégué général de la cité universitaire de la Patte d’oie, Zacharia Nombré et le président de l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO ont, au nom des bénéficiaires, rassuré du meilleur usage qui sera fait de l’exploitation de ces bus. « Nous responsables d’universités et de grandes écoles travaillerons sans relâche avec les étudiants avec l’accompagnement de la SOTRACO et du parc automobile de l’Etat à gérer au mieux ces bus dans l’intérêt de tous », a lancé Pr Rabiou Cissé.

Pour sa part, le président du conseil d’administration de la SOTRACO, Saga Joseph Ouédraogo, s’engage à améliorer la qualité de leurs prestations notamment par la réduction du temps d’attente aux arrêts, la régularité du service, la ponctualité, le confort, entre autres. Toutefois, il a révélé que l’activité du transport en commun urbain, qu’outre le fait qu’il soit capitalistique, requiert beaucoup de moyens financiers pour assurer le carburant, les autres charges d’exploitation, la maintenance, etc. Partant de là, M. Ouédraogo a sollicité le soutien permanent de l’Etat.


Au titre des infrastructures, le projet aurait permis la construction de trois garages et parkings à Ouagadougou, Bobo Dioulasso et Koudougou. A ceux-ci, s’ajoutent l’arrivée de quatre conteneurs contenant 750 pneus, 12 moteurs complets et autres pièces de rechanges. En ce qui concerne la phase d’exploitation des bus, la coordonnatrice du projet, Florence Guira/Poda a laissé entendre que l’accord de prêt prévoit la création d’une structure de gestion du patrimoine qui prendra le relais du projet après l’arrivée de tous les biens. Des propositions y relatives seront bientôt soumises aux autorités pour appréciation. Après avoir rassuré de la bonne qualité des bus livrés par l’entreprise indienne, Mme Guira a porté à la connaissance de tous que les gouvernements indien et burkinabè ont donné leur aval pour augmenter le nombre de bus grâce au reliquat du prêt de plus de deux millions de F CFA. « Cela nous permettra de faire une acquisition supplémentaire d’environ 130 bus et cars », se réjouit-elle.

La clôture de cet ambitieux projet est prévue pour le 30 juin 2018.

Aïssata Laure G. Sidibé

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Source: LeFaso.net