Dans la journée du vendredi 29 mars 2019, le tribunal militaire a examiné le contenu des appels téléphoniques qui seraient d’une part des communications entre le général Gilbert Diendéré et des coaccusés, et d’autre part entre le général Gilbert Diendéré et d’autres personnalités extérieures. Une trentaine d’éléments sonores entrant dans le cadre du procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 ont été examinés. L’objectif étant d’établir l’implication et la responsabilité psychologiques et matérielles du général Diendéré dans le putsch de 2015.

L’interprétation des pièces à conviction a donné lieu à une controverse entre le parquet militaire, la partie civile et la défense, ce vendredi 29 mars 2019. A travers les audio écoutés au cours de cette audience, les voix ont été attribuées à l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro. Mais aussi, à Sidi Lamine Oumar , Roger Sebag, Djéri Maïga , Ismaël Diendéré , Foutoumata Diendéré, Fatoumata Diawara et Hippolyte Diendéré.

Il ressort que Guillaume Soro s’était proposé de venir en aide au général Gilbert Diendéré. Ironiquement, il avait demandé au général Diendéré de le nommer n°2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et son interlocuteur de répondre qu’ « il n’y a pas de problème ».

En effet, Il semblait être l’homme qui prenait contact avec des chefs d’Etat en vue de soutenir le président du Conseil national pour la démocratie (CND). Entre autres, Il était également celui qui s’occupait de la communication du RSP sur les réseaux sociaux et aurait mené des missions auprès de charlatans pour le compte du général Diendéré. « J’ai payé un cheval et un chameau. Toi tu seras président du Burkina. Le jour où tu seras président et que tu m’oublies, c’est en ce moment qu’il y aura palabre », disait-il.

Il aurait conseillé au général Gilbert Diendéré de chercher un œuf de poulet africain et de le frotter sur son corps en disant : « Moi Diendéré, je suis dans une cause juste. Je défends mon peuple et les jeunes qui m’ont suivi, il faut qu’à aucun moment ils ne puissent me trahir… » et de le jeter après. Les noms des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tels que Faure Gnassingbé, Macky Sall, Alassane Ouattara ont également été cités. Ila auraient cautionné le putsch, avant de dribbler le général.

Il est ressorti que les 25 et 26 Septembre 2015, Dienderé avait perdu le soutien de ses amis de la CEDEAO. D’abord ses communications avec les présidents ivoirien, togolais et sénégalais n’ont pas donné de suite positive. Les promesses de ces derniers de le soutenir vaille que vaille n’ont pas eu une suite heureuse. Se sentant trahi et isolé, il demande à sa famille de se mettre à l’abri. Son épouse Fatou Diendéré l’appelle pour trouver la marche à suivre, il la conseille : « Va à la résidence de l’ambassade de France ». Puis, il sera pris par la gendarmerie.

Pour le parquet militaire, le général s’était rendu à la gendarmerie par la force des choses. Se sentant affaibli et en l’absence d’alternative de résistance, il était contraint de se rendre. Une position corroborée par la partie civile, pour établir la responsabilité de Diendéré dans le putsch.

La défense s’est refusée d‘assimiler les éléments sonores à la voix de leur client. Selon leurs motivations, il serait difficile d’authentifier ces éléments au regard de la date et des intitulés. Elle a donc demandé au tribunal d’apprécier en tenant compte de l’absence de preuve suffisante. L’audience reprendra le lundi 1er avril 2019.

Crédit photo jeuneafrique

Edouard. K. Samboé

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Source: LeFaso.net