La Direction générale des douanes (DGD) a tenu ce mardi 28 juin 2022, à travers le programme anti-corruption et promotion de l’intégrité des douanes (A-CPI), une session pour discuter de la perception qu’à le secteur privé de l’intégrité en douane.

Longtemps pointée du doigt comme étant une institution fortement corrompue, la direction générale des douanes a décidé de faire son auto-critique, pour ce qui est de la question de l’intégrité en son sein. Si d’ordinaire ce sont les Organisations de la société civile (OSC) ou des structures publiques comme l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte anti-corruption (ASCE / LC) qui sont réputées être les figures de proue engagées pour la lutte contre la corruption, la DGD a décidé de s’auto-interroger en la matière, se fondant sur les dix facteurs clés de la Déclaration d’Arusha révisée (DAR).

Selon Pulchérie Somda, directrice de la lutte contre la fraude et de la surveillance du territoire, « il s’agit d’une base de données de référence qui est utilisée pour mesurer les progrès de la DGD dans la mise en œuvre des mesures identifiées comme prioritaires. Notre évaluation est différente de celle des autres. Nous ne sommes plus au stade de savoir si la corruption existe ou pas dans notre institution. Ce sondage est totalement différent des sondages classiques effectués par les institutions de l’Etat où l’on tend à comparer les institutions. L’objectif ici est d’identifier les mesures à prendre pour améliorer le niveau de perception d’intégrité que les agents de la douane et le secteur privé se font sur cette question. Les facteurs d’évaluation ont trait à l’engagement des premiers responsables, l’automatisation, la transparence, l’esprit de corps, la culture organisationnelle, etc. »

« Notre sondage consiste à trouver les mesures idoines pour promouvoir l’intégrité au sein de la douane », Pulchérie Somda

Pour ce qui concerne les agents de douane, trois facteurs ont été identifiés comme constituants le bât de l’intégrité au sein de l’institution. Il s’agit de la transparence, l’automatisation et la gestion des ressources humaines. Quant au secteur privé, il estime que le cadre règlementaire, l’esprit du corps et les contrôles et enquêtes laissent à désirer.

En plus des dix facteurs qui répondent à des exigences institutionnelles et managériales, le directeur général des douanes, Adama Nana, estime que la réponse individuelle est la plus à même de lutter contre ce fléau. Pour lui, on a beau déployer tout l’arsenal nécessaire pour y faire face, si les acteurs de la douane et ceux du secteur privé ne sont pas résolument engagés et n’ont aucune détermination, les initiatives auront l’effet d’un coup d’épée dans l’eau.

Pour le directeur de la douane, Adama Nana, la réponse individuelle est un facteur clé dans cette lutte contre la corruption.

En tant que premier responsable du département en charge de l’économie, Dr Séglaro Abel Somé, par la voix de son directeur de cabinet, Sié Christophe Palenfo, a tenu à saluer l’initiative en réitérant son plein engagement à accompagner la direction générale des douanes pour la mise en œuvre des actions concourant à faire de l’intégrité dans les services de douanes, une valeur commune partagée par tous.

Erwan Compaoré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net