En visite au Kenya dans le cadre de la TICAD VI, le président Roch Kaboré a rencontré les Burkinabè du Kénya. Une occasion que nos compatriotes vivant au pays d’Obama père ont saisi pour exposer quelques idées inspirées de leur vécu dans ce pays et suggérer au président du Faso les adapter à notre pays. Nous vous proposons le discours de leur doyen, notre confrère Césaire Pooda qui réside dans au Kenya depuis plusieurs années au compte de l’IPPF.

Excellence Monsieur le Président du Faso,

Madame et Messieurs les ministres,

Excellences Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis et membres de la communauté burkinabé au Kenya,

Au nom de la Communauté Burkinabè au Kenya, je voudrais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue et vous féliciter Monsieur le Président, pour avoir été porté à la tête de notre pays, par le vaillant peuple burkinabè en novembre 2015, à la suite d’un processus qui, a plusieurs reprises, a été mis en danger.

Je voudrais vous dire, Monsieur le Président, que dans ces moments d’errements ou le destin de notre cher Faso a failli tourner au tragique, nous avons, en tant que communauté burkinabè vivant au Kenya, partagé les mêmes soucis et frayeurs que nos sœurs et frères restés au pays.

Nous avons pleuré avec eux les conséquences de la folie meurtrière d’octobre 2014 du régime défunt, et été tout aussi terrorisés par les évènements des 16 et 17 septembre 2015, sans oublier nos appréhensions lors les différentes attaques terroristes infligées à notre pays et dont la plus spectaculaire a été la double attaque, quasiment en mondovision, du restaurant le Capuchino et du Splendid Hôtel à Ouagadougou.

C’est dire, Monsieur le Président, que la communauté burkinabè vivant au Kenya est très consciente du difficile contexte de votre arrivée à la tête du pays, caractérisé par les grandes attentes populaires légitimes et la recrudescence d’une menace sécuritaire sans précédent. Pour toutes ces raisons, nous vous exprimons nos vœux de plein succès et de sérénité devant la tâche colossale qui est la vôtre.

A présent, permettez-moi, Monsieur le Président, de dire un mot sur la communauté burkinabè du Kenya. Nous sommes une soixantaine de vos compatriotes vivant dans ce pays. Pour la plupart, nous sommes en poste dans des organisations internationales ou le secteur privé, dans des organisations caritatives, ou poursuivons des études. Pour ces raisons, notre communauté est spécifique et nous n’enregistrons pas de cas connu de burkinabé en difficulté notamment de présence illégale sur le territoire kenyan.

A cela, je voudrais ajouter, Monsieur le Président, que vous pouvez légitimement être fier de vos compatriotes présents sur le sol Kenyan pour leur comportement exemplaire dans leur milieu de travail comme dans la vie de tous les jours. Ils sont vos premiers ambassadeurs au pays de Jomo Kenyatta et de Obama-père.

A communauté burkinabè spécifique, préoccupations spécifiques ; c’est pourquoi, nous voudrions au cours de cette rencontre vous présenter brièvement quelques préoccupations sous forme d’idées tirées de notre présence dans ce pays, grand hub régional de cette partie du contient.

Ces idées fonctionnent bien ici, et nous pensons que bien adaptées à notre contexte, elles pourraient également donner de bons résultats. Elles vous seront exposées sous forme de brève présentation Powerpoint et touchent au Tourisme et à l’Economie numérique, comme notre contribution au foisonnement des idées qui a lieu en ce moment en lien avec la quête de développement pour notre pays.

Avant de conclure, Excellence Monsieur le Président, permettez-moi de vous présenter tout spécialement un membre de notre communauté qui porte haut notre étendard national au Kenya, même si sa grande modestie va en prendre un coup. Il s’agit de la Sœur Georgette Sawadogo qui dirige depuis des années la congrégation des sœurs de l’Eau Vive. Notre communauté est bien familière des locaux de son organisation où nous tenons généralement nos rencontres. Le restaurant de son organisation propose des mets burkinabè entre autres, contribuant ainsi à faire connaitre un pan de notre art culinaire.

C’est pourquoi, je voudrais très humblement Monsieur le Président, vous suggérer d’accepter que la Sœur Georgette soit prise en compte dans les prochaines décorations au pays.

Je voudrais enfin vous dire, Monsieur le Président la disponibilité des membres de la communauté burkinabé au Kenya à participer à la construction de notre Faso bien aimé et vous dire encore une fois Karibu Kenya.

Je vous remercie.

Source: LeFaso.net