31 octobre 2014 – 31 octobre 2018. Voilà quatre ans qu’a eu lieu l’insurrection populaire qui a mis fin au régime Compaoré. Autant de temps après, des organisations de lutte contre l’impunité, de défense des droits humains, de bonne gouvernance disent attendre encore l’incarnation en actes de ce pour quoi le peuple s’est insurgé. C’est dans ce sentiment qu’une quinzaine d’organisations de la société civile ont, au cours d’une conférence de presse tenue ce mardi, 9 octobre 2018 à Ouagadougou, annoncé une marche suivie d’un meeting, le 31 octobre prochain.

MBDHP, CCVC, CGT-B, ABCE 16, APVCE, ABIP/BF, CDAIP, CADDL, ODJ, UGEB, KEBAYINA, AESO, La Cité idéale, SYNAMUB prévoient donc une marche suivie d’un meeting. La manifestation aura lieu pour le mercredi, 31 octobre 2018, à partir de 9h la Place de la nation. Au même moment, les représentations locales des organisations sus-mentionnées tiendront, dans leur localités respectives, des activités de leur choix « en fonction des contextes, opportunités et moyens à leurs dispositions ».

Ce douloureux anniversaire se tient sous le thème : « Face à la persistance de l’impunité, de l’insécurité et à la remise en cause des acquis de l’insurrection populaire, poursuivons la lutte pour un véritable changement en faveur des peuples ».

Par cette mobilisation, ces organisations entendent, une fois de plus, exiger justice pour tous les martyrs de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance au putsch de septembre 2015. Dans le même esprit, elles exigent des autorités des prises de mesures urgentes et efficaces pour préserver la vie des soldats au front et assurer l’effectivité du droit à la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit également de dénoncer les « privatisations sauvages » auxquelles s’attèle le pouvoir, la destruction des emplois et réclamer des logements décents à la portée des couches populaires.

Chrysogone Zougmoré, porte-parole de la coalition, et ses camarades fustigent également la criminalisation et la répression des luttes populaires des syndicats de travailleurs, des organisations paysannes et de jeunesse. Ils requièrent, en outre, la défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance victorieuse au putsch de l’ex-RSP en septembre 2015.

« Une gouvernance caractérisée par une incapacité notoire à trouver des solutions idoines… »

Avant de livrer la déclaration liminaire, les organisateurs ont observé une minute de silence en la mémoire des victimes de ces évènements et souhaité prompt rétablissement aux blessés.


« Aboutissement d’un processus d’actions collectives conduit des décennies durant, cette œuvre démocratique, patriotique et héroïque qu’est l’insurrection d’octobre 2014, marque une importante victoire d’étape dans la lutte de notre peuple pour son affranchissement des affres de régimes prédateurs et pour sa libération de toute domination politique, économique et sociale », a présenté le porte-parole de la coalition, Chrysogone Zougmoré.

Pour les conférenciers, le message donné par l’insurrection populaire d’octobre est profond et éducateur. C’est pourquoi ils pensent qu’il faut œuvrer à perpétuer l’esprit et l’ancrer dans la conscience populaire dans la perspective d’un véritable changement politique en faveur du peuple.

« N’en déplaise à certains réactionnaires revanchards endurcis du CDP qui osent qualifier l’insurrection populaire d’erreur et cela avec la complicité et l’aide du pouvoir MPP et alliés en faillite, dont la gouvernance mafieuse vise à liquider les acquis et espoirs suscités par cette insurrection et par la résistance victorieuse au putsch », mâte Chrysogone Zougmoré.

« Hélas, l’espoir d’un changement en faveur du peuple fondé en l’insurrection demeure, à ce jour, obstrué par une gouvernance caractérisée par le tâtonnement, une navigation à vue et une incapacité notoire à trouver des solutions idoines aux préoccupations pressantes de notre peuple.

En effet, au mal récurrent de l’impunité constamment dénoncé, viennent se greffer des velléités de remises en cause de libertés publiques ainsi que les réalités dramatiquement persistantes de la vie chère, de la corruption, d’une gestion inopportune et gabégique de nos deniers publics, du chômage endémique des jeunes, etc. sur fond d’une terrifiante donne terroriste qui endeuille, de plus en plus, des familles de nos villes et campagnes », a diagnostiqué Chrysogone Zougmoré, appelant les populations à la mobilisation en cette journée de marche suivie de meeting.

OL

Lefaso.net

Source: LeFaso.net