L’interrogatoire de Léonce Koné a pris fin ce vendredi 19 octobre 2018. Poursuivi pour complicité d’attentat, de coups et blessures volontaires, l’accusé est resté campé sur sa position. Il ne reconnait pas les faits. Lorsque le tribunal lui a demandé son mot de fin, l’accusé a révélé qu’il n’a aucune compassion pour trois des victimes du coup d’Etat. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Isaac Zida, les anciens ministres Réné Bagoro et Augustin Loada.

Ce vendredi 19 octobre 2018, Léonce Koné était encore devant le juge Seydou OUEDRAOGO. Au 3e jour de son audition, l’accusé a continué de nier les faits qui lui sont reprochés. Il n’a, selon lui, au moment des faits posé aucun acte en soutien à la consommation du coup d’Etat. Après les passes d’armes entre lui, ses avocats et le parquet avec la partie civile, le président lui a donné la parole pour son dernier mot. L’accusé a saisi cette occasion pour faire un discours.

L’accusé dira qu’il regrette profondément que des burkinabè trouvent la mort à cause des mouvements politiques. Pour lui, leur disparition est une tragédie. Il s’incline donc en leur mémoire. Léonce Koné laissera entendre qu’il condamne toute forme de violence dans la vie politique. Mais il a choisi de compatir pour certains et non pour d’autres.

Selon lui, parmi les parties civiles au procès, il y a des politiciens et des activistes. Il y a des personnes qui ont été traumatisées par l’irruption des militaires dans la salle du conseil des ministres. D’autres disent avoir été maltraités avec leur cravate arrachée. L’autre dit avoir été privé de nourriture. Il s’agit de l’ancien ministre de la fonction publique Augustin Loada et de l’ancien ministre de l’habitat Réné Bagoro.

Ces personnes selon Léonce Koné n’ont rien vu par rapport à lui. Il a vu sa maison brulée, ses biens emportés. Il pense que ces parties civiles sont aussi responsables de ce qui est arrivé. C’est pourquoi il dit n’éprouver aucune compassion envers ces dernières. Ces personnes vont voir ce que ça fait quand on ne respecte pas les droits des citoyens.

Il dit être aussi contre l’érection de l’ancienne assemblée en musée. Pour lui, l’assemblée est un lieu de vote, de liberté de parole et d’opinion. Pour ses coaccusés, l’inculpé souhaite de tout son cœur que le destin leur offre une seconde chance. Il a souhaité que le présent procès soit le dernier où des civils comparaissent devant un tribunal militaire.

Léonce Koné a exprimé dans son mot de fin son amitié et sa solidarité aux Généraux Diendéré et Bassolé. Pour lui, le temps n’est plus loin où ils gagneront les élections. En ce moment, ils vont mettre fin à la gestion calamiteuse du pays. C’est sur ces paroles qu’a pris fin son interrogatoire. Il a passé le témoin à son ami et beau-frère Hermann Yameogo.

Dimitri OUEDRAOGO

Lefaso.net

Source: LeFaso.net