Les 14 et 15 octobre 2019, Bobo-Dioulasso a accueilli les activités commémoratives de la Journée internationale de la femme rurale, sous le thème « La mécanisation agricole au profit des femmes rurales ». Placée sous le haut-patronage du Premier ministre Christophe Dabiré, cette journée a connu la participation de plusieurs personnalités africaines. L’événement a été marqué par le lancement de la campagne de confinement de la houe manuelle au musée, au profit de la mécanisation de l’agriculture. Un monument symbolisant cette ambition a donc été inauguré à la place de l’Union africaine de Bobo-Dioulasso.

Célébrée dans le monde entier pour souligner la contribution de la femme rurale au développement des pays, la Journée internationale de la femme rurale a été marquée cette année, au Burkina Faso, par l’inauguration du tout premier monument en Afrique dédiée à la femme rurale, ce 15 octobre 2019 à la Place de l’Union africaine de Bobo-Dioulasso. Cette statue symbolise l’appel à la mécanisation de l’agriculture au profit de la femme rurale et le confinement de la houe manuelle au musée.

Présidium de la cérémonie.

C’est un signal fort de l’engagement des Etats membres de l’Union africaine à faire de la mécanisation agricole une réalité au profit de la femme rurale, en vue de l’atteinte de la « faim zéro » à l’horizon 2030.

En effet, épine dorsale de la roue du développement, la femme vivant en milieu rurale est au centre de la production agricole ; elle fournit plus de 60% de l’énergie agricole. D’où la nécessité de trouver des solutions pour renforcer ses capacités et faire d’elle le socle de la production et de la transformation agricole.

Le geste de confinement de la houe au musée

Ce processus de mécanisation de l’agriculture vise à réduire la pénibilité du travail de la femme à travers le confinement définitif au musée de la houe manuelle et de l’ensemble des outils et équipements rudimentaires.

Dans ce sens, un forum sur l’allégement de la pénibilité du travail agricole des femmes a réuni plusieurs expertes venues de divers horizons pour trouver des solutions à même de sortir la femme rurale du calvaire séculaire qu’elle vit.

Certes, le processus sera long, mais les acteurs estiment que si tous les pays travaillent en tandem, le confinement de la houe sera une réalité comme dans certains pays.

La photo de famille de la déclaration de Bobo Dioulasso

Et le gouvernement, pour traduire cette volonté, a doté plusieurs associations en outils modernes, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale. Une occasion pour le ministre de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, de réaffirmer l’engagement du gouvernement à œuvrer pour libérer la femme rurale du poids de la pénibilité des travaux agricoles.

Le ministre de l’Agriculture Salifou Ouédraogo

Les conclusions du forum sur l’allègement de la pénibilité des travaux agricoles des femmes ont permis d’aboutir à la Déclaration de Bobo-Dioulasso. Cette déclaration devrait conduire entre autres à l’élaboration d’une feuille de route claire pour la mise en œuvre du cadre de l’Union africaine (UA) sur la mécanisation de l’agriculture en Afrique, le respect des engagements de l’UA pour l’octroi d’au moins 30% de terres aux femmes, etc. Pour la commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de l’UA, Josefa Sacko, « une plateforme sera bientôt lancée pour développer des opportunités dans le cadre de la transformation de l’agriculture pour mettre fin à la faim d’ici 2025 ».

Josefa Sacko commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture de l’UA

Cette volonté des décideurs politiques est un processus à long terme qui connaîtra chaque année une évaluation. Pour le ministre de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, « cette vision est orientée vers la disponibilisation des équipements adaptés à coût subventionné et le développement de services de mécanisation avec une discrimination positive au profit de la femme ».

En rappel, cette initiative de mécanisation de l’agriculture au profit de la femme rurale a été lancée en marge du 25e sommet des chefs d’Etat de l’UA. Elle est soutenue par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Issoufou Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net