La présidentielle en France est prévue pour 2027. Les appétits s’aiguisent et l’on assiste à une sorte de précampagne où tous les coups semblent permis. Dernier croc-en-jambe en date, celui infligé par Robert Bourgi à Dominique de Villepin : dans un numéro de « Complément d’enquête », émission qui sera diffusée sur France 2 le jeudi 30 avril 2026 et dont un extrait est publié sur la page Facebook de l’émission, l’avocat proche de Nicolas Sarkozy affirme en effet que l’ancien ministre des affaires étrangères a reçu des statuettes de Napoléon, dont l’une payée par l’ancien président burkinabè. « Mensonge », répond l’ex-ministre des affaires étrangères.

L’ex-ministre français des affaires étrangères Dominique de Villepin a-t-il reçu une statuette de Napoléon d’une valeur de près de 50 millions de francs CFA payée par l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré ? C’est ce qu’affirme Robert Bourgi, sulfureux avocat proche de Nicolas Sarkozy. Dans un numéro de « Complément d’enquête » qui sera en principe diffusé ce 30 avril sur France 2 et qui dresse le portrait de Dominique de Villepin, évoquant ses ambitions présidentielles pour 2027, il affirme que Dominique de Villepin aime « le confort, la bonne vie et les cadeaux », rapporte le magazine Paris Match.

Dans un extrait publié sur page Facebook de l’émission, Robert Bourgi assure connaître les cadeaux que Dominique de Villepin aimait recevoir quand il était ministre des affaires étrangères. « Je savais quels étaient les cadeaux qu’il aimait recevoir. Il aimait recevoir les vieux livres et les statuettes africaines. Mais surtout, il aimait l’empereur. Comme j’allais à Ouagadougou quelques temps après, j’ai dit à Blaise Compaoré, il faudrait quand même que tu aies un geste pour Dominique de Villepin, qui est ministre des affaires étrangères. Il me dit, « ah bon, tu as une idée ? » Je lui dis, j’ai vu un très beau buste de l’empereur. Il me dit, « il n’y a pas de problème, je te donne le mandat, tu peux le prendre ». C’est un buste fait par Charles-Louis Corbet. Ce buste a été livré au Quai d’Orsay, dans le bureau de Dominique de Villepin », relate Robert Bourgi.

Ce buste du général Bonaparte réalisé par le sculpteur Charles-Louis Corbet a été livré au Quai d’Orsay, dans le bureau du ministre, assure l’avocat. Pour étayer ses dires, M. Bourgi exhibe une facture qui aurait été envoyée et réglée par le président burkinabè de l’époque, d’un montant de 75 000 euros (près de 50 millions de francs CFA). « C’est dix fois plus que les costumes de monsieur Fillon. L’empereur coûte cher », a-t-il commenté.

De son côté, Dominique de Villepin reconnaît qu’un buste de Napoléon lui avait « été donné pour son anniversaire par Robert Bourgi ». En revanche, il affirme qu’il ne connaissait pas le prix de ce cadeau. « Il ne m’a à aucun moment été offert par le président du Burkina Faso. C’est un cadeau d’anniversaire de Robert Bourgi », martèle l’ancien locataire de Matignon qui qualifie les déclarations de l’avocat de récit « parfaitement farfelu » et le décrit comme un « merveilleux conteur ».

Ce n’est pas la première fois que M. Bourgi évoque publiquement ces pratiques « françafricaines ». En 2011, il avait affirmé avoir transporté des fonds en liquide entre certains dirigeants africains et des responsables politiques français, dont Jacques Chirac et Dominique de Villepin. A la suite de ces déclarations, une enquête avait été ouverte, finalement classée sans suite.

Dans un ouvrage publié en 2024, « Ils savent que je sais tout », Robert Bourgi a décrit sa vie, et évoqué l’ensemble des missions effectuées pendant une quarantaine d’années pour le compte de présidents africains et français.

Il avait même révélé qu’en 2002, le président Compaoré avait offert quatre djembés remplis de dollars à Jacques Chirac pour l’appuyer dans sa campagne présidentielle, une procédure qui garantissait une discrétion absolue et permettait d’échapper aux contrôles des flux financiers.

Confession véridique ? Règlement de comptes ? Il faut noter que Robert Bourgi a un différend personnel avec Dominique de Villepin et il l’assume. Dominique de Villepin, laisse entrevoir une candidature en 2027 et l’avocat lui en veut pour ses déclarations liées à l’incarcération de Nicolas Sarkozy. « J’en veux personnellement à Dominique de Villepin, parce que dernièrement quand il a dit que Nicolas Sarkozy était un justiciable comme un autre, je ne l’ai pas apprécié », explique-t-il. Avant de conclure : « Je ferai tout pour l’empêcher d’aller à l’Élysée. »

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Source: LeFaso.net