À quelques jours de la Semaine nationale de la culture (SNC), la communauté burkinabè vivant en Côte d’Ivoire s’apprête à représenter la diaspora à cette biennale. Reportage.

Entre consignes et derniers réglages, les délégations peaufinent leur départ pour Bobo-Dioulasso, où se tiendra la Semaine nationale de la culture du 15 avril au 2 mai 2026.

Cette année, 33 personnes feront le déplacement vers la deuxième plus grande ville du Burkina Faso. Elles sont issues de trois troupes sélectionnées à Abidjan et à Yamoussoukro, à l’issue de présélections organisées en Côte d’Ivoire.

À leur tête, Mamadou Savadogo, chef de délégation, mesure la portée symbolique de cette participation. « Je suis né ici en Côte d’Ivoire, j’ai tout fait ici, mais aujourd’hui, je pars représenter la diaspora. C’est un honneur », confie-t-il.

Trois troupes pour porter la diaspora

Au titre de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture, trois troupes représenteront les Burkinabè de Côte d’Ivoire.

La troupe Yipéné, « Dieu donné » en gourounsi, concourt dans la catégorie chant. À ses côtés, la troupe tamasheq Sidi Tinidja participera au concours instrumental. Enfin, la troupe Naaba Yaadga, issue de la communauté mossi, se produira en danse traditionnelle.

Pour ces artistes, l’objectif est clair : porter haut les couleurs de la culture burkinabè, au grand bonheur de la diaspora en Côte d’Ivoire.

« Nous avons beaucoup travaillé, avec des répétitions régulières. À Bobo, nous allons tout donner pour ramener des trophées à Abidjan », assure Rissa Agsalek, encadreur du groupe instrumental Sidi Tinidja.

Une richesse culturelle encore peu structurée

« Contrairement au Burkina Faso, où les initiatives culturelles bénéficient d’un accompagnement institutionnel, les troupes basées en Côte d’Ivoire évoluent sans réel soutien structuré », souligne Balema Denis Bationo, encadreur de la troupe Yipéné.

« Lorsqu’on sollicite des aides, certaines personnes pensent que nous voulons profiter d’eux. Ils ne comprennent pas le sens de la culture », conclut-il.

En terre ivoirienne, la survie des troupes repose essentiellement sur des initiatives individuelles ou communautaires.

En attendant que les aides arrivent pour soutenir les initiatives culturelles, les troupes de la diaspora en Côte d’Ivoire sont en route pour Bobo Dioulasso, objectif : ramener des trophées à Abidjan.

Samira Ouédraogo

Correspondante à Abidjan

Lefaso.net

Source: LeFaso.net