En séjour dans la région du Yaadga, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a échangé avec les forces vives de la région ce 16 juillet 2026. Au cours de cette rencontre, entre autres questions abordées, il est revenu sur les comparaisons faites entre le contexte actuel et les événements d’octobre 1987.

Le capitaine Ibrahim Traoré a tenu à lever toute ambiguïté sur les comparaisons établies entre la situation actuelle du Burkina Faso et les événements ayant conduit au changement de pouvoir en 1987.

S’exprimant devant les forces vives de la région du Yaadga, le chef de l’État a déclaré que le contexte ayant conduit à son accession à la tête du pays est « carrément différent » de celui de 1987. « Moi je n’étais pas en prison, et que quelqu’un venait en prison me chercher, après un coup d’État pour me mettre au pouvoir, comme ce fut le cas avec Blaise [Compaoré] et Sankara. Donc, c’est carrément différent. Parce que oui, Sankara était en prison, Blaise il a quitté à Pô. Il est venu, il a libéré, il l’a mis au pouvoir. C’est normal qu’on parle peut-être de numéro 1, de numéro 2, je ne sais quoi. Ce n’est pas notre contexte », a-t-il dit.

Pour étayer son propos, Ibrahim Traoré a rappelé que, contrairement à Thomas Sankara, qui avait été libéré de prison avant d’accéder au pouvoir, lui-même a pris part directement aux opérations ayant conduit au changement de régime.

« Moi, quand j’ai quitté avec mes hommes, j’étais en tête. Il n’y avait pas un seul soldat devant moi. Ce n’est pas la même chose », a-t-il affirmé, rejetant l’idée selon laquelle il serait resté en retrait pendant les événements. « Ce n’est pas que je suis venu à Ouagadougou, aller m’asseoir, me cacher dans une villa, et puis dire aux gars : allez-y faire, et puis le soir je me bombe la poitrine devant la RTB », a-t-il déclaré.

« Quand la 14-5 a tonné, j’étais à moins de 100 mètres, et j’étais la première victime. Donc, évitez de faire l’amalgame. Il n’y a ni numéro 1, ni numéro 2, ni numéro combien. Il n’y a pas de numéro. Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. C’est clair, c’est net », a-t-il martelé.

Le chef de l’État a, par ailleurs, mis en garde contre les discours et les communications susceptibles, selon lui, de créer des incompréhensions ou des difficultés au sein de son entourage. « Si maintenant, par vos communications, vos voix, vous croyez que quelqu’un est fort, vous allez créer des problèmes à la personne. Et vous assumerez ensemble les conséquences de vos problèmes. Que ce soit clair », a-t-il prévenu.

Enfin, Ibrahim Traoré a rappelé la ligne de conduite qui, selon lui, doit guider l’action de tous ses collaborateurs. Il a insisté sur le fait que chacun est mobilisé autour d’une même mission et a averti qu’il ne tolérerait aucun écart de conduite.

« Et l’autre chose, c’est quoi ? Je veux que tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite. J’ai une mission. Et eux tous, suivent la mission. C’est pour ça qu’on est là. Et si quelqu’un merde, je vais te mater, sans état d’âme », a-t-il conclu.

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Source: LeFaso.net