A moins de 100 jours de la deuxième édition de Le Faso Digital 2026, prévue du 17 au 24 octobre 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui façonnent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours, cent inspirations. Aujourd’hui, notre invité est le premier responsable de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), Wendlassida Patrice Compaoré

À mesure que le numérique transforme les économies, les administrations et les modes de vie, une question devient essentielle : comment accompagner l’innovation tout en garantissant un environnement équitable, sécurisé et favorable aux investissements ?

Au Burkina Faso, cette responsabilité repose en grande partie sur l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP). À la tête de l’exécutif, Wendlassida Patrice Compaoré incarne une nouvelle génération de régulateurs qui considèrent la régulation non comme un frein, mais comme un accélérateur de l’innovation et du développement.

Ingénieur en télécommunications, chercheur, spécialiste des infrastructures numériques et de la gouvernance du secteur, il œuvre depuis plus de vingt ans à accompagner l’évolution des communications électroniques en Afrique. Son parcours, à la croisée de l’entreprise, de la recherche scientifique et de l’action publique, fait de lui l’une des personnalités qui façonnent aujourd’hui le paysage numérique burkinabè.

Une solide formation scientifique au service des télécommunications

Avant d’occuper les plus hautes responsabilités dans la régulation du numérique, Patrice Compaoré construit un parcours académique exigeant. Après une Licence puis une Maîtrise en physique à l’Université de Ouagadougou, il intègre l’École Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar, où il obtient son diplôme d’ingénieur en télécommunications. Il complète ensuite sa formation par un Master II en Physique appliquée et poursuit actuellement un doctorat à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Cette double culture scientifique — physique et télécommunications — lui donne une compréhension approfondie des infrastructures qui soutiennent aujourd’hui l’économie numérique.

Une carrière bâtie au cœur des réseaux

Avant d’intégrer l’administration publique, Patrice Compaoré acquiert une solide expérience dans plusieurs entreprises majeures du secteur. De CONNECTEO Burkina, filiale du groupe Monaco Telecom/SkyVision, à CFAO Technologies, puis chez Airtel Burkina Faso, il participe au développement des réseaux, des solutions destinées aux entreprises et des nouveaux services numériques. Il occupe ensuite les fonctions de Directeur du Développement à l’UAB, où il poursuit son engagement dans les télécommunications et les infrastructures numériques. Ces différentes expériences lui permettent d’appréhender les réalités techniques, économiques et commerciales d’un secteur en constante mutation.

À la tête de l’Exécutif ARCEP : accompagner les mutations du numérique

En juin 2022, il est nommé Secrétaire exécutif de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP). Il prend alors les commandes d’une institution stratégique, appelée à accompagner l’évolution rapide des communications électroniques, de l’économie numérique et des services postaux. Sous son impulsion, la régulation s’inscrit dans une logique d’anticipation. Son action porte notamment sur :

• le développement des infrastructures numériques ;

• l’amélioration de la qualité des services offerts aux usagers ;

• la protection des consommateurs ;

• la gestion efficiente du spectre radioélectrique ;

• la promotion de l’innovation ;

• le renforcement de l’inclusion numérique ;

• la cybersécurité ;

• l’adaptation du cadre réglementaire aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle et les constellations satellitaires en orbite basse (LEO).

Cette vision traduit une conviction forte : la régulation doit évoluer au même rythme que les technologies.

Penser dès aujourd’hui les réseaux de demain

L’une des particularités de Patrice Compaoré est sa capacité à regarder au-delà des enjeux immédiats. Alors que les réseaux 4G poursuivent leur déploiement et que la 5G s’impose progressivement dans le monde, il travaille déjà sur les nouveaux défis liés aux communications satellitaires de nouvelle génération, à la gouvernance des données, à l’intelligence artificielle appliquée à la régulation et à la résilience des infrastructures numériques. Cette anticipation est essentielle dans un contexte où les innovations technologiques évoluent plus rapidement que les cadres réglementaires.

Un scientifique au service de l’innovation

Au-delà de ses responsabilités administratives, Patrice Compaoré poursuit une activité de recherche. Ses travaux portent sur les interactions entre les stations de base cellulaires et les performances des modules photovoltaïques, un sujet original qui établit un pont entre les télécommunications et les énergies renouvelables. En 2025, il publie un article scientifique international consacré à cette problématique, démontrant que la recherche demeure pour lui un levier d’innovation et d’amélioration des politiques publiques. Cette démarche illustre une qualité précieuse : un décideur qui continue à produire de la connaissance.

Porter la voix du Burkina dans les instances internationales

La gouvernance du numérique dépasse aujourd’hui les frontières nationales. À ce titre, Patrice Compaoré représente régulièrement le Burkina Faso auprès des grandes organisations internationales telles que l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Union postale universelle (UPU), l’Association des régulateurs des télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO), l’Union panafricaine des postes (UPAP), la GSMA ou encore le Colloque mondial des régulateurs (GSR). Ces rencontres permettent au Burkina Faso de participer aux réflexions internationales sur la gouvernance de l’Internet, les fréquences radioélectriques, la cybersécurité et les nouvelles technologies.

Une vision moderne de la régulation

Pour Patrice Compaoré, réguler ne consiste pas uniquement à contrôler. Il s’agit avant tout de créer un environnement propice à l’investissement, à l’innovation et à la confiance numérique.

Cette approche rejoint les nouveaux paradigmes de la régulation mondiale, où les autorités indépendantes jouent un rôle central dans le développement des infrastructures, la concurrence loyale, la protection des utilisateurs et l’inclusion numérique. Dans un secteur où les mutations sont permanentes, cette capacité d’adaptation constitue un atout majeur pour accompagner le développement du Burkina numérique.

Pourquoi fait-il partie des 100 Visages du Burkina Digital ?

Parce qu’il pilote l’une des institutions les plus stratégiques de la transformation numérique du Burkina Faso.

Parce qu’il œuvre à construire une régulation moderne, capable d’accompagner les innovations technologiques tout en protégeant les intérêts des citoyens, des entreprises et de l’État.

Parce qu’il fait partie de cette génération de décideurs qui préparent dès aujourd’hui les conditions d’un développement harmonieux des communications électroniques, de l’économie numérique et des services postaux.

Parce qu’il rappelle que la réussite de la transformation digitale repose autant sur des infrastructures performantes que sur une gouvernance visionnaire.

Et parce que, pour lui, le numérique constitue un levier stratégique de souveraineté, de transformation économique et d’inclusion sociale. Et qu’une régulation moderne doit créer un environnement favorable à l’innovation, stimuler l’investissement, garantir une concurrence équitable et renforcer la confiance numérique au bénéfice des citoyens, des entreprises et des administrations publiques.

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Source: LeFaso.net