
Le colonel Koudbi Florian Théophile Tago a officiellement pris le commandement de la 3ᵉ Légion de la gendarmerie nationale, le jeudi 6 août 2026, au camp de Paspanga, à Ouagadougou. Du Sahel burkinabè aux salles de formation des nations unies, en passant par les académies militaires d’Afrique et d’Europe, le colonel Koudbi Florian Théophile Tago a construit, au fil de près d’un quart de siècle de carrière, le profil d’un officier complet. Portrait !
Né à Pella, dans la province du Passoré, le colonel Tago découvre très tôt l’univers de la discipline militaire. Après ses études primaires à l’école primaire publique mixte de Pella, sanctionnées par l’obtention du Certificat d’études primaires (CEP), il intègre en 1993 le prestigieux Prytanée militaire de Kadiogo. Sept ans plus tard, il en sort titulaire d’un baccalauréat scientifique, série D, prêt à embrasser une carrière au service de la nation.
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Sa formation d’officier débute à l’École militaire interarmes (EMIA) du Mali, où il est formé comme chef de section d’infanterie entre 2002 et 2005. Ce cursus marque le début d’un parcours académique qui le conduira successivement au Togo, en France, au Kenya, au Cameroun, en Italie, au Sénégal, en Belgique, puis en Chine. Au fil des années, il se spécialise dans l’infanterie motorisée, la gendarmerie, le commandement opérationnel, le maintien de la paix, la protection des civils, la coordination civilo-militaire, la lutte contre le terrorisme et la stratégie militaire.
Son passage à l’École royale militaire de Belgique constitue l’un des temps forts de son parcours. Il y obtient le brevet de guerre ainsi qu’une attestation en stratégie, après avoir suivi le prestigieux cursus de l’École de guerre. Cette formation vient compléter un parcours déjà enrichi par des cours d’état-major des nations unies au Kenya et des forces de sécurité au Cameroun.
Mais c’est surtout sur le terrain que le colonel Tago forge sa réputation. Dès sa sortie d’école, il commande une compagnie au 11ᵉ Régiment d’infanterie commando de Dori, avant d’occuper les postes de chef des détachements militaires de Gorom-Gorom et de Djibo, deux localités confrontées très tôt aux défis sécuritaires du Sahel.
Par la suite, il commande le 33ᵉ Escadron de gendarmerie mobile de Ouagadougou, dirige ensuite l’École nationale des sous-officiers de la gendarmerie durant près de cinq ans, avant de représenter le Burkina Faso à la tête de l’Unité de police constituée déployée dans le cadre de la Mission des nations unies au Darfour (MINUAD), au Soudan.
À son retour, il prend le commandement du groupement de gendarmerie départementale de Dori, puis celui de la 1èrᵉ Légion de gendarmerie à Kaya à partir de février 2022. Dans ces différentes fonctions, il est confronté aux réalités de la lutte contre le terrorisme, de la sécurisation des populations et de la coordination des opérations sur le terrain.
Son ascension dans la hiérarchie militaire est régulière. Sous-lieutenant en 2005, lieutenant en 2008, capitaine en 2012, chef d’escadron en 2017, lieutenant-colonel en 2022, il est élevé au grade de colonel le 1ᵉʳ juillet 2025.
Au cours de sa carrière, il reçoit plusieurs lettres de félicitations émanant notamment du ministre chargé de la défense, du chef d’état-major général des armées et du chef d’état-major de la gendarmerie nationale. Son engagement est également récompensé par plusieurs distinctions, parmi lesquelles la médaille de la Mission des nations unies au Darfour (MINUAD), la Médaille commémorative avec agrafe « Soudan », la Médaille d’honneur militaire, ainsi que les grades de chevalier puis d’officier de l’Ordre de l’Étalon.
Le 6 août 2026, en recevant le bâton de commandement de la 3ᵉ Légion de la gendarmerie nationale, le colonel Tago a fixé le cap de son action autour de trois priorités : la protection des populations, le renforcement de la cohésion entre les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme et la culture du résultat.
À 45 ans, fort de près de vingt-quatre années de service au sein des Forces armées nationales, le nouveau commandant de la 3ᵉ Légion appelle les forces à l’union. « La sécurité est une responsabilité partagée. Elle se construit chaque jour par la confiance, la concertation, la complémentarité des actions et l’engagement de toutes les forces vives de la nation. Je mesure la portée des liens qui unissent la 3ᵉ Légion de gendarmerie aux autorités administratives, judiciaires, militaires, paramilitaires, coutumières et religieuses, ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires. C’est pourquoi je sollicite très respectueusement votre accompagnement, vos conseils, vos bénédictions et vos prières pour réussir ma mission », a-t-il indiqué.
Serge Ika Ki
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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