
Le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana, a présidé ce mardi 18 août 2026 à Ouagadougou, la cérémonie de pose de la première pierre marquant le lancement officiel des travaux de réhabilitation de la forêt classée du barrage de Ouagadougou, communément appelée parc urbain Bangr-Weoogo. Le projet, estimé à 75 milliards de FCFA, démarre avec une première phase financée sur fonds propres à hauteur de 5 milliards de FCFA.
La pose de la première pierre donne ainsi le coup d’envoi des travaux d’aménagement de la forêt classée du barrage de Ouagadougou communément appelée parc urbain Bangr-Weoogo. Pour le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana, il s’agit d’un « acte fort » qui traduit la volonté des autorités de faire de cet espace un véritable havre de détente et d’éducation environnementale au cœur de la capitale.
« C’est un projet très ambitieux, un projet très important, d’une valeur globale d’environ 75 milliards et dont cette première phase a été financée sur fonds propres à hauteur de 5 milliards », a-t-il indiqué.

Cette première phase des travaux devra être exécutée dans un délai de quatre mois. Elle prévoit notamment la construction de deux nouveaux portiques, d’une salle polyvalente ultramoderne d’une capacité de 750 places, ainsi que la reconstruction de la clôture du parc sur environ dix kilomètres. L’aménagement de la ménagerie figure également au programme.
À terme, plus d’une vingtaine d’animaux devraient pouvoir être accueillis dans de meilleures conditions. Des éléphants, des lions et des hippopotames sont notamment annoncés dans le cadre du nouvel aménagement de la ménagerie.
Pour le ministre de la sécurité Mahamadou Sana, la réalisation de cette infrastructure ne constitue pas une simple option. « La réalisation de cette infrastructure n’est pas une option, c’est une obligation pour nous. Parce que cette infrastructure est attendue par le peuple », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le respect du délai et de la qualité des travaux. Les entreprises chargées de l’exécution ont ainsi été appelées à respecter leurs engagements. Le ministre a prévenu que des mesures pourraient être prises contre les entreprises qui accuseraient des retards importants.
« Au plus tard, en décembre, toutes les œuvres qui ont été présentées devraient être fournies », a-t-il assuré, ajoutant que le gouvernement n’hésiterait pas à remplacer une entreprise défaillante afin de garantir l’achèvement des travaux dans les délais.
Présentant l’histoire et les caractéristiques de la forêt, le directeur général des eaux et forêts, Barnabé Kaboré, a rappelé que la forêt classée du barrage de Ouagadougou s’étend actuellement sur 265 hectares, en plein cœur de la capitale. Une partie de cet espace, soit environ 240 hectares, a été aménagée à partir de 1996 et gérée par la mairie de Ouagadougou depuis 2001.

La forêt joue plusieurs fonctions écologiques et sociales. Elle constitue notamment un « poumon vert » pour la ville et offre un cadre de détente et d’éducation environnementale aux élèves, étudiants et populations de Ouagadougou.
La forêt classée du barrage de Ouagadougou a également été inscrite, le 5 février 2019, sur la liste des zones humides d’importance internationale, dite liste Ramsar. Elle abrite une diversité floristique importante, avec 55 espèces ligneuses réparties dans 38 genres et 20 familles. Le parc zoologique compte par ailleurs plusieurs espèces animales, auxquelles s’ajoutent différentes espèces d’oiseaux et de reptiles.
Mais au fil des années, cet espace naturel a connu une dégradation, rendant nécessaire sa réhabilitation. Pour Barnabé Kaboré, le projet doit permettre de préserver cet écosystème tout en répondant aux besoins de loisirs et d’éducation environnementale des populations.
« D’ici quelques mois, Bangr-Weoogo aura un nouveau visage », a-t-il déclaré, présentant le projet comme une initiative destinée à donner une nouvelle dynamique à cet espace emblématique de Ouagadougou.

Selon Clovis Kaboré, urbaniste et représentant l’agence Cauris, chargée de la conception du projet, l’ambition est de faire de Bangr-Weoogo une référence au-delà des frontières du Burkina Faso.
« Les autorités voudraient qu’on aménage le parc afin qu’il soit une référence à l’international », a-t-il expliqué.
La première phase constitue donc le début d’un vaste programme d’aménagement futuriste. Elle doit permettre de poser les bases d’un parc capable de conjuguer préservation de l’environnement, loisirs, tourisme et éducation environnementale.

À travers ce projet, les autorités entendent ainsi redonner à Bangr-Weoogo son rôle de poumon vert de la capitale, tout en offrant aux populations un espace moderne et accessible. Avec un coût global annoncé de 75 milliards de FCFA, la réhabilitation complète du parc s’inscrit dans une vision à long terme dont les premières réalisations devraient être visibles dès décembre 2026.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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