
L’économie de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) continue d’afficher une dynamique solide en 2026. Portée notamment par les secteurs du bâtiment et des travaux publics, des services financiers et du commerce, l’activité économique demeure bien orientée. Cependant, si l’inflation reste contenue, les tensions géopolitiques, la période de soudure et les difficultés de distribution dans certaines zones frappées par l’insécurité, pourraient exercer une pression croissante sur les prix dans les prochains mois. C’est ce qui ressort de la note mensuelle de conjoncture économique publiée ce 17 août 2026, par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
L’horizon économique de l’UEMOA reste globalement dégagé, même si quelques nuages commencent à se dessiner. Dans sa note mensuelle de conjoncture sur la base des informations disponibles au 20 juillet, la BCEAO fait état d’une activité qui résiste et d’une inflation encore maîtrisée dans l’union. Le constat intervient dans un environnement international lui-même marqué par des évolutions contrastées.
L’économie mondiale montre, selon la BCEAO, des signes d’amélioration. Aux États-Unis, l’activité du secteur privé se renforce. En zone euro, elle se stabilise. En Chine, la croissance connaît un léger ralentissement, tout en conservant un rythme jugé robuste. Quant à l’Afrique du Sud, son activité économique amorce un redressement.
Des cours des matières premières en repli
Sur le front des échanges, les évolutions observées en juin 2026 sont plutôt favorables du côté des prix des produits alimentaires importés. L’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA a ainsi diminué de 1,6%. Dans le même temps, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’union s’est replié de 4,8%. Une évolution qui rappelle la dépendance des économies de l’espace communautaire aux fluctuations des marchés internationaux et à l’évolution des cours des principales matières premières.
Ces mouvements contrastés interviennent alors que les économies poursuivent leur trajectoire de croissance. Au niveau interne, l’activité est restée bien orientée en mai 2026. Trois secteurs se distinguent particulièrement, à savoir le bâtiment et les travaux publics, les services financiers et le commerce. Le dynamisme de ces activités traduit la poursuite de la demande dans plusieurs segments de l’économie et le maintien d’un certain niveau d’investissement et d’échanges au sein de l’union.
Une inflation encore faible, mais en légère hausse
Le principal indicateur à surveiller dans les prochains mois reste toutefois l’évolution des prix. En juin 2026, le taux d’inflation dans l’UEMOA s’est établi à 0,8%, contre un niveau inférieur de 0,4 point de pourcentage le mois précédent. Cette hausse reste pour l’heure modérée. Elle ne remet pas en cause le niveau globalement faible de l’inflation dans l’espace communautaire. Mais les projections de la BCEAO indiquent une accélération progressive de +1,1% et +1,3% respectivement en juillet et août 2026.
Plusieurs facteurs expliquent cette tendance anticipée. La BCEAO évoque notamment la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles d’avoir des répercussions sur les prix des produits pétroliers et sur les coûts du fret. Pour des économies largement dépendantes des importations de produits énergétiques et de nombreux biens de consommation, toute hausse du coût du transport international peut à terme, se répercuter sur les prix payés par les ménages et les entreprises.
La période de soudure et l’insécurité pèsent sur les prix
À ces facteurs extérieurs s’ajoutent des réalités propres à la région. La période de soudure, traditionnellement marquée par une diminution des disponibilités de certaines denrées alimentaires avant les nouvelles récoltes, pourrait contribuer à la progression des prix. La BCEAO prend également en compte les perturbations de la chaîne de distribution des produits alimentaires provoquées par la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’union.
La Banque centrale souligne que lorsque l’approvisionnement des marchés devient plus difficile et que les coûts de transport augmentent, les conséquences peuvent rapidement se faire ressentir sur les prix des produits de première nécessité. C’est donc, dans cet environnement que l’économie de l’UEMOA devrait poursuivre son expansion. La Banque centrale enregistre ainsi, une croissance du produit intérieur brut de 6,0% au deuxième trimestre 2026, après 6,1% au trimestre précédent. Le léger tassement attendu ne remet donc pas en cause le dynamisme général de l’activité. L’économie de l’union continuerait de ce fait de progresser à un rythme soutenu, portée par plusieurs secteurs clés.
Une croissance robuste sous surveillance
Au final, le tableau dressé par la BCEAO est celui d’une économie régionale qui conserve ses fondamentaux de croissance, dans un contexte international et régional encore incertain. L’activité reste dynamique, l’inflation demeure relativement faible et les perspectives de croissance s’annoncent solides. Mais l’équilibre reste plus ou moins fragile. Les tensions au Moyen-Orient, l’évolution des prix de l’énergie, les coûts du transport maritime, la période de soudure et les difficultés d’approvisionnement liées à l’insécurité constituent autant de variables à surveiller.
Pour l’UEMOA, le défi des prochains mois sera donc de préserver cette dynamique économique tout en limitant les pressions susceptibles d’éroder le pouvoir d’achat des populations. Une équation délicate, dans une union où la croissance reste soutenue, mais où la stabilité des prix dépend aussi d’événements qui se jouent bien au-delà de ses frontières.
Hamed Nanéma
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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