Le secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, président du comité de pilotage des concours a, par une conférence de presse consacrée au sujet, présenté le bilan de l’administration des épreuves sur table des concours directs de la Fonction publique et la suite du processus, session 2026. Objectif de ces échanges avec les journalistes en cet après-midi de lundi 17 août : informer l’opinion publique, en particulier les candidats, du déroulement des compositions, des incidents relevés ainsi que des différentes étapes qui conduiront à la publication des résultats. En clair, il s’agit pour les organisateurs de satisfaire aux impératifs de transparence et d’équité imprimées par la dynamique de gouvernance.

Au cours de cette conférence de presse, et essentiellement par le truchement des questions, le président du comité de pilotage, entouré de proches collaborateurs, est longuement revenu sur l’esprit de transparence et d’équité qui anime les organisateurs dans les concours. Il s’agit, affirme-t-il, de rompre d’avec certaines pratiques qui avaient cours de par le passé. Plusieurs pans liés au sujet ont donc été expliqués, notamment en termes de mécanismes mis en place à cet effet par l’administration.

On note que si le président du comité de pilotage, Rodrigue Oboulbiga, s’est félicité du bon déroulement des concours, il a bien voulu également faire cas des incidents enregistrés au cours de la session (tentatives d’emporter des épreuves après la composition, utilisation de téléphones-portables, non-respect de la consigne relative au non-port de voile, foulard, bonnet, casquette, etc.). Sur ce point, et tout en évitant d’entrer dans des détails pour les besoins de l’enquête, les conférenciers ont confié que les cas de fraudes sont essentiellement enregistrés à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Parallèlement, et suite à une question, il est ressorti qu’en ce qui concerne la trentaine de candidats appréhendés au cours de la session de 2025 dans des cas de tentatives de fraude et de fraudes avérées, tous ont été soumis aux procédures requises (remise à la police, mandat de dépôt, puis la justice). « Pour ce qui concerne l’administration, il y a des arrêtés de suspension de participation aux concours », a précisé M. Oboulbiga, principal intervenant à la conférence.


Aussi, et toujours pour la session de 2025, il en était ressorti au niveau du bilan que, des candidats avaient formulé des réclamations, car ayant estimé être injustement écartés. Là-dessus, le comité de pilotage a d’abord relevé que les contestations concernaient plus les concours non suivis de formation, avant de faire savoir que « tous ont été déboutés par la justice ».

A cette conférence, les journalistes ont voulu autant comprendre la modalité par laquelle, la liste des admissibles est arrêtée, notamment lorsqu’il y a plusieurs ex aequo (c’est-à-dire plusieurs candidats occupant le même rang : Ndlr). Sur cette préoccupation, le président du comité de pilotage éclaire : « L’épreuve, ce sont 50 questions, dont 30 questions techniques et 20 questions de culture générale. En cas d’ex aequo, le jury regarde la moyenne relative aux questions techniques. C’est celui qui a eu la meilleure note ici (questions techniques : Ndlr), qui sera déclaré admis. S’il se trouve qu’ils ont la meilleure note là-bas, pour des raisons de ‘’justice sociale », on permet à celui qui est le plus âgé d’être admis ; parce qu’on se dit que l’autre a encore le temps de tenter sa chance pour les années à venir (il y a un âge limite pour pouvoir prendre part aux concours directs de la Fonction publique). S’ils ont le même âge, c’est alors un tirage au sort. Voilà comment le jury se débrouille pour départager les candidats, en cas d’ex aequo ».

Quid des listes d’attente ? Ici, le conférencier a rappelé que l’harmonisation des rentrées vise à instaurer l’équité par également une gestion pertinente des listes et éviter aussi le nomadisme. « Quelqu’un peut être admis dans un concours et sur la liste d’attente d’un autre concours qui l’intéresse. Avant, quand il y avait cette discordance au niveau des rentrées des écoles professionnelles, on a eu à gérer des contentieux, parce que justement, certains estiment qu’ils auraient dû être appelés, mais avaient commencé les cours dans une autre école professionnelle. Et là également, il y a une règle ; quand vous avez commencé, après un certain nombre de jours, vous ne pouvez plus être appelé dans une autre école professionnelle. Le juge a donné raison aux candidats (qui ont esté en justice : Ndlr), parce que ce n’est pas leur faute, si l’administration n’a pas pris les dispositions pour harmoniser la rentrée ; c’est leur droit, ils sont sur la liste d’attente et s’ils sont appelés, ils devraient pouvoir y aller. D’où l’harmonisation des rentrées dans les écoles professionnelles. C’est ce qui explique (aussi) que pour certains concours paramilitaires, comme la douane, où le processus est plus long (sport, épreuve écrite, visite médicale…), ils commencent tôt, pour que les résultats soient disponibles au plus tard en fin septembre », a expliqué le président du comité de pilotage, Rodrigue Oboulbiga, ajoutant que la liste d’attente à une validité de 30 jours.

Dans la salle de conférence, des représentants des candidats aux concours dans les opérations de délibération. Au nombre de deux, ceux-ci se sont prêtés volontiers à livrer leur vécu à ces phases considérées comme cruciales. Les introduisant, le président du comité de pilotage a, au passage, souligné que cette représentation des candidats à ces phases n’est pas nouvelle, elle a existé de par le passé.

Mme D. Bandé a représenté les candidats aux opérations de délibération. Elle confie : « J’avoue que c’est une étape très cruciale, où j’ai pu remarquer la transparence, l’équité qui ont prévalu tout au long du travail ». Elle poursuit : « J’ai pu aussi constater que chaque copie, chaque note et chaque rang ont vraiment été dans le cadre du mérite. Je pense également, personnellement, je l’avoue, j’avais des doutes, des préjugés sur le favoritisme ou selon lesquels, parce que nous, candidats, sommes nombreux, on n’arrive pas à corriger toutes les copies. Mais quand j’ai pris part à cette étape, ça m’a beaucoup permis de désamorcer ces incompréhensions déjà, et je pense que tout est transparent, et c’est toute une équipe de dix ou quinze (personnes) qui travaille vraiment à ce que tout soit bien dans de bonnes conditions ».

L. Nikiéma, lui, affirme avoir pu assister à l’étape de scannage, en tant que représentant des candidats. « Et je tiens d’abord à remercier les organisateurs, parce que c’est une très belle initiative. Cela nous a permis de comprendre comment le travail se fait », a présenté le candidat, avant d’enchaîner : « C’est un travail qui se fait totalement dans la transparence. Et nous, nous étions-là pour s’assurer que toutes les copies ont été scannées. J’ai pu assister jusqu’à la fin, toutes les copies ont été scannées. Et vraiment, ça m’a permis de lever tous les doutes que j’avais sur la capacité même à prendre en charge toutes les copies. Donc, c’est un travail très, très bien fait, une équipe très dynamique et surtout accueillante. Je vous remercie pour cela ».

A la question de savoir si chacun a déjà son nom sur une des listes des résultats disponibles, tous ont répondu par la négative. « Bonne chance ! », a lancé le président du comité de pilotage à chacun.

Selon M. Oboulbiga, les représentants des candidats à ces phases sont nombreux, mais seulement les deux présents dans la salle (sus-référés) ont pu être contactés. « Vous avez toute la latitude de les prendre à la fin, pour leur poser toutes les questions que vous souhaitez sur leur participation à ces différentes étapes. Ce sont des gens que nous ne connaissons pas », a-t-il ouvert aux journalistes.

Quant au mécanisme de choix des représentants, le conférencier indique qu’il a été demandé, au cours des opérations, aux membres du comité de pilotage qui sont des superviseurs, de pouvoir solliciter les noms ou l’identification de représentants volontaires. C’est alors que L. Nikiéma dit avoir été contacté au cours d’une de ses compostions, à Ouagadougou. Mme D. Bandé a, elle, composé au Lycée Nelson Mandela et c’est lors d’une des épreuves qu’elle a été approchée à ce sujet.

En commentaire de fin, le président du comité de pilotage des concours s’est voulu pédagogue par la réitération : « en tout cas, il y a un effort qui est vraiment fait, pour garantir la transparence dans le processus, garantir également l’équité. Je pu vous rassurer que, il n’appartient pas à l’administration de mettre ou de poser les jalons de difficultés. Même s’il y a parfois des incompréhensions ».

Pour le secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, département de tutelle, Rodrigue Oboulbiga : « la transparence et l’équité sont une attente forte des Burkinabè, et l’administration met tout en œuvre pour pouvoir permettre à tous les candidates et candidats qui méritent, de voir leur nom sur les communiqués d’admission à la fonction publique ».

O.L.

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Source: LeFaso.net